Arabie saoudite : Des femmes saoudiennes, des maris étrangers

Billet publié par Amira Al Hussaini · Traduit par Savannah Goyette · Voir le billet en anglais

“L'Arabie saoudite ne facilite pas le mariage d'un homme saoudien avec une femme étrangère. Il est encore plus difficile pour une femme saoudienne de se marier avec un homme étranger,” écrit [en anglais] John Burgess sur le blog Crossroads Arabia.

Source

Géorgie : Panique à la suite d’un montage d’information

Billet publié par Anna Keshelashvili · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

Crossed out logo of the channel

logo barré de la chaîne

Samedi 13 mars, l'opérateur de la télévision nationale Imedi a diffusé un montage d'informations affirmant que les chars russes avaient envahi la Géorgie et que le président était mort. Emis à 20 heures, le créneau habituel des actualités quotidiennes, la chaîne qui jouit du meilleur indice de confiance du pays (selon l'étude 2009 du Caucasus Research Resource Center) a offert à son auditoire le pire scénario possible de ce qui pourrait se produire une semaine après les élection municipales fixées à fin mai dans la capitale Tbilissi.

D'après un tel scénario, l'opposition s'emparerait du pouvoir et transformerait le pays en une confédération alliée de la Russie. Qui plus est, des corps d'armée géorgiens décideraient de ne pas défendre le Président Saakashvili et appuieraient au contraire le gouvernement provisoire de l'opposition. Les illustrations de cette parodie d'information, tout comme la présentatrice du programme, étaient exactement les mêmes que ceux du journal télévisé habituel, mise à part une brève introduction informant les téléspectateurs que ce qui allait suivre était une simulation d'événements possibles.

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Capture d'écran de la fausse information sur la télévision Imedi – RFE/RL

Malgré cette précaution, la présentation de séquences provenant de la guerre d'août 2008 avec la Russie au format d'un programme normal d'actualités a provoqué une panique momentanée dans le pays. “Requiem pour le rêve géorgien,” selon le titre donné par ses producteurs, détaillait la fin apocalyptique de la démocratie en Géorgie après la prise du pouvoir des chefs de l'opposition Nino Bourjanadze et Zourab Noghaideli, qui ont récemment affirmé leur amitié avec le président russe.

Pendant l'émission, qui durait une demie-heure, certains des habitants des villages à proximité de la zone de conflit auraient fui vers les forêts proches pour échapper à ce qu'ils croyaient être l'avancée des troupes tandis que des gens en état de choc appelaient les services de secours, formaient des files d'attente devant les magasins d'alimentation et les distributeurs de billets, et que les voitures faisaient la queue devant les stations service, inquiets que l'histoire se répète.

La compagnie privée, qui a aussi diffusé ce même programme à la radio, a violé le Code de Conduite des opérateurs de radio-télévision [en anglais] qui stipule que les reconstitutions doivent être évitées ou sinon clairement identifiées comme telles, alors que des citoyens indignés manifestaient devant le siège de la chaîne de télévision.

Une blogueuse locale, Dodka était parmi ces 300 à 500 personnes et a publié des informations sur Facebook. Accusée par certains d'être un agent provocateur parce qu'elle disait être là pour protester contre les initiatives d'Imedi plutôt qu'en soutien à l'opposition, elle a aussi mis en ligne quelques photos [les blogs cités sont en géorgien].

protest in front of Imedi TV

Manifestation devant la chaîne Imedi par Dodka

ოპოზიციამ, რა თქმა უნდა, შანსი ხელიდან არ გაუშვა და უხვად წარმოგვიდგა, ასე ვთქვათ. თუმცა მთავარი ფიგურა ბურჯანაძე იყო. ჩემი მეგობარი, რომელიც იქ დამხვდა, საერთოდ გამოეცალა და ცდილობდა მოშორებით დამდგარიყო, მაგ ქალის გვერდით არ ვიქნებიო.

L'opposition, bien sûr, n'a pas laissé passer l'occasion et était représentée par de nombreuses figures. Mais la principale était Mme Burjanadze. Une de mes amies, que j'ai rencontrée là, s'efforçait d'éviter la foule en se tenant un peu plus loin, ne voulant pas être à côté de “cette femme.”

D'autres ont aussi donné libre cours en ligne à leur colère. L'une des premières réactions sur les blogs et Facebook est venue de Rocko sous forme d'un extrait du code sus-mentionné de l'opérateur.

მოგიტყანთ:

  • კრეატივი
  • პროფესიონალიზმი
  • ჟურნალისტობა
  • ეთიკა
  • ნორმები
  • გადაცემა „სპეციალური რეპორტაჟი“
  • მომავლის ხედვა
Allez vous faire foutre avec vos :

  • Créativité
  • Professionnalisme
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  • Normes
  • Enquête
  • Vision de l'avenir

Un autre blogueur, Dv0rsky, soutenait que derrière la décision de diffuser l'émission se trouvait Giorgi Arveladze, le directeur de la télévision Imedi, et ex-ministre de l'économie et ami de longue date du président géorgien, surtout depuis qu'un tribunal de Gibraltar avait jugé que Ina Gudavadze, veuve de l'ancien magnat propriétaire d'Imedi, avait droit à sa part d'héritage de son mari, dont des actions de la chaîne.

ადვილი მისახვედრია, რომ იმედის ჟურნალისტები არაფერ შუაში არიან დღევანდელ სიუჟეტთან – მათ მხოლოდ ის გააკეთეს, რაც დაავალეს. დამვალებელმა კი ძალიან კარგად იცოდა – თუ ტელევიზიას კარგავს და სხვას უნდა გადასცეს, მაშინ ჯერ ყველა ღონეს იხმარს და ჩაძირავს მას, შემდეგ კი მიატოვებს განწირულ ხომალდს.

Il est facile de comprendre que les journalistes de télévision d'Imedi n'ont rien à voir avec l'émission d'aujourd'hui – ils ont obéi aux ordres. Et celui qui a donné cet ordre savait parfaitement que s'il perdait une chaîne il la coulerait par tous les moyens avant d'abandonner le navire.

Fazanda s'est adressée dans son billet à tous ceux qui ont justifié la décision de diffuser l'émission.

მათ რომ ჰკითხო, თურმე ხალხს არ უნდა შეშინებოდა, რომ ეს შიში უფრო საგანგაშოა, რადგან არველაძემ ე.წ. Wake Up Call გაგვიკეთა და ამის გამო მას კი არ უნდა ვემდუროდეთ, არამედ გულებში უნდა ჩავიხედოთ თურმე.

Si vous leur demandez, les gens n'auraient pas dù paniquer, c'est cette peur qui est plus inquiétante, car c'était un réveil téléphonique de la part de M. Arveladze et au lieu de le lui reprocher, nous devrions faire notre examen de conscience.

D'autres opinions ont été mises en ligne par Sweet, Zurrius, Tiny et Gabo, qui assistaient à une représentation théâtrale de la Nuit des Rois de Shakespeare lorsque l'auditoire a commencé à recevoir des appels téléphoniques informant de l'invasion imaginaire et de la mort du président. Les acteurs ont interrompu le spectacle, mais l'ont repris après avoir découvert que la nouvelle était fausse. De retour sur scène ils ont conversé avec les quelques personnes restées dans la salle, et l'acteur principal a donné aux blogueurs le titre de leurs billets en disant que le “théâtre est immortel.”

Source

Kazakhstan : Deux barrages cèdent, faisant 47 victimes

Billet publié par Adil Nurmakov · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Après la rupture de deux barrages au Kazakhstan, jeudi et vendredi dernier, des milliers de personnes ont été évacuées des zones sinistrées. La tragédie a eu lieu dans le district de Aksuisky, au nord de la capitale économique Almaty. KZBlog annonce :

Jeudi, un barrage a cédé dans la région de Karatalsky, en province d'Almaty, après une fonte importante de neige. 820 personnes ont trouvé refuge dans un école proche. Vendredi, un autre barrage a cédé, le réservoir d'eau de la région de Aksuisky. Kyzyl-Agash, un village proche de 3000 habitants, a été inondé. La plupart des habitants ont pu être évacués mais pas tous.

Durant le week-end, le bilan est passé de 20 victimes à 35, sans compter les disparus. Depuis lundi, le bilan officiel est 47 victimes. Le Président Nazarbayev a demandé au procureur général d'ouvrir une enquête criminelle contre le propriétaire du barrage “Kyzyl-Agash”. Comme on l'a découvert après la catastrophe, le réservoir et le barrage sont gérés par une société privée.

Le blog Lord-Fame a les informations les plus complètes [russe] :

Les grandes eaux sont arrivées. Nous étions prévenus, nous aurions du être prêts. A une heure du matin, la police est arrivée dans le village près de Taldy-Korgan [une commune de la région d'Almaty] et a forcé les gens à partir. Et c'était la chose à faire.

A Kyzyl-Agash, un officier de police est passé de maison en maison et a averti que le barrage pouvait ne pas résister à la crue.  Les gens ont commencé à amener les femmes et les enfants dans d'autres villages proches. Dans la soirée, l'administrateur du district est arrivé, en demandant de ne pas paniquer et a assuré que tout était sous contrôle. Les gens l'ont cru. Beaucoup de ceux-ci sont maintenant morts. […] Ce qui fut le village prospère de Kyzyl-Agash ressemble maintenant à ça :

Le barrage a cédé à cause de précipitations importantes qui se sont ajoutées à l'eau de la fonte des neiges. Les lignes téléphoniques ne fonctionnent plus. L'eau a aussi emporté le pont de  Kyzyl-Agash, sur l'une des principales autoroutes nord-sud.  Lord-Fame ajoute [russe]:

Les habitants de Egen-Su, un autre village en aval, ont été tous évacués à temps, mais les pertes en bétail sont massives […]. A Kyzyl-Agash, la tragédie aurait pu être évitée si les autorités avaient organisé à temps la gestion de l'alerte. Le chef local de l'administration avait peur de provoquer une panique…Pourquoi n'a-t-il pas eu peur des morts ?

La plupart des personnes évacuées sont maintenant réfugiées dans des casernes de l'armée, des écoles, et la gare de  Taldy-Kurgan. Les chaines locales de télévision demandent aux téléspectateurs d'aider en donnant des vêtements et de la nourriture.

Source

Adrianne Curry est une bonne femme d’intérieur

Adrianne Curry, mannequin américaine et première gagnante de l’émission télévisée America’s Next Top Model est une véritable petite femme d’intérieur…Elle a posté ces photos sur on compte Twitter ce WE. 
Source Da People

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[vidéo] Un clip très sexy pour la BMW M3

Un clip très sexy pour la BMW M3Voici un clip publicitaire pour la BMW M3 très évocateur qui nous montre une jeune et jolie jeune femme échanger [...]

 

 


Article original écrit par Brad et publié sur Buzz And People, le 2009-10-27 21:43:10 | Lien direct vers cet article | © BuzzAndPeople.com – 2008

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Tiger Woods aurait eu une relation avec Holly Sampson

Environ 847 femmes se sont manifestées au cours des derniers WE, affirmant avoir eu des aventures avec le golfeur Tiger Woods…La dernière en date est la pornostar Holly Sampson !Holly Sampson Tiger Woods et  se seraient vus à plusieurs reprises au cours des derniers mois, et leur rencontre aurait été organisée par un ami d’enfance du golfeur américain. 
Source Da People

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Egypte : Hommage à Djamila Bouhired

Billet publié par Marwa Rakha · Traduit par Abdoulaye Bah · Voir le billet en anglais

La militante et révolutionnaire algérienne Djamila Bouhired, âgée de 75 ans, est malade et sollicite son pays et ses compatriotes pour qu'ils financent ses frais médicaux. L'information a rendu furieux de nombreux blogueurs égyptiens qui la considèrent comme une icône et une héroïne arabe.

Ecrivant [en anglais] sur le blog Egyptian Chronicles, Zeinobia croit que nous, Arabes sommes bons dans la destruction de nos héros nationaux:

Djamila Bouhired a écrit une lettre ouverte au Président et au peuple algériens pour leur demander de l'aider dans sa maladie. La militante nationaliste arabe des années 1960 qui fut un symbole pour la lutte pour l'indépendance dans tout le monde arabe quémande de l'aide au gouvernement algérien !!! La dame demande que le gouvernement l'aide plus particulièrement en tant que symbole de la dignité et de la fierté nationales qui a refusé des aides provenant du Golfe :(

La situation de Djamila a rappelé à Zeinobia les vétérans de l'armée égyptienne:

Elle a des frères en Egypte, les vétérans de la résistance égyptienne de 1973 à Suez, dont les pensions sont une honte, les forçant à travailler comme chauffeurs de minibus à Suez. Ces vétérans se sont battus contre Sharon pendant des semaines pour défendre notre dignité !! En fait, elle a des frères et des soeurs dans tout le monde arabe, ceux qui n'ont pas réfléchi longtemps lorsqu'ils ont sacrifié leur vie pour la nation, mais la nation, elle, pense trop longtemps pour leur rendre ce qu'elle leur doit.

Au lieu de guerres de football, Zeinobia souhaite que:

si nos relations avaient été meilleures, il aurait été souhaitable que nous envoyions à Djamila nos tout meilleurs médecins ou nous l'aurions invitée au Caire, encore, comme elle y a toujours été la bienvenue.

Nawara Negm a publié deux vidéos sur son blog; la première est un message de Kommondoss Team d'Algérie lui souhaitant la bienvenue et proposant de lui payer les frais médicaux. La seconde provient d'un Algérien qui explique au monde entier qui est Djamila Bouhired et comment le monde arabe l'a abandonnée !

Nawara commente en disant:

اسفخص على دنيا كلها لما جميلة بو حريد تحتاج يوم تستلف عشان تاكل … مافيش حد فينا احسن لما ست الناس تعيش مش لاقية تاكل … هي جميلة دي جزائرية يا ناس؟ جميلة اللي كسفت رجالة العالم (ايام ما العالم كان فيه رجالة) تخص الجزائر بس؟ ما تخصش كل انسان عربي؟ هو لو النيل نشف تبقى مشكلة مصر والسودان بس؟ هو فيه اغنى من العرب؟ الله، بتروح فين الفلوس يا عم الامور انت وهو؟ بتتصرف على هيفا واخواتها اللي نافخين كل حتة فيهم عند بتاع الكاوتش لما شوية وح نلاقيهم طايرين في الهوا … يعني ايه؟ يعني ايه جميلة تضطر تستلف وللا حتى تضطر تطلب زيادة معاش؟ يعني ايه انا مش فاهمة يعني
C'est honteux qu'une icône comme Djamila Bouhired ait à mendier pour vivre ! Nous sommes tous responsables du fait que cette grande femme puisse à peine survivre ! Peuples ! Djamila n'est pas une Algérienne quelconque ! C'est une femme qui a ridiculisé tous les hommes en une période où ce monde était plein de véritables hommes! N'est-elle qu'une affaire algérienne ? N'est-elle pas une icône arabe dont nous sommes tous fiers ? Où sont les Arabes et leur argent? N'est-elle pas plus digne de leurs dollars que les chanteurs et les amuseurs ? Ce monde court à sa fin lorsqu'une femme comme elle doit emprunter ! Je n'y comprends vraiment rien !

Tarek Ez ElDen a publié sa lettre au Président algérien Bouteflika ; Djamila dit dans sa lettre:

إن ما يتقاضاه المجاهدون لا يرقى إلى المبالغ الكبيرة التي يتقاضاها نواب البرلمان أو ما تحصلون عليه أنتم شخصيا (بوتفليقة) وكذا ما يحصل عليه محيطكم”، ودعت بوتفليقة إلى التوقف عما أسمته “الإهانة”، بإعادة النظر في “المنحة المتواضعة التي يحصل عليها المجاهدون ليعيشوا بكرامة ما تبقى لهم من أيام”.
“Comparé aux énormes sommes que vous (en s'adressant à M. Bouteflika) ou les députés gagnez, l'échelle des pensions des  vétérans est médiocre.”
Elle demande aussi au président d'arrêter “de les insulter continuellement” en révisant “les maigres pensions versées aux personnes qui ont combattu pour leur pays – des gens qui mériteraient de vivre le peu qui leur reste dans la dignité”.

Source

Le futur des NTIC pour le développement : Maintenant, c’est bientôt ?

Billet publié par John Liebhardt · Traduit par Ivan Logvenoff · Voir le billet en anglais

Nos deux précédents billets [en français] s’intéressaient surtout à quoi pourraient ressembler les TIC au service du développement dans le futur. Ce billet donne le ton de la situation actuelle. Nous aborderons quelques problèmes récurrents en matière de technologies de communication et de l'information avant de présenter quelques projets TIC.

Ces projets n’ont pas été choisis selon une quelconque méthode scientifique, pas plus qu’il ne font consensus sur l’état possible des TIC dans les prochaines années. Ce sont juste des projets qui ont attiré l'attention de l'auteur de ce billet. Parce qu'ils tirent profit de la technologie dans les zones rurales, commençons par envisager la manière dont les points d’accès Internet publics pourraient se développer dans les prochaines années

Broadband? par wseltzer sur Flickr.

Broadband? par wseltzer sur Flickr.

Dans son blog ICTlogy, Ismael Peña-López se demande [en anglais] si les points d’accès publics à Internet, comme les télécentres et les cybercafés évolueront  en e-centres de seconde génération, “où les communautés se rassembleront et bénéficieront de nombreuses ressources partagées, comme PC et accès Internet, entres autres? Ou bien disparaitront-ils purement et simplement ? »

Il poursuit:

Alors que les bibliothèques ont fourni plus que des livres, mais aussi des endroits pour apprendre à lire et où trouver des âmes soeurs, je suppose que les points d’accès public à Internet disparaîtront en tant que tels, et qu’ils seront soit intégrés à d’autres structures existantes (les bibliothèques elles-mêmes, ou les centres civiques pour n’en nommer que quelques uns), ou bien les télécentres et les cybercafés évolueront vers le stade suivant, où les facteurs pédagogique ou communautaire prendront plus d’importance. Nous voyons de fait plein d’exemples de ce phénomène, et ce n’est qu’une question de temps avant que les priorités et les perspectives ne soient mis sens dessus dessous : au lieu d’aller accéder à Internet, et d’y rencontrer des gens, les gens iront dans ces lieux, rencontreront des gens et utiliseront Internet comme une manière améliorée de socialiser. A son tour, ceci devrait être accompagné par la fin de cette fausse dichotomie entre le citoyen et l'internaute, comme si le web avait une vie et une citoyenneté qui lui seraient propres. Mais l’avenir nous le dira.

Shilpa Sayura

Shilpa Sayura, qui veut dire “mer de savoir”, est un système digital interactif d’auto-apprentissage basé au Sri Lanka. Le cursus Shilpa Sayura a débuté avec huit matières équivalentes au cursus éducatif national  pour que les étudiants des zones éloignées et rurales puissent préparer les examens nationaux en cingalais, la langue locale prédominante. Le projet a ajouté trois autres matières, y compris des cours en tamoul et en anglais.

Le logiciel open source de Shilpa Sayura a été offert à des instituts éducatifs à but non lucratif ainsi qu’aux Nansalas ruraux, une chaîne de télécentres développés par l'administration.  Ces télécentres au Sri Lanka remplissent plusieurs rôles [en anglais, comme tous les blogs cités] : ils fournissent une connection à Internet, mais offrent également le fax, ainsi que des services de photocopie et d’impression. Il  gagnent de l’argent grâce aux appels téléphoniques, aux VOIP, et fournissent un service de paiement de factures. Ce sont également des endroits, espère le gouvernement, où d’autres projets TIC fleuriront.

Harsha Liyanage, originaire du Sri Lanka, publie sur son blog Sustainability First: In search of sustainable telecentres. Il relève quelques problèmes que Shilpa Sayura tente de surmonter.

L’absence de professeurs compétents et d’infrastructures adaptées handicape les étudiants ruraux chez 80% de la population du Sri Lanka. Mais près de 500 télécentres des périphéries rurales ouvrent de nouvelles opportunités. Shilpa Sayura permet aux étudiants d’interagir avec les TIC et d’étudier grâce à la technologie numérique 8 matières dans les télécentres et de développer leur savoir pour préparer les examens nationaux.

En Mars 2008, Liyanage a expliqué que le Shilpa Sayura souffrait de difficultés croissantes.

Fier de la réussite d’un projet pilote réellement convaincant, le projet se débat pour augmenter d’échelle.  Chaque opérateur de télécentre dans chacun des plus de 500 télécentres du Sri Lanka a besoin d’avoir Shilpa Sayura installé dans son télécentre. Mais le blog e-Fusion reconnaît que ce n’est pas faisable dans l’état actuel des choses.
• Des améliorations technologiques sont nécessaires pour assurer un fonctionnement souple  et sans problèmes
• Une formation aux compétences techniques est également nécessaire.
• La capacité des centres d’assistance à recevoir les  requêtes qui augmentent en flèche doit être améliorée
Tous ces besoins signifient un investissement de capitaux. Ils admettent qu’il n’est pas raisonnable d’imposer au gouvernement de les soutenir encore plus. Par conséquent le CSR courtise la bonne volonté de ses partenaires privés. En attendant, ils tracent les plans d’un business model approprié.

Le blog Technology and Cultural Festival in Kandiyapitawew [en anglais] du Sri Lanka, explique les bienfaits pédagogiques du projet :

Nous croyons que Shilpa Sayura pourrait contribuer à résoudre le problème du manque de professeurs, spécialement dans les zones rurales éloignées qui demeurent l’échec du système éducatif de notre pays.

Le coffret d’apprentissage virtuel ‘Shilpa Sayura’ couvre 8 matières, de la sixième (grade 6) au brevet (O-level). Les moyens interactifs simples d’auto-apprentissage de Shilpa Saruya s’adressent aux étudiants des communautés éloignées sans accès aux ressources éducatives urbaines. Toujours au stade pilote, Shilpa Saruya est désormais en fonctionnement dans 20 ‘Nenasalas’, ou télécentres localisés dans des villages reculés et promeut le concept d’auto-apprentissage parmi les étudiants de ces communautés éloignées. La prochaine étape sera la transformation de Shilpa Saruya en un projet national pour renforcer l’éducation rurale et jeter un pont sur le fossé entre les étudiants ruraux et urbains.

M-Pesa

Le projet suivant se déroule au Kenya, où le blog Global Warming soutient que le téléphone portable est en train de révolutionner la société.

Il y a actuellement plus de 17 millions d’abonnés [au téléphone portable] et le fait qu’il facilite actuellement les transfert d’argent suffit à tout expliquer. Il y a deux choses qui font tout marcher : l’une est la communication, la seconde est la facilité de transférer du liquide. Après cela, vous pouvez être sûrs de pouvoir faire des affaires partout.

M-Pesa a commencé en 2007, comme un moyen de réaliser des transactions bancaires simples grâce au téléphone portable. Les entreprises de télécom à l’origine du projet ne facturaient pas de frais d’inscription, pas plus qu’elles n’exigeaient des clients d’avoir un compte bancaire, souvent un grand obstacle au Kenya car peu de gens font affaires avec les banques traditionnelles. Une fois enregistrés, les clients peuvent utiliser l’application M-PESA pour payer les factures, acheter plus de crédit téléphonique, transférer de l’argent au Kenya grâce à leurs téléphones activés. M-PESA permet maintenant aux clients de réserver des billets d’avion. Safaricom, la compagnie responsable d’M-PESA amorce un projet pilote pour permettre à ses clients de payer leur facture d’eau.

Agent M-Pesa à Bunda par emilsjoblom sur Flickr

Agent M-Pesa à Bunda par emilsjoblom sur Flickr

En juillet 2009, M-PESA comptait plus de 7 millions d’abonnés qui recevaient ou envoyaient de l’argent à travers un réseau de plus de 1400 agents bancaires, ce qui en faisait la plus grande banque du pays. Ces clients transfèrent plus de 2,5 millions de dollars chaque mois.

Il y a à peine quelques semaines, M-PESA s’est internationalisé, s’installant au Royaume-Uni, en autorisant ses clients à envoyer de l’argent à des numéros de téléphone au Kenya grâce à une interface web. Les coûts de transaction sont aussi faibles que 8$ pour envoyer 150£. Une étude datée de 2005 a montré que les entreprises traditionnelles de virement d’argent facturaient des frais de 2,5% à 40% pour  n’importe quel transfert de moins de 100£.

David Zarraga, du blog Mobil Behavior fait un bon résumé de la manière dont fonctionne M-PESA.

Les clients enregistrés peuvent déposer des devises fortes chez n’importe quel agent M-PESA, en échange d’argent virtuel, qui est téléchargé sur le compte M-PESA du client. Pour 0,38$, le client peut alors transférer cet argent sur le compte d’un autre client inscrit via sms. Une fois que le destinataire reçoit l'e-mail de confirmation, la devise forte peut alors être retirée chez l’agent M-PESA le plus proche, clôturant ainsi le processus de transfert d’argent.

Comment le système M-PESA peut profiter au Kenyan moyen ? Olga Morawczynski, une candidate à l’école doctorale de l’université d’Edimbourg, qui a pris la parole au congrès mondial GSM à Barcelone en février dernier, a fait partager l’histoire de Martin, un cordonnier de Kibera, un quartier informel en dehors de Nairobi. Martin gagne environ 20$/jour, grâce à son commerce, et envoie un quart de son salaire à sa femme et à sa mère qui vivent dans l’Ouest du Kenya, à plus de 150 km. M-PESA fait gagner du temps à Martin, lui permettant de travailler à son commerce au lieu de devoir voyager loin de l’endroit où il travaille pour trouver une banque. Le service lui permet également de réaliser des transferts fréquents(5 fois/mois), lui permettant d’envoyer les revenus d’une semaine quand sa famille en a le plus besoin.

Le blog Bankelele: Nairobi Banker liste les avantages et inconvénients de réaliser des transactions avec M-PESA.

Avantages à l’utilisation d’M-PESA
- des transactions 24h/24. Plus de portée et d’accès que n’importe quelle banque ou réseau de distributeurs automatiques
- les transferts d’argent grâce au téléphone mobile avec cet opérateur ont tendance a être moins cher que les services bancaires via téléphone fourni par les banques
- Economies de coûts de transport et de transaction bancaire
- Possibilités de payer un grand nombre de factures à un bas prix

Difficultés posées par M-PESA
- manque de fond de roulement chez les agents pour pallier aux temps d’arrêt occasionnels du système M-PESA Lack
- Pas d’historique de crédit, et les avis chers et maladroits de Safaricom ne sont pas encore utiles
- Nécessite une grande discipline pour constituer une épargne
- Les fonds ne sont pas assurés, et sujets au crime. Et résoudre un vol de portable au Kenya n’est pas une expérience plaisante.

eChoupal
Indian Tobacco Company, un des plus grands exportateurs indiens a créé eChoupal, une série de centres d’information ruraux où les agriculteurs peuvent communiquer directement avec d'autres agriculteurs, différents marchés ainsi que des experts grâce à internet. Ces kiosques internet de village ont été avant tout installés pour que les agriculteurs puissent apprendre, dans les dialectes locaux, les plus récentes informations concernant les prix nationaux et internationaux du soja, du blé, du tabac, et des crevettes. Mais la plateforme s’est métamorphosée en apportant d’autres informations importantes comme les conditions météo et les dernières pratiques scientifiques. En 2006, eChoupas comptait 3,5 millions d’agriculteurs qui utilisaient 5200 kiosques internet dans plus de 30 000 villages.

Harvesting Wheat #1 par Meanest Indian sur Flickr

La récolte du blé N°1 par Meanest Indian sur Flickr

Les paysans payent à un coordinateur local une faible somme pour pouvoir utiliser le kiosque, qui peut également être utilisé pour commander les graines, les fertilisants, et d’autres produits.

Le blog NeoProducts Kiosks, du Royaume Uni, fait valoir qu’une part du succès d’eChoupal vient du fait qu’il laisse de côté les acheteurs traditionnels.

e-Choupal a été créé par ITC Limited pour permettre aux paysans en Inde d’acheter et de vendre des produits agricoles comme les graines de soja, le blé et le café. Il le fait en leur permettant de négocier directement la vente de leurs produits via un réseau de PC et de kiosques dans 6500 centres répartis sur 100 districts de 10 états. Auparavant les agriculteurs devaient utiliser de nombreux intermédiaires parfois corrompus.

Quelle idée géniale et quelle utilisation formidablee des kiosques! Permettre un accès public partagé à la technologie interactive est l’essence même des kiosques. Et ce n’est que le début.

Chirag Jethmalani est un étudiant en gestion de Bombay qui blogue à propos des entreprises indiennes sur Squamble. Il fournit ici sa position sur eChoupal.

e Choupal a été conçu pour résoudre les défis posés par les aspects uniques de l’agriculture indienne, caractérisée par des exploitations fragmentées, une infrastructure faible et l’intervention de nombreux intermédiaires…

Traditionnellement ces services étaient fournis par les “mandis” (principaux centres de commercialisation agricole dans les zones rurales d’Inde) , où c'étaient les intermédiaires qui tiraient le plus de profit. Ces intermédiaires utilisaient des méthodes non scientifiques et parfois complètement illégales pour juger de la qualité d’un produit afin d'en fixer le prix. La différence de prix entre la bonne qualité et la qualité inférieure était moindre, et il n’y avait aucun encouragement pour que les fermiers investissent et produisent des produits de bonne qualité. Avec eChoupal, les agriculteurs ont le choix et la force exploitante des intermédiaires est neutralisée.

Une plateforme TIC qui facilite le flux d’information et de connaissance, et soutient les transactions en ligne
* transmet l’Information (météo, prix, infos)
* transmet la Connaissance (gestion des exploitations, gestion des risques)
* facilite les ventes des productions de la ferme (dont la qualité est contrôlée) et
* offre le choix d’un canal alternatif pour la commercialisation de la production (pratique, coûts de transaction moindres) au fermier sur le pas de sa porte
* est un réseau entrelacé de partenariats (TIC + services météorologiques + Universités + Vendeurs d’intrants + les Sanyojaks, les courtiers d’autrefois) introduisant les meilleures pratiques en information, connaissance et production.

Ce n’est pas parce qu’eChoupal a une bonne plateforme et un bon buisness model qu’il  va être une garantie de succès en Inde. Pour réussir, les gens doivent comprendre les marchés ruraux.

Les marchés ruraux sont des réseaux à la fois économiques et sociaux, avec un lien fort entre le fonctionnement social et les transactions économiques. Comprendre le fonctionnement est vital avant de conceptualiser les systèmes. Impliquer la population locale autant que possible a permis de rendre l’acceptation du réseau plus probable.

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Guinée: les conséquences d’un massacre

Billet publié par Abdoulaye Bah · Traduit par Pauline Ratze · Voir le billet en anglais

Dans un climat de condamnation internationale du régime militaire guinéen, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé vendredi qu’elle allait mener une enquête officielle [en anglais] sur le massacre dont les manifestants de l’opposition ont été victimes à Conakry, le 28 septembre dernier. Au moins 150 personnes ont été tuées par les soldats et beaucoup d’autres ont été battues ou violées pour s’être rassemblées dans un stade de football afin de protester contre le gouvernement du Capitaine Dadis Camara. Ce dernier a pris le pouvoir en décembre 2008, à la mort de Lansana Conte, président de la Guinée durant près de 25 ans. Depuis, les internautes guinéens continuent à essayer de traiter et évaluer la signification de l’événement.

Dans une publication officielle datée du 1er octobre, L'Union des forces républicaines atteste du caractère prémédité de la violence meurtrière :

Comment peut-on expliquer que les forces de l’ordre aient laissé les gens entrer dans le stade sans aucune résistance, attendre que le stade soit rempli [et] des milliers se disperser tout autour du stade avant de lancer l’assaut …. Cela relève bien de la plus macabre des stratégies militaires.

Le 15 octobre, Kouyaté a envoyé un reportage accompagné de photos au site observers.france24.com, témoignant des atrocités commises par les forces armées (attention, images choquantes).

Deux soldats sont restés à côtés de l’homme qui se vidait de son sang sur le sol. L’un deux avait un couteau. Il s’est approché de l’homme et l’a poignardé trois fois, une dans la poitrine, une dans l’estomac et une dans le dos. Une voiture appartenant à la garde présidentielle est ensuite venue les chercher.

Des journalistes menacés de mort

Suite aux massacres, beaucoup de journalistes guinéens ont été victimes de harcèlement et d’intimidation, certains ont reçu des menaces de mort. Guineenews.org, blog populaire lancé par un Guinéen établi au Canada, décrit la situation des journalistes:

… les journalistes de Guineenews et d’autres organes de presse de Guinée continuent de recevoir des menaces de la part des autorités militaires. Leur crime réside dans le fait qu’ils rapportent les événements minute par minute.

Il cite plusieurs exemples récents.

Hamidou Sow, un de leurs correspondants à Conakry, décrit les événements qui ont suivi sa participation à un forum organisé par une station de radio locale:

Après l’émission, je n’ai cessé de recevoir des coups de fil anonymes me menaçant de mort : «vous êtes des apatrides parce qu’au lieu de soutenir le CNND, vous soutenez les opposants… Vous êtes contre Dadis, mais toi tu vas partir avant lui, toi le traître. On vous a dit que c’est lui ou la mort.»

Il raconte qu’après la conférence de presse organisée conjointement par Blaise Compaoré, l’Union africaine et un modérateur de la CEDEAO, un soldat a menacé de le tuer s’il croisait sa route.

Puis, il a été menacé une troisième fois, après avoir écrit l’article « En Guinée la vie des journalistes est en danger depuis le 28 Septembre » pour le site web de Guineenews :

…C’est vous qui salissez l’image de la Guinée. Vous voulez saper les actions du CNDD ? On ne vous laissera pas faire. Sache que je te tiens à l’œil.

Le site de Guineenews publie les noms de journalistes de différents médias qui ont été battus après avoir été délestés de leur matériel de travail, leur véhicule, leur téléphone portable et leur argent :

Selon plusieurs sources concordantes, la junte aurait établi une liste de journalistes et de personnalités politiques à abattre.

Le viol, une arme de guerre

Dans les semaines qui ont suivi le massacre, il est apparu que des dizaines de femmes avaient été battues et violées. Kouyaté publie la photo d’une femme violée par des soldats (attention, image choquante). Sur Guineepresse.info :

Tu as aidé ce malade frustré, qui a déclaré avoir été mis au monde par une femme de plus de 60 ans, à devenir plus fou et ivre de pouvoir. voici comment tes filles, tes femmes, tes sœurs, tes mamans et tantes ont été violées, souillées et tuées en pleine journée et en public par cette bande.

Elle a eu beaucoup de chance : celle d’être « simplement » violée !

Il s'agit là des preuves qui enfonceront Dadis, Pivi, Sékouba, Thieboro, Toumba, Moussa Keita, Korka et leurs nervis et complices (notamment le félon Komara) devant une juridiction internationale.

Dans son billet intitulé Le viol, nouvelle arme de la junte, Thierno de Guineelibre.com écrit:

Des photos prises à l’aide de téléphones portables circulent dans le pays. Terribles, difficiles à démentir, ces images suscitent la colère. Elles montrent que les femmes ont été spécifiquement prises pour cible par les soldats guinéens, qui, il y a deux semaines, ont réprimé une manifestation qui a eu lieu dans un stade de la capitale. Victimes et témoins parlent de viols, de passages à tabac et d’humiliations intentionnelles. « Après ce que j’ai vu, je ne peux plus dormir la nuit » reconnaît une femme d’âge moyen issue d’une famille aisée. Elle raconte qu’elle a été frappée et violentée. « J’ai peur, j’ai vu beaucoup de femmes violées et beaucoup d’autres tuées. »

Dans le monde entier des manifestations contre les massacres appellent à la démission des ministres civils

Les Guinéens vivant à l’étranger ont organisé des manifestations aux quatre coins du monde, notamment dans les principales capitales, y compris Paris, Berlin, Londres, Bruxelles, New York, Ottawa et Montréal. Elles ont été filmées et les vidéos sont disponibles sur Facebook.

Après ces sanglants événements, la diaspora guinéenne fait pression sur les ministres civils pour qu’ils présentent leur démission du gouvernement. Ces derniers sont des personnes ayant reçue une excellente éducation, ils possèdent de nombreuses années d’expérience dans un environnement démocratique et certains sont membres actifs de l’Association des victimes du Camp Boiro. En restant dans le gouvernement, ils cautionnent les atrocités commises. À ce jour, seuls trois ministres civils et fonctionnaires de haut niveau ont démissionné.

Abdoulaye Condé, conseiller en communication et en Technologies de l’information et de la communication du Bureau du Président, a été parmi les premiers rendre son tablier. Dans sa lettre de démission, adressée au Capitaine Camara et publiée par la radio en ligne Radio-Kankan le 16 octobre, il écrit:

En acceptant ma nomination, j’étais particulièrement heureux de contribuer à vos côtés à la réalisation de certaines valeurs explicitement contenues dans l’acte de prise du pouvoir par le CNDD et souvent réitérées dans vos discours : l’instauration d’un Etat de droit, la promotion et la défense de la démocratie, des libertés et des droits humains, la culture de la bonne gouvernance, la fin de l’impunité, la lutte contre la corruption, l’organisation d’élections transparentes et crédibles…

Hélas, les derniers événements du 28 septembre 2009 constituent, à mon humble avis, au nom du patriotisme, de l’honnêteté et de la sincérité toujours prônées dans vos déclarations, une autre raison de me démettre d’une fonction dont les apparences exposent son occupant aux fâcheuses conséquences des dégâts provoqués par l’improvisation, l’amateurisme et la fuite en avant.

Les Guinées avaient de grandes attentes après le coup d’état non sanglant qui a amené M. Camara et le CNDD au pouvoir. Contrairement à ses prédécesseurs, Camara a fait des études en Europe où il a pris connaissance de ce que signifiaient à l'étranger démocratie et  respect des droits humains. Il a été accueilli avec enthousiasme dans tout le pays. Ses promesses de changements ont convaincu beaucoup de monde qu’après deux dictateurs, les conditions de vie allaient s’améliorer et, en particulier, qu’il mettrait fin ou du moins réduirait la corruption. Même s’il était sincère dans sa volonté de lutter contre la corruption et le trafic de drogue, la main de fer avec laquelle il gouverne prouve ses faiblesses et son incapacité à diriger le pays.

Billet rédigé avec la contribution de Jennifer Brea

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Russie : Héritage soviétique et noms de rues

Billet publié par Veronica Khokhlova · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

C'est évidemment caricatural, mais, en septembre et au début d'octobre, on avait l'impression que les blogueurs russes jusqu'au dernier croyaient devoir écrire quelque chose sur le changement de nom du restaurant de shish kebab Anti-Soviet à Moscou, sur l'article de protestation du journaliste dissident Alexander Podrabinek (texte en russe, la traduction en anglais de Kerkko Paananen est en ligne sur A Step At A Time) et les actions de contre-manifestation du mouvement de jeunesse Nachi (en anglais).

Sur la blogosphère anglophone, Sean Guillory du Sean's Russia Blog a pris le temps de résumer cette pénible affaire :

[…] Une longue histoire en quelques mots : après des travaux de rénovation qui ont duré tout l'été, le propriétaire du restaurant de kebab sur Leningradskii prospekt a décidé d'appeler son local “Anti-Soviet” pour se moquer de l'Hôtel Soviet en face. Ce nom allait bien avec la décoration du restaurant sur le thème de la dissidence, avec des photos de personnages “anti-soviétiques” du passé. […] Les vétérans en revanche, n'ont pas trouvé cela drôle et se sont plaints à l'administration locale de district, exigeant que le nom du restaurant soit changé. Le mot “anti-” dans Anti-Soviet Kebab House, disaient-ils, les blessait et dénigrait leur sacrifice pour sauver la Russie du nazisme. Quelques jours après, l'“inspecteur militant de l'environnement” du district, Oleg Mitvol, s'est rendu au Anti-Soviet Kebab House pour ordonner que soit enlevé le mot “anti-”  Les gérants se sont exécutés à contre-coeur. […]

[…]

Entrée en scène d'Alexander Podrabinek, le célèbre dissident de l'époque soviétique, devenu ennemi de Poutine. Lassé de la “restauration du passé soviétique,” Podrabinek s'est fendu d'une diatribe, la “Lettre aux vétérans soviétiques,” dans laquelle il a traité le changement de nom de “véritable honte” et a fustigé les plaignants comme “idiots, vils et stupides.” Il a poursuivi en les accusant d'avoir été “ceux qui servaient de gardes-chiourme dans les camps de travail et les prisons, de commissaires politiques dans les unités anti-retraite, et de fusilleurs dans les pelotons d'exécution.” Pour Podrabinek, ce sont lui et les autres qui défiaient le régime soviétique les vrais héros du pays. La lettre a été publiée sur le blog de Podrabinek et sur le site web du canard libéral Ejednevnyi journal.

[…]

Entrée en scène des Nachi. Les Nachi sont réduits l'oisiveté depuis l'élection de Dmitri Medvedev. La “révolution de couleur” vaincue, bon nombre de ses groupuscules liquidés, et guère de motifs pour des manifestations de rue massives, alors les gamins de Nachi ne savent pas comment s'occuper. […]

[…] A peine la diatribe de Podrabinek avait-elle atteint runet que Nachi se mettait à mobiliser sa machinerie d'indignation. Des membres ont commencé à poster des factionnaires devant l'appartement de Podrabinek, rendaient public sur Internet son numéro de téléphone et son adresse, et juraient de lui faire quitter le pays. Selon le GenSek de Nachi, Nikita Borovikov, tous ces agissements sont “de nature des plus démocratiques.”

Craignant pour sa vie, Podrabinek est entré dans la clandestinité. Pas à cause de Nachi, dont il considère les actes comme une “campagne de propagande” et une “parodie d'indignation publique” (ce qui est exact), mais à cause d'une “information de sources sérieuses” que des “gens sérieux” veulent s'occuper de lui. “S'occuper de” au sens d'une balle dans la tête.

Le tollé s'est amplifié. Ejednevnyi journal a lancé une pétition en ligne de soutien à Podrabinek, forte à présent de 3000 signatures, un who’s who virtuel de l'intelligentsia libérale russe. Pour ne pas être en reste, Nashi revendique plus de 5000 signatures contre Podrabinek. […]

Le 8 octobre, l'utilisateur LJ mrfilin a écrit un billet (en russe) sur la manière dont le douteux héritage soviétique a survécu dans les noms des rues de sa ville natale de Toula, faisant allusion au scandale du restaurant de shish kebab qui a déclenché une telle avalanche de réactions sur la toile et en-dehors :

Pourquoi n'y a-t-il pas à Berlin d'artère centrale au nom d'Adolf Hitler in Berlin, ou de place des [SS], d'avenue [Paulus], ou, au moins, d'impasse [Goebbels] ? Peut-être, parce que ce n'est pas convenable pour un bürger de marcher dans une rue portant le nom d'assassins du peuple, de bandits sans pitié, qui ne s'intéressaient qu'au pouvoir et dont l'occupation favorite étaient la lutte sanguinaire pour s'en emparer. Un restaurant de shish kebab anti-fasciste ne subirait pas les persécutions des autorités.

En Russie, par ailleurs, les gens ont toujours eu de la tendresse pour les tyrans et les sadiques. Un sentiment d'identité personnel d'une pauvre femme torturée par son ivrogne despotique de mari s'est transformé en conscience de masse : s'il me bat, ça veut dire qu'il m'aime. Et lorsque cet alcoolique s'étouffe à mort dans ses immondices, sa veuve va conserver soigneusement tout les souvenirs qui lui restent de lui, en accrochant ses photos dans tout l'appartement. Celles où il porte son unique costume et où il est pour une fois lui-même.

De la même façon, dans chaque coin perdu il y aura toujours une rue Lénine, une avenue de l'Armée rouge ou une rue [Dzerjinski]. Et dans les villes plus grandes, il y en aura une poignée. Mais si à Moscou vous avez peut-être la chance de pouvoir vous installer dans une rue qui porte le nom d'une personne honnête, en province les noms des rues ne portent rien d'autre que l'héritage communiste. Voici, par exemple, les rues que je connais à Toula :

1. […] Ma grand'mère habite une rue qui porte le nom, inconnu pour moi, des Frères Jabrov. Je n'ai pas réussi à savoir qui ils étaient, mais la rue perpendiculaire à la leur est dénommée d'après un terroriste raté sans foi ni loi [Khaltourine], qui [est responsable de la mort] de 11 héros de la guerre russo-turque.

2. Ma grand'mère N°2, avec mon grand'père, habitent une avenue qui porte le nom de l'armée qui a tué le plus d'honnêtes citoyens russes au monde, hormis l'armée allemande nazie.

3. Non loin de là se trouve un hôpital appelé d'après l'indicateur [Semachko] et le général [Frounze], responsable de la mort de dizaines de milliers de soldats de l'Armée Rouge pendant les combats contre les restes des [Armées blanches]. Frounze utilisait ses hommes comme chair à canon, et était impitoyable pour les Blancs aussi, évidemment. Ses troupes se plaisaient à violer les femmes russes, tandis que le général quant à lui préférait assister à des premières théâtrales à Moscou. Mais seulement, allez savoir pourquoi, non pas pour des âneries pro-soviétiques, mais pour le demi-légal [Meyerhold].

4. Mes parents ont un peu plus de chance – ils habitent rue [Perekop]  - le coin de la [Crimée] où se sont battus ce même Frounze et [Dénikine].

5. Et caetera.

Et vous, de qui votre rue porte-t-elle le nom ?

Ci-dessous, quelques commentaires sur ce billet :

gogol1:

Ma rue porte le nom du peintre [Vasnetsov].

mrfilin:

vous avez de la chance

***

tanis_konig:

Il y a sans doute des rues [Gorki] dans chaque ville sauf à Default City [Moscou]. Et pareil pour notre ville – ‘[Kaliningrad]' – elle est un peu trop [appelée d'après Mikhail Kalinine]. Bien que le nom allemand ‘[Königsberg]' ne soit pas terrible non plus.

***

cakcon:

rue Syromolotov – d'après un bolchevik local :( ( [à Iekaterinbourg]

***

amidala_rainy:

J'ai de la chance de ce côté – je n'ai rien contre Tourgeniev, dont ma rue porte le nom :)

Mais il y a un quartier dans notre ville [Simferopol, Crimée, en Ukraine] où les rues suivantes se croisent : Communiste, Bolchevik, Prolétaire, Lénine, allée [Sovnarkom], [Rosa Luxemburg], Karl Marx, [Kirov] et [Karl Liebknecht]. Tout sur juste un kilomètre carré (

***

ka_lan:

Pour moi ça va. A [Krasnoïarsk], c'était rue [Tchaïkovski], ici [à Moscou] (temporairement) -avenue [Lomonossov].

De la famille qui habite des rues portant des noms d'activistes soviétiques, je ne me rappelle que mes grands-parents – rue Vodopïanov à Krasnoïarsk. Mais je ne sais pas quoi dire de mal de lui.

En général, ma ville natale a plutôt de la chance dans ce domaine – tout le sovok se limite au pack standard “Lénine-Paix-Marx” (trois grandes rues du centre). Les mauvais toponymes ne tiennent pas ici, voilà tout.

***

steelberry:

Coppistrasse. Hans et Hilde Coppi étaient des combattants contre la propagande anti-soviétique nazie, qui ont été assassinés par les fascistes. Un ami habite Karl-Marx-Allee )))

mrfilin:

A Berlin ?

steelberry:

jawohl !

***

josefreicher:

J'habite rue du Lac, à Otchakov. C'était le village d'Otchakov aux environs de Moscou, avec beaucoup de lacs et de marécages, sur lesquels on construisait des maisons pour ceux qui avaient été exilés de Moscou après avoir purgé leurs peines pour meurtre et viol. Maintenant c'est un quartier résidentiel de la capitale avec un pool génétique de fer très costaud =)

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