Costa Rica : Les nouvelles dispositions du code de la route entrent en vigueur

Billet publié par Adriana Vargas · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Ces dernières semaines, la blogosphère costaricaine ne cesse de discuter, commenter, critiquer le nouveau code de la route, qui est entré en vigueur durant la première semaine du mois de mars. Beaucoup de blogueurs sont en désaccord total avec certains articles de la nouvelle règlementation.

Ce qui les irrite le plus sont les nouvelles amendes, plus élevées, pour les infractions.  Contrairement à ce qu'ils espéraient, il y a eu peu de réductions en général des amendes déjà en place. La nouvelle augmentation des amendes signifie une augmentation de recettes pour le Ministère des finances, les politiciens et la police de la  route. Nacho écrit sur le Media Blog [en espagnol, comme tous les liens suivants]:

Algunas de estas leyes son buenas. Pero la mayoría son puras estupideces que sirven para que los tráficos sean más corruptos y cobren para no hacer partes, y lo que cobran es plata para que los diputados anden en lujosos carros a cuestas de los pobres y no para los CALLEJONES que tenemos por calles.

Certaines de ces dispositions sont bonnes. Mais la majorité sont juste stupides et servent juste à corrompre un peu plus les gendarmes, qui feront payer pour ne pas mettre une amende, et ils feront payer pour que les députés puissent se balader dans des grosses voitures sur le dos des pauvres et rien ne sera dépensé pour les CHEMINS qui nous servent de routes.
Photo by Carlos Luna and used under a Creative Commons license.Photo de Carlos Luna utilisée sous licence Creative Commons

Les conducteurs ne voient pas non plus comment la police de la route pourra faire respecter ces lois, quand elle même les violent régulièrement. Le blogueur de Conejitos Suicidas a publié une vidéo telechargée sur YouTube par Carlossave, où un officier de police dépasse toutes les limites de vitesse.

Une autre source de protestations est le nouveau taux d'alcool maximum dans le sang institué par le nouveau code : il est plus élevé qu'auparavant. Un automobiliste en état d'ivresse, lors de sa première arrestation, n'ira plus en prison s'il n'y a pas eu de victimes ou de dégâts matériels. Haroldo Rivas of Harol's Blog écrit :

Ayer los señores diputados (después de agarrarse a gritos como los más corrientes del mundo) acordaron que el conductor borracho que sea primerizo no verá nunca la cárcel por más macabros que sean los resultados de sus acciones, además de aumentar el límite de alcohol permitido en la sangre, porque como todos nosotros sabemos, lo hacen para protegerse ellos mismos que son algunos protagonistas de este mismo escenario. ¿Cuándo será que empezarán a trabajar con la seguridad del pueblo en mente y no con su comodidad o dinero? Shame on you…

Hier, ces messieurs les députés (après s'être insultés comme les derniers des manants) ont décidé que pour une première arrestation, un conducteur en état d'ivresse n'irait pas en prison, quel que soit le macabre résultat de leur conduite et ils ont en plus augmenté le taux d'alcool maximum dans le sang. Ils ont fait ça pour se protéger eux-mêmes car ils sont acteurs dans ce scénario. Quand commenceront-ils à travailler avec la sécurité des personnes en vue, et non pour leur propre commodité ou argent ? Honte à vous…

Les Costaricains se demandent surtout si ces lois serviront à quelque chose et amélioreront la vie des citoyens. Mae Moto sur le blog Caballeros de la Luz [es] écrit :

Pero la pregunta es, sirve realmente todo lo anterior (refiriéndose al artículo completo escrito en su blog sobre la nueva Ley de Transito: para mejorar la situación en nuestras saturadas carreteras? En mi humilde opinión esta reforma a la Ley de Tránsito es completamente una farsa, y una forma de sacarle el dinero a la clase media que siempre será el peor enemigo de la clase rica

La vraie question est : ça sert vraiment à quelque chose, tout ça  (il se réfère à l'article complet sur son blog sur le nouveau code de la route : Pour améliorer la circulation sur nos routes saturées ?) A mon humble opinion, cette réforme du code de la route est une farce, une façon d'extorquer de l'argent à la classe moyenne, qui sera toujours le pire ennemi des riches.

C'est un exemple de l'insécurité, et du peu de confiance des Costaricains accordent aux nouvelles lois de le pays, dans ce cas, le code de la route. Comme il s'agit du principal sujet de discussion sur les différents blogs du Costa Rica, on peut seulement trouver positif qu'il existe cet espace où exprimer leurs opinions et comment ils ressentent les décisions politiques qui influent sur la vie des citoyens.

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Russie : Photos d’une colonie pénitentiaire sur un blog

Billet publié par Gregory Asmolov · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

Le photojournaliste Maks Avdeev (l'utilisateur LJ) a publié des photos d'une colonie pénitentiaire dans la région d'Arkhangelsk. On peut en voir davantage sur son compte Flickr.

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Chili : Le tremblement de terre révèle les inégalités sociales

Billet publié par Felipe Cordero · Traduit par Anne Lozac'h · Voir le billet en anglais

Le tremblement de terre du 27 février dernier au Chili [en français] a laissé  2 millions de personnes sans abri, a fait officiellement 497 morts [en espagnol] et a causé 30 milliards de dollars US de dégâts matériels [en anglais]. Dans l'anarchie qui a suivi le tremblement de terre, les Chiliens se sont cependant posés une nouvelle question : la société au Chili est-elle juste ?

Après le séisme, la majorité des Chiliens se sont entraidés, ont soutenu leurs voisins dans le besoin, ont partagé les surplus de nourriture et contribué très généreusement au Téléthon organisé pour les rescapés [en anglais]. Néanmoins, une petite minorité a pillé des biens de consommation, cambriolé des logements et volontairement mis le feu à des grands magasins [en français] bien que le gouvernement chilien ait autorisé la population à se servir de denrées alimentaires de base comme le lait, la nourriture pour bébés, le pain et la farine.

Photo of empty supermarket in Concepción by heedmane and used under a Creative Commons license.

Photo de heedmane d'un supermarché vide à Concepción, sous licence Créative Commons

Les chaines de télévision chiliennes ont couvert ces informations de façon relativement exacte [en espagnol comme tous les liens suivant, sauf mention contraire] et les Chiliens ont pu voir des images des pilleurs emportant des écrans plasma, des frigidaires et des lecteurs de DVD. Ces images d'actes de délinquances et de pillages, particulièrement de pillages de denrées non essentielles, sont à l'origine d'un débat national sur les inégalités sociales et économiques au Chili.

Dans un article intitulé “De quel bois sommes-nous faits ?“, Ricardo Carbone, blogueur, professeur, et directeur du Centre pour la pensée sociale et l'action à l'université Alberto Hurtado, soutient que le séisme a dévoilé de graves problèmes sociaux et fait tomber les façades et les apparences de la société chilienne. Dans l'extrait suivant, Ricardo Carbone fait référence à ceux qui ont pillé des denrées non essentielles et aggravé une situation déjà difficile :

…al igual que en los edificios que cayeron, la fachada era de ciudadanos bien formados y conectados con el mundo y el consumo, pero el interior no estaba soportado por valores sólidos ni principios fuertes. Rápidamente y ante la primera dificultad corrieron a tomar lo que pudieron.

…comme les bâtiments qui se sont écroulés, la façade [des Chiliens] était celle de citoyens cultivés, connectés avec le reste du monde et sa consommation à outrance mais qu'à l'intérieur, ils restaient attachés à des valeurs solides et des principes forts. Rapidement, dès que les problèmes ont commencé, ils se sont empressés de prendre ce qu'ils pouvaient.

Le blogueur encourage les Chiliens à non seulement reconstruire les infrastructures, mais également à renforcer leur valeurs qui permettraient de construire une société meilleure, moins inégalitaire.
Il demande également aux lecteurs :

¿podemos esperar algo distinto en un sistema que genera segmentación y exclusión social?, ¿es el producto de una sociedad que obliga a competir y arreglárselas solo?

Pouvons-nous espérer quelque chose de différent dans un système qui génère la ségrégation et l'exclusion sociale ? Est-ce le produit d'une société qui impose la compétition et vous oblige à vous débrouiller tout seul ?

La plupart des lecteurs de ce blog soutiennent l'idée selon laquelle le Chili doit se concentrer sur l'éducation et l'apprentissage des valeurs, comme par exemple Alejandra Muñoz :

Se nos rompio la burbuja y duele ver la verdad. Ahora hay que entenderla, asumirla y trabajar por recontruir nuestros edificios y nuestra sociedad. Se puede perdonar, pero no podemos olvidar lo que ha pasado, ya que habra una proxima vez y no nos puede pillar sin aprender de lo errores.

Notre bulle a explosé et la vérité blesse. Maintenant, nous devons le comprendre, l'accepter et travailler pour la reconstruction de nos bâtiments et de notre société. Nous pouvons pardonner, mais nous ne pouvons pas oublier ce qui s'est passé, car il y aura une prochaine fois et nous ne pouvons pas nous faire attraper sans apprendre de nos erreurs.

De nombreux Chiliens reconnaissent que le système d'enseignement public n'a pas réussi à offrir des chances égales à tous les Chiliens, mais les pillages ne s'expliquent pas uniquement par un manque de “valeurs fortes” pour eux.

Coyuntura Política, un blog chilien, a publié l'article Le séisme et les fractures du Chili de José Aylwin, co-directeur de Observario Ciudadano, une association de défense des droits de l'Homme à but non lucratif, qui se trouve dans la région d'Araucanía.  Au sujet des pillage, José Aylwin écrit :

Tales saqueos, al menos en algunos casos, encuentran su explicación en la percepción de injusticia que existe en sectores de la población que, en momentos de emergencia como este, consideran válido vaciar los estantes de las grandes tiendas y supermercados que, con el aval del estado, han acumulado riquezas a sus expensas, mientras ellos permanecen empobrecidos.

Ces pillages, du moins certains, trouvent leur explication dans le sentiment d'injustice qui existe dans certaines couches de la population pour lesquels, dans un cas d'urgence comme celui-ci, il serait légitime de vider les étalages des grands magasins et des supermarchés qui ont fait fortune  à leur dépends avec le soutien de l'État, alors qu'ils sont toujours pauvres.

Dans l'article Dégâts collatéraux, Patricio Navia, blogueur et professeur, explique que lors de catastrophes naturelles similaires dans d'autre pays, des troubles avaient également eu lieu. Selon lui, le gouvernement est responsable :

De haber actuado en consecuencia con el discurso de la normalidad democrática y asumiendo como realidad las repetidas arengas sobre el buen funcionamiento de nuestras instituciones, Michelle Bachelet hubiera tomado las medidas necesarias- incluido el envío de tropas a las zonas afectadas- para asegurar la paz y el orden … mucho antes de que las imágenes de saqueos y pillajes se hayan convertido en parte dolorosa -y evitable- de esta tragedia que enluta al país en su bicentenario.

Si Michelle Bachelet avait agi conformément à la rhétorique de la normalité démocratique, et pris au sérieux les nombreux discours passionnés sur le bon fonctionnement de nos institutions, elle aurait pris les mesures nécessaires, y compris le déploiement des troupes, afin d'assurer la paix et le calme… bien avant que les images de pillages et de vols deviennent un épisode douloureux et évitable de cette tragédie qui a terni l'image de notre pays à l'occasion de la célébration de son bicentenaire.
Video de l'utilisateur de YouTube IORITER1 filmée à  Concepción:

Sur le blog Humanisme et Connectivité, Andrés Schuschny a publié un article intitulé Séisme. Il parle ainsi des pillages :

Es terrible como una catástrofe natural desenmascara el rostro de la desigualdad de un país cuyos dirigentes no quieren asumirla. Porque, por ejemplo, si el 10% de los ingresos del cobre se hubieran, hace años, destinado a la educación pública y los servicios sociales (deudas siempre pendientes en la región) y no a incrementar los presupuestos militares, las compras de armamento sofisticado y el pasaporte a vidas de lujo por parte de los militares de alto rango, tal vez otra sería la historia y los “comunicadores” del sistema no estarían ahora refiriéndose “al LUMPEN” como una caterba de extraterrestres desbocados que afloran sin razón.

C'est terrible comme une catastrophe naturelle peut dévoiler le visage de l'inégalité dans un pays où le gouvernement refuse de l'accepter. Car, par exemple, si 10 % des revenus provenant de l'exploitation du cuivre avaient été investis depuis longtemps, dans l'enseignement public et les services sociaux (la région est toujours endettée) et non pour augmenter les budgets de l'armée, acheter des armes sophistiquées et un passeport pour une vie de luxe pour les membres hauts placés de la milice, peut-être que les “communicateurs” de notre système ne feraient pas référence au lumpen prolétariat (classe sociale la plus basse) comme à une horde d'aliens incontrôlables qui ont fait surface sans raisons apparentes.

Le Chili, grâce à une économie prospère et en croissante au cours des dernières décennies, est considéré comme un pays avec un “important développement humain” par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Néanmoins, les inégalités de la redistribution des revenus du pays font ombre à cette croissance économique. D'après les données du rapport sur le développement humain 2009 du PNUD (format pdf) [en anglais], le Chili est classé 124ème sur 147 pays  dont on connait le coefficient de Gini [en français] (mesure utilisée pour calculer le degré d'inégalité de la distribution des revenus), alors qu'il est classé 44ème en termes de développement humain.

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Maroc : Facebook ferme le compte d’un groupe militant pour la laïcité et celui de son fondateur

Billet publié par Jillian York · Traduit par Abdoulaye Bah · Voir le billet en anglais

Depuis quelques années, Facebook a essuyé plusieurs fois des critiques pour son hypocrisie apparente dans la manière dont il définit les groupes Facebook qu'il juge “inopportuns”. Bien que la Déclaration des droits et responsabilités officielle de Facebook interdise toute nudité, incitation à la haine, ou d’utiliser un pseudonyme pour ouvrir un compte, elle est appliquée de manière sélective. A la mi-2009, des dirigeants de Facebook avaient décidé qu'ils n'allaient pas exclure des groupes qui nient l’Holocauste, malgré les demandes des associations juives. Mais quelques mois plus tôt, ils avaient fermé des comptes d'utilisatrices qui avaient publié des photos d'elles mêmes prises pendant qu'elles allaitaient leur bébé.  Il y a plusieurs autres exemples.

La déclaration des droits et responsabilités semble s'appliquer seulement lorsqu'un nombre suffisant d'autres utilisateurs proteste contre l'existence d'un groupe, et lorsqu'il est supprimé, les fondateurs découvrent souvent qu'il leur est impossible de le ré ouvrir. Les utilisateurs dont les comptes personnels ont été supprimés en même temps quelque fois créent un nouveau compte, et s'aperçoivent qu'il a été supprimé quelques temps après.

Un militant marocain, Kacem El Ghazzali, a été récemment victime de ces conditions d'utilisation quand un groupe qu'il avait créé, appelé “Les jeunes pour la séparation entre religion et renseignement” a été supprimé. Kacem El Ghazzali a envoyé un courriel à Facebook mais n'a reçu aucune réponse. Deux jours après, son compte personnel a été aussi fermé (le mouvement a aussi  un blog, sur la plateforme de blogs Blogger). Il dit que lorsque le groupe était accessible sur Facebook, il avait reçu des emails venant de musulmans qui s'élevaient contre ce groupe, comme contre d'autres groupes qu'il avait créés avant.

La page d'accueil du groupe  “Jeunes pour la séparation entre religion et enseignement” sur Facebook

Kacem El Ghazzali n'explique pas pourquoi Facebook a fermé son groupe, mais cette mesure ne devrait pas surprendre. Il y a deux ans, lorsque Fouad Mourtada, un jeune ingénieur marocain,  a été arrêté pour avoir créé un faux profil sur Facebook du prince marocain Moulay Rachid, beaucoup ont suspecté Facebook d'avoir transmis l'information au gouvernement marocain (Facebook n'a jamais ni confirmé ni démenti cette accusation).

Le compte du groupe de Kacem El Ghazzali et le sien propre semblent avoir été en conformité avec les lois aux États-Unis [NdT : dont dépend Facebook] et ses conditions d'utilisation officielles. Pourquoi Facebook les a-t-il fermés ? Était-ce sous la pression du gouvernement d'un pays étranger ou bien tout simplement parce qu'un nombre suffisant d'utilisateurs avaient demandé la fermeture du groupe et que cela a donc été fait automatiquement ? Dans tous les cas, pourquoi Facebook n'offre-t-il pas une possibilité de recours à ses utilisateurs et aux groupes dont les comptes ont été fermés par erreur, comme d'autres plateformes telles que YouTube and Blogger le font ?

Comme son compte et ses groupes sur Facebook ne violent ni la loi ni la déclaration des droits et responsabilité de Facebook, il semble que Facebook ait adopté maintenant une politique de contrôle de l'expression en ligne, éventuellement à la demande d'un gouvernement étranger.

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Arabie saoudite : Des femmes saoudiennes, des maris étrangers

Billet publié par Amira Al Hussaini · Traduit par Savannah Goyette · Voir le billet en anglais

“L'Arabie saoudite ne facilite pas le mariage d'un homme saoudien avec une femme étrangère. Il est encore plus difficile pour une femme saoudienne de se marier avec un homme étranger,” écrit [en anglais] John Burgess sur le blog Crossroads Arabia.

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Géorgie : Panique à la suite d’un montage d’information

Billet publié par Anna Keshelashvili · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

Crossed out logo of the channel

logo barré de la chaîne

Samedi 13 mars, l'opérateur de la télévision nationale Imedi a diffusé un montage d'informations affirmant que les chars russes avaient envahi la Géorgie et que le président était mort. Emis à 20 heures, le créneau habituel des actualités quotidiennes, la chaîne qui jouit du meilleur indice de confiance du pays (selon l'étude 2009 du Caucasus Research Resource Center) a offert à son auditoire le pire scénario possible de ce qui pourrait se produire une semaine après les élection municipales fixées à fin mai dans la capitale Tbilissi.

D'après un tel scénario, l'opposition s'emparerait du pouvoir et transformerait le pays en une confédération alliée de la Russie. Qui plus est, des corps d'armée géorgiens décideraient de ne pas défendre le Président Saakashvili et appuieraient au contraire le gouvernement provisoire de l'opposition. Les illustrations de cette parodie d'information, tout comme la présentatrice du programme, étaient exactement les mêmes que ceux du journal télévisé habituel, mise à part une brève introduction informant les téléspectateurs que ce qui allait suivre était une simulation d'événements possibles.

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Capture d'écran de la fausse information sur la télévision Imedi – RFE/RL

Malgré cette précaution, la présentation de séquences provenant de la guerre d'août 2008 avec la Russie au format d'un programme normal d'actualités a provoqué une panique momentanée dans le pays. “Requiem pour le rêve géorgien,” selon le titre donné par ses producteurs, détaillait la fin apocalyptique de la démocratie en Géorgie après la prise du pouvoir des chefs de l'opposition Nino Bourjanadze et Zourab Noghaideli, qui ont récemment affirmé leur amitié avec le président russe.

Pendant l'émission, qui durait une demie-heure, certains des habitants des villages à proximité de la zone de conflit auraient fui vers les forêts proches pour échapper à ce qu'ils croyaient être l'avancée des troupes tandis que des gens en état de choc appelaient les services de secours, formaient des files d'attente devant les magasins d'alimentation et les distributeurs de billets, et que les voitures faisaient la queue devant les stations service, inquiets que l'histoire se répète.

La compagnie privée, qui a aussi diffusé ce même programme à la radio, a violé le Code de Conduite des opérateurs de radio-télévision [en anglais] qui stipule que les reconstitutions doivent être évitées ou sinon clairement identifiées comme telles, alors que des citoyens indignés manifestaient devant le siège de la chaîne de télévision.

Une blogueuse locale, Dodka était parmi ces 300 à 500 personnes et a publié des informations sur Facebook. Accusée par certains d'être un agent provocateur parce qu'elle disait être là pour protester contre les initiatives d'Imedi plutôt qu'en soutien à l'opposition, elle a aussi mis en ligne quelques photos [les blogs cités sont en géorgien].

protest in front of Imedi TV

Manifestation devant la chaîne Imedi par Dodka

ოპოზიციამ, რა თქმა უნდა, შანსი ხელიდან არ გაუშვა და უხვად წარმოგვიდგა, ასე ვთქვათ. თუმცა მთავარი ფიგურა ბურჯანაძე იყო. ჩემი მეგობარი, რომელიც იქ დამხვდა, საერთოდ გამოეცალა და ცდილობდა მოშორებით დამდგარიყო, მაგ ქალის გვერდით არ ვიქნებიო.

L'opposition, bien sûr, n'a pas laissé passer l'occasion et était représentée par de nombreuses figures. Mais la principale était Mme Burjanadze. Une de mes amies, que j'ai rencontrée là, s'efforçait d'éviter la foule en se tenant un peu plus loin, ne voulant pas être à côté de “cette femme.”

D'autres ont aussi donné libre cours en ligne à leur colère. L'une des premières réactions sur les blogs et Facebook est venue de Rocko sous forme d'un extrait du code sus-mentionné de l'opérateur.

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Un autre blogueur, Dv0rsky, soutenait que derrière la décision de diffuser l'émission se trouvait Giorgi Arveladze, le directeur de la télévision Imedi, et ex-ministre de l'économie et ami de longue date du président géorgien, surtout depuis qu'un tribunal de Gibraltar avait jugé que Ina Gudavadze, veuve de l'ancien magnat propriétaire d'Imedi, avait droit à sa part d'héritage de son mari, dont des actions de la chaîne.

ადვილი მისახვედრია, რომ იმედის ჟურნალისტები არაფერ შუაში არიან დღევანდელ სიუჟეტთან – მათ მხოლოდ ის გააკეთეს, რაც დაავალეს. დამვალებელმა კი ძალიან კარგად იცოდა – თუ ტელევიზიას კარგავს და სხვას უნდა გადასცეს, მაშინ ჯერ ყველა ღონეს იხმარს და ჩაძირავს მას, შემდეგ კი მიატოვებს განწირულ ხომალდს.

Il est facile de comprendre que les journalistes de télévision d'Imedi n'ont rien à voir avec l'émission d'aujourd'hui – ils ont obéi aux ordres. Et celui qui a donné cet ordre savait parfaitement que s'il perdait une chaîne il la coulerait par tous les moyens avant d'abandonner le navire.

Fazanda s'est adressée dans son billet à tous ceux qui ont justifié la décision de diffuser l'émission.

მათ რომ ჰკითხო, თურმე ხალხს არ უნდა შეშინებოდა, რომ ეს შიში უფრო საგანგაშოა, რადგან არველაძემ ე.წ. Wake Up Call გაგვიკეთა და ამის გამო მას კი არ უნდა ვემდუროდეთ, არამედ გულებში უნდა ჩავიხედოთ თურმე.

Si vous leur demandez, les gens n'auraient pas dù paniquer, c'est cette peur qui est plus inquiétante, car c'était un réveil téléphonique de la part de M. Arveladze et au lieu de le lui reprocher, nous devrions faire notre examen de conscience.

D'autres opinions ont été mises en ligne par Sweet, Zurrius, Tiny et Gabo, qui assistaient à une représentation théâtrale de la Nuit des Rois de Shakespeare lorsque l'auditoire a commencé à recevoir des appels téléphoniques informant de l'invasion imaginaire et de la mort du président. Les acteurs ont interrompu le spectacle, mais l'ont repris après avoir découvert que la nouvelle était fausse. De retour sur scène ils ont conversé avec les quelques personnes restées dans la salle, et l'acteur principal a donné aux blogueurs le titre de leurs billets en disant que le “théâtre est immortel.”

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Kazakhstan : Deux barrages cèdent, faisant 47 victimes

Billet publié par Adil Nurmakov · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Après la rupture de deux barrages au Kazakhstan, jeudi et vendredi dernier, des milliers de personnes ont été évacuées des zones sinistrées. La tragédie a eu lieu dans le district de Aksuisky, au nord de la capitale économique Almaty. KZBlog annonce :

Jeudi, un barrage a cédé dans la région de Karatalsky, en province d'Almaty, après une fonte importante de neige. 820 personnes ont trouvé refuge dans un école proche. Vendredi, un autre barrage a cédé, le réservoir d'eau de la région de Aksuisky. Kyzyl-Agash, un village proche de 3000 habitants, a été inondé. La plupart des habitants ont pu être évacués mais pas tous.

Durant le week-end, le bilan est passé de 20 victimes à 35, sans compter les disparus. Depuis lundi, le bilan officiel est 47 victimes. Le Président Nazarbayev a demandé au procureur général d'ouvrir une enquête criminelle contre le propriétaire du barrage “Kyzyl-Agash”. Comme on l'a découvert après la catastrophe, le réservoir et le barrage sont gérés par une société privée.

Le blog Lord-Fame a les informations les plus complètes [russe] :

Les grandes eaux sont arrivées. Nous étions prévenus, nous aurions du être prêts. A une heure du matin, la police est arrivée dans le village près de Taldy-Korgan [une commune de la région d'Almaty] et a forcé les gens à partir. Et c'était la chose à faire.

A Kyzyl-Agash, un officier de police est passé de maison en maison et a averti que le barrage pouvait ne pas résister à la crue.  Les gens ont commencé à amener les femmes et les enfants dans d'autres villages proches. Dans la soirée, l'administrateur du district est arrivé, en demandant de ne pas paniquer et a assuré que tout était sous contrôle. Les gens l'ont cru. Beaucoup de ceux-ci sont maintenant morts. […] Ce qui fut le village prospère de Kyzyl-Agash ressemble maintenant à ça :

Le barrage a cédé à cause de précipitations importantes qui se sont ajoutées à l'eau de la fonte des neiges. Les lignes téléphoniques ne fonctionnent plus. L'eau a aussi emporté le pont de  Kyzyl-Agash, sur l'une des principales autoroutes nord-sud.  Lord-Fame ajoute [russe]:

Les habitants de Egen-Su, un autre village en aval, ont été tous évacués à temps, mais les pertes en bétail sont massives […]. A Kyzyl-Agash, la tragédie aurait pu être évitée si les autorités avaient organisé à temps la gestion de l'alerte. Le chef local de l'administration avait peur de provoquer une panique…Pourquoi n'a-t-il pas eu peur des morts ?

La plupart des personnes évacuées sont maintenant réfugiées dans des casernes de l'armée, des écoles, et la gare de  Taldy-Kurgan. Les chaines locales de télévision demandent aux téléspectateurs d'aider en donnant des vêtements et de la nourriture.

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Égypte : Repose en paix, Fouad Zakariyya

Billet publié par Amira Al Hussaini · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Sur The Arabist, Issandr El Amrani salue Fouad Zakariyya, récemment décédé, philosophe égyptien et critique sophistiqué de la pensée islamiste, dans ce billet [en anglais].

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Chine : Une stratégie de retrait pour Google

Billet publié par Oiwan Lam · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

DigiCha parle d'une stratégie possible de retrait de Google en Chine. La stratégie serait celle de  “brûler tous les ponts” derrière lui en quittant la Chine, ce qui signifierait ne plus filtrer les contenus sur le Web et forcer le gouvernement chinois à fermer Google.cn [en anglais].

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Kenya : Nairobi devient le coeur technologique de l’Afrique de l’est

Billet publié par Njeri Wangari · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Le Kenya, et tout particulièrement Nairobi, est devenu en quelques mois le cœur de la technologie en Afrique de l'est, en accueillant une  succession de conférences, lancements de produits, rencontres, sommets et barcamps.

The iHub Logo

Au début de l'année, un communiqué a annoncé l'ouverture d'un nouveau lieu à Nairobi dédié aux nouvelles technologies, iHub, pour tous les technophiles, les développeurs, investisseurs et sociétés du secteur. Erik Hersman (Hash), du blog  Whiteafrican [en anglais, comme tous les liens] l'a annoncé le premier. Son blog couvre les nouvelles du secteur des nouvelles technologie en Afrique avec ce qu'il dit être “la perspective d'un Africain blanc sur le monde”.

Voici ce qui a fait naitre l'idée du iHub.
Beaucoup d'entre nous, dans la communauté des technophiles à Nairobi, parlait depuis deux ans du besoin d'un lieu physique pour la communauté des nouvelles technologies, c'est formidable d'être à la veille de déboucher les bouteilles et de célébrer un grand pas en avant pour nous tous.

L'annonce a été faite le 25 janvier dans ce billet : iHub: la plateforme d'innovation technologique de Nairobi est là !

Le 3 février était l'ouverture de la conférence Mobile East Africa Conference (MWEA10) qui s'est tenue au centre de congrès KICC à Nairobi. La rencontre de deux jours était destinée à promouvoir le potentiel des outils et applications web sur les terminaux mobiles. Y assistaient les développeurs spécialisés en téléphones mobiles et des dirigeants de compagnies ainsi que les acteurs du secteur de la téléphonie mobile.

Bankelele , un des blogueurs qui y participaient, a fait un compte-rendu détaillé des interventions de la seconde journée ici.

Kahenya Kamunyu a fait ce commentaire :

“La meilleure conférence à laquelle j'ai participé jusqu'ici. Très bien organisée ”
Kahenya Kamunyru, PDG, Société ViRN Instruments

Hash a blogué en temps réel la conférence. Wilfred Mworia du blog Afrinnovator était présent, et a aussi été invité en tant que conférencier. Kachwanya a également fait le compte-rendu dans le billet Dix conclusions.

Le nouveau lieu iHub de Nairobi a été inauguré le 3 mars et a permis de rassembler 200 amoureux des nouvelles technologies de la capitale.Voici un compte rendu de l'événement publié par Ndesanjo, avec des commentaires de différents blogueurs qui y ont participé.

Tandaa, une initiative lancé par l'Agence kenyane des technologie de l'information et de la communication et sponsorisée par Google-Kenya a organisé un symposium d'une journée le 8 mars, premier d'une série qui souhaite éveiller l'intérêt de la nouvelle génération pour des contenus numériques créés en Afrique.

ICANN ICANN, l'organisme qui préside à l'attribution des noms de domaine sur Internet vient de tenir à Nairobi sa rencontre annuelle, durant six jours : ICANN no.37. Cette rencontre s'est déroulée du 8 au 12 mars. Le choix de Nairobi parmi d'autres capitales africaines est du pour grande partie à la vitesse de connexion à Internet par fibre optique qui est désormais proposée au Kenyans. C'est un facteur décisif pour beaucoup d'autres organisateurs de  conférences sur les nouvelles technologies dans leur choix d'un lieu de conférence. La présence de trop nombreux chefs d'état a cependant créé des problèmes au comité organisateur, qui a craint que cela n'entraine des perturbations pour les membres de la communauté ICANN.

Rebecca Wanjiku, une journaliste et blogueuse kenyane spécialisée en technologie, a participé au rendez-vous annuel de l'ICANN. Son billet sur les deux journées est disponible ici et ici. White African et Mworia ont également publié sur cet événement.

Deux jours seulement après la rencontre ICANN 37 a eu lieu AfriCamp, un forum qui permet aux participants de présenter leur travail dans leur pays respectif. Ce forum propose de plus des sessions de formation qui permettent aux jeunes d'acquérir des compétences en matière d'utilisation créative des réseaux sociaux qu'ils peuvent intégrer dans leur travail.

AfriCamp rassemble de jeunes activistes pour qu'ils puissent apprendre les uns des autres et transmettre ensuite leur savoir.  Il leur permet d'acquérir une expérience pratique des nouveaux médias qu'ils pourront utiliser pour les causes sociales qu'ils défendent.  Les participants ont été recrutés dans toute l'Afrique subsaharienne et leur âge va de 18 à 29 ans. La rencontre a lieu à Lukenya, un camping situé dans la banlieue de Nairobi du 14 au  20 mars.

Il s'agit d'un barcamp, un type de rencontres aussi appelées “non-conférences”  où différents jeunes participants de toute l'Afrique offriront leurs contributions. Certains blogueurs kenyans connus comme Mental Acrobatics et Mark Kaigwa seront parmi les participants.

La Pan Africa Media Conference 2010 , une conférence organisé par l'un des plus importants groupes de médias du Kenya, le Nation Media Group, doit aussi avoir lieu à Nairobi le 18 et 19 mars. Le thème de leur conférence est de réfléchir aux perspectives futures des médias en Afrique, et les nouveaux médias seront l'un des thèmes abordés.

Ory Okolloh, blogueuse et par ailleurs l'une des créatrices de la plateforme de suivi de crise Ushahidi – en sera la modératrice. D'autres blogueurs kenyans, comme Rafiki Kenya , Rebecca Wanjiku, Intelligensia, Cold Tusker, Paula Kahumbu, Bankelele, Hash et moi-même (KenyanPoet) ont été invités à participer.Voici le billet que j'ai publié sur ce que représente les blogueurs dans le futur des médias africains.

Barcamp Nairobi 2008 ( photo courtesy of White African)Barcamp Nairobi 2008 ( photo reproduite avec l'autorisation de White African)

Le Barcamp Nairobi 2010 est aussi en préparation, les dates seront soit le 26 mars ou les 12 et 13 juin et un vote en décidera). Comme ce rendez-vous n'a pas eu lieu l'an dernier, on parle de faire de ce barcamp un véritable camp de deux jours pleins en dehors de Nairobi. Certaines des applications et thèmes de recherche dont les participants vont débattre :  utilisation d'un téléphone GPS pour éviter les embouteillages, applications de l'informatique dématérialisée [en français] au Kenya, hardware hacking (ajout de nouvelles fonctionnalités à des objets), entre autres sujets.

Enfin, Maker Faire Africa se déroulera au Kenya le 6 et 7 août cette année. Cet événement est une  célébration de l'ingénuité, de la créativité et de l'innovation africaine. Il a d'abord eu lieu Accra, au Ghana, sur une idée de Emeka Okafor du blog Timbuktu Chronicles.

Un tel nombre de rencontres liées à la technologie en seulement trois mois témoigne du bond en avant des nouvelles technologies non seulement au Kenya mais dans de nombreux autres pays en Afrique. Nous pouvons seulement conseiller de garder un œil sur ce cyber-espace.

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