[vidéo] Qualification de la France contre l’Irlande pour la coupe du monde 2010, grâce à la main de Thierry Henry !

Qualification de la France contre l’Irlande pour la coupe du monde 2010, grâce à la main de Thierry Henry !Hier soir a eu lieu le match retour qui opposait la France à l’Irlande pour le match de qualification de [...]

 

 


Article original écrit par Brad et publié sur Buzz And People, le 2009-11-19 08:46:52 | Lien direct vers cet article | © BuzzAndPeople.com – 2008

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Secret Story 3 : Kévin dans un concours de mannequins

Kévin a changé sa raquette d’épaule : le candidat de Secret Story 3 va représenter la France au concours Best Model of the World. Entretien.
Source Voici

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Lindsay Lohan dans un plan à 3 pour Muse Magazine

Lindsay Lohan s’est faite shooter pour Muse Magazine offrant un mélange de porno/glam dans un pseudo plan à 3. 
Source Da People

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Tunisie : Un étudiant emprisonné pour des interviews à la radio

Billet publié par Lina Ben Mhenni · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

L'étudiant tunisien Mohamed Soudani, 24 ans, a disparu le 22 octobre 2009 en Tunisie après avoir donné des entretiens à Radio Monte Carlo International et Radio France International.

Mohamed Soudani a été introuvable pendant 18 jours jusqu'à ce que la police tunisienne contacte sa famille et l'informe de sa détention dans la prison de Murnaguiya à 15 km environ de la capitale Tunis.

Selon certaines sources, la police a également informé la famille de Mohamed Soudani qu'il était passé en jugement et avait été accusé d'“inconduite notoire” pendant sa détention en l'absence d'avocat, et avait été condamné à quatre mois de prison. La famille a aussi appris qu'il avait depuis fait appel de sa condamnation.

Pendant sa comparution devant le tribunal le 6 décembre, Mohamed Soudani a nié les accusations portées contre lui et a affirmé qu'il avait été brutalement torturé au cours de sa détention extra-judiciaire. Ses avocats ont demandé un renvoi pour examiner l'affaire et sa libération sous caution. La remise en liberté a été refusée tandis que le procès était ajourné au 14 décembre 2009.

Mohamed Soudani était interviewé sur ses activités passées de responsable étudiant à l'Union Générale des Etudiants de Tunisie. Il avait participé l'an dernier à une grève de la faim de 56 jours avec quatre autres étudiants réclamant leur droit de reprendre leurs cours. Ils ont aussi blogué quotidiennement sur le vécu de leur grève de la faim sur un blog qui avait été censuré en Tunisie [en anglais].

Un groupe Facebook et un blog ont été créés pour soutenir Mohamed Soudani dans les épreuves qu'il traverse.

Source

Le futur des NTIC pour le développement : Maintenant, c’est bientôt ?

Billet publié par John Liebhardt · Traduit par Ivan Logvenoff · Voir le billet en anglais

Nos deux précédents billets [en français] s’intéressaient surtout à quoi pourraient ressembler les TIC au service du développement dans le futur. Ce billet donne le ton de la situation actuelle. Nous aborderons quelques problèmes récurrents en matière de technologies de communication et de l'information avant de présenter quelques projets TIC.

Ces projets n’ont pas été choisis selon une quelconque méthode scientifique, pas plus qu’il ne font consensus sur l’état possible des TIC dans les prochaines années. Ce sont juste des projets qui ont attiré l'attention de l'auteur de ce billet. Parce qu'ils tirent profit de la technologie dans les zones rurales, commençons par envisager la manière dont les points d’accès Internet publics pourraient se développer dans les prochaines années

Broadband? par wseltzer sur Flickr.

Broadband? par wseltzer sur Flickr.

Dans son blog ICTlogy, Ismael Peña-López se demande [en anglais] si les points d’accès publics à Internet, comme les télécentres et les cybercafés évolueront  en e-centres de seconde génération, “où les communautés se rassembleront et bénéficieront de nombreuses ressources partagées, comme PC et accès Internet, entres autres? Ou bien disparaitront-ils purement et simplement ? »

Il poursuit:

Alors que les bibliothèques ont fourni plus que des livres, mais aussi des endroits pour apprendre à lire et où trouver des âmes soeurs, je suppose que les points d’accès public à Internet disparaîtront en tant que tels, et qu’ils seront soit intégrés à d’autres structures existantes (les bibliothèques elles-mêmes, ou les centres civiques pour n’en nommer que quelques uns), ou bien les télécentres et les cybercafés évolueront vers le stade suivant, où les facteurs pédagogique ou communautaire prendront plus d’importance. Nous voyons de fait plein d’exemples de ce phénomène, et ce n’est qu’une question de temps avant que les priorités et les perspectives ne soient mis sens dessus dessous : au lieu d’aller accéder à Internet, et d’y rencontrer des gens, les gens iront dans ces lieux, rencontreront des gens et utiliseront Internet comme une manière améliorée de socialiser. A son tour, ceci devrait être accompagné par la fin de cette fausse dichotomie entre le citoyen et l'internaute, comme si le web avait une vie et une citoyenneté qui lui seraient propres. Mais l’avenir nous le dira.

Shilpa Sayura

Shilpa Sayura, qui veut dire “mer de savoir”, est un système digital interactif d’auto-apprentissage basé au Sri Lanka. Le cursus Shilpa Sayura a débuté avec huit matières équivalentes au cursus éducatif national  pour que les étudiants des zones éloignées et rurales puissent préparer les examens nationaux en cingalais, la langue locale prédominante. Le projet a ajouté trois autres matières, y compris des cours en tamoul et en anglais.

Le logiciel open source de Shilpa Sayura a été offert à des instituts éducatifs à but non lucratif ainsi qu’aux Nansalas ruraux, une chaîne de télécentres développés par l'administration.  Ces télécentres au Sri Lanka remplissent plusieurs rôles [en anglais, comme tous les blogs cités] : ils fournissent une connection à Internet, mais offrent également le fax, ainsi que des services de photocopie et d’impression. Il  gagnent de l’argent grâce aux appels téléphoniques, aux VOIP, et fournissent un service de paiement de factures. Ce sont également des endroits, espère le gouvernement, où d’autres projets TIC fleuriront.

Harsha Liyanage, originaire du Sri Lanka, publie sur son blog Sustainability First: In search of sustainable telecentres. Il relève quelques problèmes que Shilpa Sayura tente de surmonter.

L’absence de professeurs compétents et d’infrastructures adaptées handicape les étudiants ruraux chez 80% de la population du Sri Lanka. Mais près de 500 télécentres des périphéries rurales ouvrent de nouvelles opportunités. Shilpa Sayura permet aux étudiants d’interagir avec les TIC et d’étudier grâce à la technologie numérique 8 matières dans les télécentres et de développer leur savoir pour préparer les examens nationaux.

En Mars 2008, Liyanage a expliqué que le Shilpa Sayura souffrait de difficultés croissantes.

Fier de la réussite d’un projet pilote réellement convaincant, le projet se débat pour augmenter d’échelle.  Chaque opérateur de télécentre dans chacun des plus de 500 télécentres du Sri Lanka a besoin d’avoir Shilpa Sayura installé dans son télécentre. Mais le blog e-Fusion reconnaît que ce n’est pas faisable dans l’état actuel des choses.
• Des améliorations technologiques sont nécessaires pour assurer un fonctionnement souple  et sans problèmes
• Une formation aux compétences techniques est également nécessaire.
• La capacité des centres d’assistance à recevoir les  requêtes qui augmentent en flèche doit être améliorée
Tous ces besoins signifient un investissement de capitaux. Ils admettent qu’il n’est pas raisonnable d’imposer au gouvernement de les soutenir encore plus. Par conséquent le CSR courtise la bonne volonté de ses partenaires privés. En attendant, ils tracent les plans d’un business model approprié.

Le blog Technology and Cultural Festival in Kandiyapitawew [en anglais] du Sri Lanka, explique les bienfaits pédagogiques du projet :

Nous croyons que Shilpa Sayura pourrait contribuer à résoudre le problème du manque de professeurs, spécialement dans les zones rurales éloignées qui demeurent l’échec du système éducatif de notre pays.

Le coffret d’apprentissage virtuel ‘Shilpa Sayura’ couvre 8 matières, de la sixième (grade 6) au brevet (O-level). Les moyens interactifs simples d’auto-apprentissage de Shilpa Saruya s’adressent aux étudiants des communautés éloignées sans accès aux ressources éducatives urbaines. Toujours au stade pilote, Shilpa Saruya est désormais en fonctionnement dans 20 ‘Nenasalas’, ou télécentres localisés dans des villages reculés et promeut le concept d’auto-apprentissage parmi les étudiants de ces communautés éloignées. La prochaine étape sera la transformation de Shilpa Saruya en un projet national pour renforcer l’éducation rurale et jeter un pont sur le fossé entre les étudiants ruraux et urbains.

M-Pesa

Le projet suivant se déroule au Kenya, où le blog Global Warming soutient que le téléphone portable est en train de révolutionner la société.

Il y a actuellement plus de 17 millions d’abonnés [au téléphone portable] et le fait qu’il facilite actuellement les transfert d’argent suffit à tout expliquer. Il y a deux choses qui font tout marcher : l’une est la communication, la seconde est la facilité de transférer du liquide. Après cela, vous pouvez être sûrs de pouvoir faire des affaires partout.

M-Pesa a commencé en 2007, comme un moyen de réaliser des transactions bancaires simples grâce au téléphone portable. Les entreprises de télécom à l’origine du projet ne facturaient pas de frais d’inscription, pas plus qu’elles n’exigeaient des clients d’avoir un compte bancaire, souvent un grand obstacle au Kenya car peu de gens font affaires avec les banques traditionnelles. Une fois enregistrés, les clients peuvent utiliser l’application M-PESA pour payer les factures, acheter plus de crédit téléphonique, transférer de l’argent au Kenya grâce à leurs téléphones activés. M-PESA permet maintenant aux clients de réserver des billets d’avion. Safaricom, la compagnie responsable d’M-PESA amorce un projet pilote pour permettre à ses clients de payer leur facture d’eau.

Agent M-Pesa à Bunda par emilsjoblom sur Flickr

Agent M-Pesa à Bunda par emilsjoblom sur Flickr

En juillet 2009, M-PESA comptait plus de 7 millions d’abonnés qui recevaient ou envoyaient de l’argent à travers un réseau de plus de 1400 agents bancaires, ce qui en faisait la plus grande banque du pays. Ces clients transfèrent plus de 2,5 millions de dollars chaque mois.

Il y a à peine quelques semaines, M-PESA s’est internationalisé, s’installant au Royaume-Uni, en autorisant ses clients à envoyer de l’argent à des numéros de téléphone au Kenya grâce à une interface web. Les coûts de transaction sont aussi faibles que 8$ pour envoyer 150£. Une étude datée de 2005 a montré que les entreprises traditionnelles de virement d’argent facturaient des frais de 2,5% à 40% pour  n’importe quel transfert de moins de 100£.

David Zarraga, du blog Mobil Behavior fait un bon résumé de la manière dont fonctionne M-PESA.

Les clients enregistrés peuvent déposer des devises fortes chez n’importe quel agent M-PESA, en échange d’argent virtuel, qui est téléchargé sur le compte M-PESA du client. Pour 0,38$, le client peut alors transférer cet argent sur le compte d’un autre client inscrit via sms. Une fois que le destinataire reçoit l'e-mail de confirmation, la devise forte peut alors être retirée chez l’agent M-PESA le plus proche, clôturant ainsi le processus de transfert d’argent.

Comment le système M-PESA peut profiter au Kenyan moyen ? Olga Morawczynski, une candidate à l’école doctorale de l’université d’Edimbourg, qui a pris la parole au congrès mondial GSM à Barcelone en février dernier, a fait partager l’histoire de Martin, un cordonnier de Kibera, un quartier informel en dehors de Nairobi. Martin gagne environ 20$/jour, grâce à son commerce, et envoie un quart de son salaire à sa femme et à sa mère qui vivent dans l’Ouest du Kenya, à plus de 150 km. M-PESA fait gagner du temps à Martin, lui permettant de travailler à son commerce au lieu de devoir voyager loin de l’endroit où il travaille pour trouver une banque. Le service lui permet également de réaliser des transferts fréquents(5 fois/mois), lui permettant d’envoyer les revenus d’une semaine quand sa famille en a le plus besoin.

Le blog Bankelele: Nairobi Banker liste les avantages et inconvénients de réaliser des transactions avec M-PESA.

Avantages à l’utilisation d’M-PESA
- des transactions 24h/24. Plus de portée et d’accès que n’importe quelle banque ou réseau de distributeurs automatiques
- les transferts d’argent grâce au téléphone mobile avec cet opérateur ont tendance a être moins cher que les services bancaires via téléphone fourni par les banques
- Economies de coûts de transport et de transaction bancaire
- Possibilités de payer un grand nombre de factures à un bas prix

Difficultés posées par M-PESA
- manque de fond de roulement chez les agents pour pallier aux temps d’arrêt occasionnels du système M-PESA Lack
- Pas d’historique de crédit, et les avis chers et maladroits de Safaricom ne sont pas encore utiles
- Nécessite une grande discipline pour constituer une épargne
- Les fonds ne sont pas assurés, et sujets au crime. Et résoudre un vol de portable au Kenya n’est pas une expérience plaisante.

eChoupal
Indian Tobacco Company, un des plus grands exportateurs indiens a créé eChoupal, une série de centres d’information ruraux où les agriculteurs peuvent communiquer directement avec d'autres agriculteurs, différents marchés ainsi que des experts grâce à internet. Ces kiosques internet de village ont été avant tout installés pour que les agriculteurs puissent apprendre, dans les dialectes locaux, les plus récentes informations concernant les prix nationaux et internationaux du soja, du blé, du tabac, et des crevettes. Mais la plateforme s’est métamorphosée en apportant d’autres informations importantes comme les conditions météo et les dernières pratiques scientifiques. En 2006, eChoupas comptait 3,5 millions d’agriculteurs qui utilisaient 5200 kiosques internet dans plus de 30 000 villages.

Harvesting Wheat #1 par Meanest Indian sur Flickr

La récolte du blé N°1 par Meanest Indian sur Flickr

Les paysans payent à un coordinateur local une faible somme pour pouvoir utiliser le kiosque, qui peut également être utilisé pour commander les graines, les fertilisants, et d’autres produits.

Le blog NeoProducts Kiosks, du Royaume Uni, fait valoir qu’une part du succès d’eChoupal vient du fait qu’il laisse de côté les acheteurs traditionnels.

e-Choupal a été créé par ITC Limited pour permettre aux paysans en Inde d’acheter et de vendre des produits agricoles comme les graines de soja, le blé et le café. Il le fait en leur permettant de négocier directement la vente de leurs produits via un réseau de PC et de kiosques dans 6500 centres répartis sur 100 districts de 10 états. Auparavant les agriculteurs devaient utiliser de nombreux intermédiaires parfois corrompus.

Quelle idée géniale et quelle utilisation formidablee des kiosques! Permettre un accès public partagé à la technologie interactive est l’essence même des kiosques. Et ce n’est que le début.

Chirag Jethmalani est un étudiant en gestion de Bombay qui blogue à propos des entreprises indiennes sur Squamble. Il fournit ici sa position sur eChoupal.

e Choupal a été conçu pour résoudre les défis posés par les aspects uniques de l’agriculture indienne, caractérisée par des exploitations fragmentées, une infrastructure faible et l’intervention de nombreux intermédiaires…

Traditionnellement ces services étaient fournis par les “mandis” (principaux centres de commercialisation agricole dans les zones rurales d’Inde) , où c'étaient les intermédiaires qui tiraient le plus de profit. Ces intermédiaires utilisaient des méthodes non scientifiques et parfois complètement illégales pour juger de la qualité d’un produit afin d'en fixer le prix. La différence de prix entre la bonne qualité et la qualité inférieure était moindre, et il n’y avait aucun encouragement pour que les fermiers investissent et produisent des produits de bonne qualité. Avec eChoupal, les agriculteurs ont le choix et la force exploitante des intermédiaires est neutralisée.

Une plateforme TIC qui facilite le flux d’information et de connaissance, et soutient les transactions en ligne
* transmet l’Information (météo, prix, infos)
* transmet la Connaissance (gestion des exploitations, gestion des risques)
* facilite les ventes des productions de la ferme (dont la qualité est contrôlée) et
* offre le choix d’un canal alternatif pour la commercialisation de la production (pratique, coûts de transaction moindres) au fermier sur le pas de sa porte
* est un réseau entrelacé de partenariats (TIC + services météorologiques + Universités + Vendeurs d’intrants + les Sanyojaks, les courtiers d’autrefois) introduisant les meilleures pratiques en information, connaissance et production.

Ce n’est pas parce qu’eChoupal a une bonne plateforme et un bon buisness model qu’il  va être une garantie de succès en Inde. Pour réussir, les gens doivent comprendre les marchés ruraux.

Les marchés ruraux sont des réseaux à la fois économiques et sociaux, avec un lien fort entre le fonctionnement social et les transactions économiques. Comprendre le fonctionnement est vital avant de conceptualiser les systèmes. Impliquer la population locale autant que possible a permis de rendre l’acceptation du réseau plus probable.

Source

Concert de U2 Tour 2010

Les membres de U2 ont annoncé qu’ils y aurait de nouvelles dates de concert en Europe pour cloturer le U2 360° Tour.Le groupe rock irlandais U2 sera au stade de France le 18 septembre 2010, le 22 septembre 2010 sur la scène du stade Roi Baudouin à Bruxelles. La vente de tickets pour ce concert démarre le vendredi 16 octobre 2009 pour le stade de France et le samedi 17 octobre 2009 pour le concert de Bruxelles.Bono et ses acolytes joueront également en Allemagne, en Grèce, en Finlande, au Danemark, au Portugal, en Espagne et en Russie.Plus d’infos sur le site officiel de U2 
Source Da People

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Guinée: les conséquences d’un massacre

Billet publié par Abdoulaye Bah · Traduit par Pauline Ratze · Voir le billet en anglais

Dans un climat de condamnation internationale du régime militaire guinéen, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a annoncé vendredi qu’elle allait mener une enquête officielle [en anglais] sur le massacre dont les manifestants de l’opposition ont été victimes à Conakry, le 28 septembre dernier. Au moins 150 personnes ont été tuées par les soldats et beaucoup d’autres ont été battues ou violées pour s’être rassemblées dans un stade de football afin de protester contre le gouvernement du Capitaine Dadis Camara. Ce dernier a pris le pouvoir en décembre 2008, à la mort de Lansana Conte, président de la Guinée durant près de 25 ans. Depuis, les internautes guinéens continuent à essayer de traiter et évaluer la signification de l’événement.

Dans une publication officielle datée du 1er octobre, L'Union des forces républicaines atteste du caractère prémédité de la violence meurtrière :

Comment peut-on expliquer que les forces de l’ordre aient laissé les gens entrer dans le stade sans aucune résistance, attendre que le stade soit rempli [et] des milliers se disperser tout autour du stade avant de lancer l’assaut …. Cela relève bien de la plus macabre des stratégies militaires.

Le 15 octobre, Kouyaté a envoyé un reportage accompagné de photos au site observers.france24.com, témoignant des atrocités commises par les forces armées (attention, images choquantes).

Deux soldats sont restés à côtés de l’homme qui se vidait de son sang sur le sol. L’un deux avait un couteau. Il s’est approché de l’homme et l’a poignardé trois fois, une dans la poitrine, une dans l’estomac et une dans le dos. Une voiture appartenant à la garde présidentielle est ensuite venue les chercher.

Des journalistes menacés de mort

Suite aux massacres, beaucoup de journalistes guinéens ont été victimes de harcèlement et d’intimidation, certains ont reçu des menaces de mort. Guineenews.org, blog populaire lancé par un Guinéen établi au Canada, décrit la situation des journalistes:

… les journalistes de Guineenews et d’autres organes de presse de Guinée continuent de recevoir des menaces de la part des autorités militaires. Leur crime réside dans le fait qu’ils rapportent les événements minute par minute.

Il cite plusieurs exemples récents.

Hamidou Sow, un de leurs correspondants à Conakry, décrit les événements qui ont suivi sa participation à un forum organisé par une station de radio locale:

Après l’émission, je n’ai cessé de recevoir des coups de fil anonymes me menaçant de mort : «vous êtes des apatrides parce qu’au lieu de soutenir le CNND, vous soutenez les opposants… Vous êtes contre Dadis, mais toi tu vas partir avant lui, toi le traître. On vous a dit que c’est lui ou la mort.»

Il raconte qu’après la conférence de presse organisée conjointement par Blaise Compaoré, l’Union africaine et un modérateur de la CEDEAO, un soldat a menacé de le tuer s’il croisait sa route.

Puis, il a été menacé une troisième fois, après avoir écrit l’article « En Guinée la vie des journalistes est en danger depuis le 28 Septembre » pour le site web de Guineenews :

…C’est vous qui salissez l’image de la Guinée. Vous voulez saper les actions du CNDD ? On ne vous laissera pas faire. Sache que je te tiens à l’œil.

Le site de Guineenews publie les noms de journalistes de différents médias qui ont été battus après avoir été délestés de leur matériel de travail, leur véhicule, leur téléphone portable et leur argent :

Selon plusieurs sources concordantes, la junte aurait établi une liste de journalistes et de personnalités politiques à abattre.

Le viol, une arme de guerre

Dans les semaines qui ont suivi le massacre, il est apparu que des dizaines de femmes avaient été battues et violées. Kouyaté publie la photo d’une femme violée par des soldats (attention, image choquante). Sur Guineepresse.info :

Tu as aidé ce malade frustré, qui a déclaré avoir été mis au monde par une femme de plus de 60 ans, à devenir plus fou et ivre de pouvoir. voici comment tes filles, tes femmes, tes sœurs, tes mamans et tantes ont été violées, souillées et tuées en pleine journée et en public par cette bande.

Elle a eu beaucoup de chance : celle d’être « simplement » violée !

Il s'agit là des preuves qui enfonceront Dadis, Pivi, Sékouba, Thieboro, Toumba, Moussa Keita, Korka et leurs nervis et complices (notamment le félon Komara) devant une juridiction internationale.

Dans son billet intitulé Le viol, nouvelle arme de la junte, Thierno de Guineelibre.com écrit:

Des photos prises à l’aide de téléphones portables circulent dans le pays. Terribles, difficiles à démentir, ces images suscitent la colère. Elles montrent que les femmes ont été spécifiquement prises pour cible par les soldats guinéens, qui, il y a deux semaines, ont réprimé une manifestation qui a eu lieu dans un stade de la capitale. Victimes et témoins parlent de viols, de passages à tabac et d’humiliations intentionnelles. « Après ce que j’ai vu, je ne peux plus dormir la nuit » reconnaît une femme d’âge moyen issue d’une famille aisée. Elle raconte qu’elle a été frappée et violentée. « J’ai peur, j’ai vu beaucoup de femmes violées et beaucoup d’autres tuées. »

Dans le monde entier des manifestations contre les massacres appellent à la démission des ministres civils

Les Guinéens vivant à l’étranger ont organisé des manifestations aux quatre coins du monde, notamment dans les principales capitales, y compris Paris, Berlin, Londres, Bruxelles, New York, Ottawa et Montréal. Elles ont été filmées et les vidéos sont disponibles sur Facebook.

Après ces sanglants événements, la diaspora guinéenne fait pression sur les ministres civils pour qu’ils présentent leur démission du gouvernement. Ces derniers sont des personnes ayant reçue une excellente éducation, ils possèdent de nombreuses années d’expérience dans un environnement démocratique et certains sont membres actifs de l’Association des victimes du Camp Boiro. En restant dans le gouvernement, ils cautionnent les atrocités commises. À ce jour, seuls trois ministres civils et fonctionnaires de haut niveau ont démissionné.

Abdoulaye Condé, conseiller en communication et en Technologies de l’information et de la communication du Bureau du Président, a été parmi les premiers rendre son tablier. Dans sa lettre de démission, adressée au Capitaine Camara et publiée par la radio en ligne Radio-Kankan le 16 octobre, il écrit:

En acceptant ma nomination, j’étais particulièrement heureux de contribuer à vos côtés à la réalisation de certaines valeurs explicitement contenues dans l’acte de prise du pouvoir par le CNDD et souvent réitérées dans vos discours : l’instauration d’un Etat de droit, la promotion et la défense de la démocratie, des libertés et des droits humains, la culture de la bonne gouvernance, la fin de l’impunité, la lutte contre la corruption, l’organisation d’élections transparentes et crédibles…

Hélas, les derniers événements du 28 septembre 2009 constituent, à mon humble avis, au nom du patriotisme, de l’honnêteté et de la sincérité toujours prônées dans vos déclarations, une autre raison de me démettre d’une fonction dont les apparences exposent son occupant aux fâcheuses conséquences des dégâts provoqués par l’improvisation, l’amateurisme et la fuite en avant.

Les Guinées avaient de grandes attentes après le coup d’état non sanglant qui a amené M. Camara et le CNDD au pouvoir. Contrairement à ses prédécesseurs, Camara a fait des études en Europe où il a pris connaissance de ce que signifiaient à l'étranger démocratie et  respect des droits humains. Il a été accueilli avec enthousiasme dans tout le pays. Ses promesses de changements ont convaincu beaucoup de monde qu’après deux dictateurs, les conditions de vie allaient s’améliorer et, en particulier, qu’il mettrait fin ou du moins réduirait la corruption. Même s’il était sincère dans sa volonté de lutter contre la corruption et le trafic de drogue, la main de fer avec laquelle il gouverne prouve ses faiblesses et son incapacité à diriger le pays.

Billet rédigé avec la contribution de Jennifer Brea

Source

Des outils en ligne pour surveiller le changement climatique

Billet publié par Lester Bolicenni · Traduit par Audrey Lambert · Voir le billet en anglais

En attendant la conférence sur le changement climatique de Copenhague (COP15) en décembre 2009, voici un échantillon des outils disponibles en ligne pour surveiller le changement climatique. Grâce à ces outils, des gens ordinaires peuvent en savoir davantage sur les effets de ce changement et inciter ceux qui prennent des décisions à trouver des solutions.

Sur le terrain

 L’observation des impacts du changement climatique commence généralement sur le terrain. Le photographe James Balog s’est rendu en Alaska, aux Etats-Unis, pour rntrgistrer l’accélération de la fonte de la calotte glaciaire. On peut voir les résultats saisissants de ses prises de vue sur la vidéo qui suit [en anglais, comme les liens suivants]:

Si vous ne disposez pas d’appareils photos coûteux et de temps libre pour vous rendre en Alaska, vous pouvez lire les expériences que vivent ceux qui sont en première ligne.

Le projet On the Frontline of the Climate Change (En première ligne du changement climatique) répertorie des anecdotes sur les impacts du changement climatique, vécues par les gens eux-mêmes, au sein de communautés indigènes, sur de petites îles et dans d’autres communautés vulnérables. Le forum comporte de nombreuses contributions récentes par courriels provenant principalement d’Asie du Sud et d’Afrique. George Katunguka, l’un de ce ceux qui contribuent au site et travaille comme consultant pour le développement de l’Afrique, écrit depuis l’Ouganda :

L’impact du changement climatique n’a pas suscité beaucoup d’intérêt dans mon pays l’Ouganda mais ces changements et leurs effets se font douloureusement ressentir. En 2025, il est probable que l’Ouganda souffrira de stress hydrique selon les derniers rapports sur les ressources en eau. Les gens meurent de faim comme cela a été récemment le cas dans la région de Teso, dans l’est de l’Ouganda. Les écosystèmes de l’eau subissent des changements tels que le niveau du lac Victoria qui diminue, des saisons imprévisibles, des sols qui perdent en fertilité et la production agricole qui s’amenuise et donc une pauvreté croissante des ménages et ce qui s’ensuit. Que faisons-nous pour détourner cette catastrophe imminente ?

Du cosmos à Google Earth

L’observation sur le terrain peut être corroborée par l’observation depuis le ciel. L’espace est le poste d’observation depuis lequel on regarde et on analyse la terre toute entière. Il est difficile d’obtenir une place dans un vaisseau spatial mais heureusement, il est facile de trouver des images satellite en ligne.

Images satellite de la mer d’Aral, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan 1973/2004

Outre les agences spatiales et les sociétés offrant leurs services aux ONG, aux scientifiques et aux gens ordinaires, le programme pour l’environnement des Nations-Unies a créé un atlas en ligne qui répertorie les changements se produisant à divers endroits du globe depuis des décennies. Toutes les images satellite sont visibles sur le globe virtuel de Google Earth, comme l’indique leur blog officiel :

En collaboration avec le gouvernement danois et d’autres, nous lançons une série de films et de visites sur Google Earth pour vous permettre d’explorer les impacts potentiels du changement climatique sur notre planète et les solutions pour le gérer.

De nombreuses autres ressources se trouvent sur les blogs et les sites internet d’organisations internationales. Chers lecteurs, n’hésitez-pas à ajouter vos propres sources dans la section des commentaires.

La science au service des décisionnaires

L’observation est une question centrale pour les décisionnaires. Les gouvernements lancent des enquêtes destinées à comprendre le phénomène et à savoir comment en limiter les impacts.
La Commission européenne et l’Agence spatiale européenne ont mis en œuvre un programme spatial en 1998, le projet Global Monitoring Environmental Security (GMES, en français), pour avoir un aperçu des changements qui se produisent en temps réel grâce à des données diverses. Le projet doit rendre ses conclusions en 2014, avec en annexe, une partie portant sur la sécurité .
Les pays en voie de développement qui sont les plus directement touchés par le changement climatique ont pris des mesures similaires comme l’Inde qui a récemment envoyé des satellites pour étudier le changement climatique. De telles informations peuvent aider les pays à élaborer de nouvelles politiques environnementales et économiques.
En Afrique du Sud, un nouvel outil à visée économique a été créé précisément dans ce but. AllAfrica en rend compte :

L’outil Mapping South African Farming Sector Vulnerability to Climate Change and Variability (cartographie des secteurs agricoles d’Afrique du Sud vulnérables au changement et variations climatiques), un outil d’analyse basé sur une étude, a désormais été développé pour aider ceux qui élaborent les programmes à identifier les communautés les plus vulnérables au changement climatique et les aider à se préparer à des conditions d’exploitation radicalement différentes.

Source

Yémen : Le projet AWAMT de mobilisation des femmes par les blogs et les réseaux sociaux

Billet publié par Rezwan · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

EWAMT 7th workshop participants

Napoléon Bonaparte a dit un jour: “Que la France ait de bonnes mères, et elle aura de bons fils.” C'est vrai pour tous les pays. On peut nourrir l'espoir que le projet, soutenu au Yémen par Rising Voices, ‘Formation des Femmes militantes aux Techniques des Médias (EWAMT)' pourra avoir une telle influence [les liens sont en anglais, sauf mention contraire] . Ghaida'a al-Absi, en collaboration avec l'Initiative Main dans la Main, organise une formation aux nouveaux médias pour femmes politiques, militantes et travailleuses des droits humains au Yémen en vue d'amener plus de voix de femmes sur internet et de leur donner plus de pouvoir. Elle partage une expérience intéressante recueillie lors du septième atelier du projet :

Jeudi 15 octobre 2009 nous tenons un atelier sur les blogs et les réseaux sociaux pour dix militantes. Celles-ci étaient vraiment volubiles et pleines d'énergie. C'est magique, chaque fois que vous formez de nouvelles militantes, vous recevez un peu de leur énergie.

Sadiq al-Samawi introducing Facebook

Sadiq al-Samawi présente Facebook

L'atelier d'une journée, animé par Ghaida'a incluait des conseils, tels que comment bloguer par email, et lors de la séance de l'après-midi, Sadiq al-Samawi a appris aux participantes à se servir de facebook.

Regardons à présent quelques billets de blog publiés par les participantes du 7e atelier.

Safa écrit sur un problème important : la diffusion de la toxicomanie au Yémen.

Smile To Life analyse le développement effrayant du SIDA et des moyens d'accroître la prise de conscience pour prévenir  la maladie.

Dove creativity publie un poème intitulé ‘coeur silencieux‘.

Lafraaaaacp adventure définit l'amour :

L'amour, c'est quand tout ce qui vous intéresse, c'est le bonheur de votre bien-aimé sans penser à vous-même.

 

Et voici des fragments des blogs de quelques participantes des ateliers précédents :

Pearl, qui écrit sur le blog Shells dit comment une femme est forcée à faire quelque chose contre son gré parce qu'elle est vouée à être plus faible dans la société. Elle s'exclame :

“Pourquoi ne comprenez-vouspas que nous avons le droit de choisir.”

Kholoud at Ambitious Project énumère d'autres sortes de viol :

photo avec la permission de Kholoud

photo avec la permission de Kholoud

Il y a les idées violées .. le succès violé.. et même les sentiments violés .. l'usurpation de la terre et d'autres sortes de viols. Le viol le plus atroce, c'est celui de l'innocence .. le viol des enfants. Les enfants violés et dépouillés de tous leurs droits..
Le droit de jouer
d'apprendre
Le droit à une vie dans la dignité et la sécurité …et ils sont enfermés dans une caverne obscure, sur les bas-côtés de la vie
Seulement parce qu'ils n'ont été créés que pour se retrouver dans une vie d'épreuves.

Abeer Aeriqi raconte ce que cela fait d'être trahi par sa soeur. Elle publie aussi une intéressante histoire dont la morale est que “nous souffrons toujours de stupidité émotionnelle sévère, qui nous fait faire des erreurs de jugement.”

Eman partage ses réflexions sur un échec amoureux et se demande s'il faut recommencer encore et encore avant de renoncer à l'amour.

La liste des blogs des participante au projet EWAMT se trouve sur ce site [en arabe].

Source

Quel futur pour les TIC en matière de développement ?

Billet publié par John Liebhardt · Traduit par Abdoulaye Bah · Voir le billet en anglais

Une vieille histoire court sur un pêcheur et son téléphone portable. Quelques fois, ce pêcheur cabote au large du Sénégal, d’autres fois, en Inde. Mais l’histoire  – et sa leçon aussi – reste presque la même. Voici  l'histoire. Avant que le pêcheur n'arrive au port avec sa pirogue pleine de poissons, il utilise son portable pour contacter différents vendeurs au détail de poissons. Le vendeur offrant le meilleur prix, très probablement, devrait conclure l’affaire avec le pêcheur.

 Banglalink cell phone excitement in advertisement, Dhaka, Bangladesh, by Wonderlane (Creative Commons)

Une pub pour l'opérateur Banglalink, à Dhaka, Bangladesh, par Wonderlane sur Flickr (Creative Commons)

Cette leçon a fait le tour du monde comme exemple type de l’importance d’Internet et des technologies de la communication – spécialement des téléphones portables, efficaces et  relativement bon marché – dans l’amélioration des conditions de vie standard dans le monde en développement. Cette technologie simple permet même à ceux qui sont considérés au bas de la pyramide sociale d’améliorer leurs perspectives économiques, en améliorant la qualité de vie de toute leur famille. Si le téléphonie mobile peut aider le pêcheur à diversifier ses relations et à accroitre ses prix de vente, pensez à ce qu’elle pourrait apporter aux travailleurs pauvres du monde entier !

Cette année le nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles à travers le monde atteint 4,6 milliards de personnes.La plus grande partie de cette croissance est due aux pays en développement. Et, avec l’expansion de la téléphonie mobile dans certains pays, il en va de même du développement économique (tout au moins, c’est ce que les opérateurs de téléphonie avancent).

Bien que ces chiffres soient élevés et que le fossé numérique pourrait bien être en train de se résorber, un problème demeure : l’histoire du pêcheur est un peu dépassée. Comme dans d'autres cas, la technologie est allée de l’avant. Pour que les TIC continuent à contribuer de façon positive au développement humain, elles doivent elles aussi se maintenir à niveau.

Dans les deux premiers articles de cette série, j’aimerais explorer comment les TIC pour le développement [ICTs for development ou ICT4D], pourraient changer dans un futur prochain. Ensuite, j'aimerais  identifier quelques projets d'avant-garde, en cours de réalisation dans le monde. Comme d’habitude, si vous avez quelques idées à partager, merci de nous le faire savoir.

Richard Heeks soutient que pour cette nouvelle phase, les TIC doivent adopter changer le regard qu'elles ont sur les pauvres.  Les habitants des pays en développement ne devraient plus être considérés comme des consommateurs passifs. Au contraire, ils devraient être considérés comme des producteurs et des innovateurs actifs.

Sur son blog ICTs for Development, Richard Heeks présente ses nouveaux travaux universitaires, qui résument où selon lui les technologies pour le développement devraient se diriger :

a) Nouveaux équipements prioritaires :  besoin d'innovations pour des terminaux bon marché et à large spectre, les  télécommunications et l'énergie. Nécessité de porter la réussite de la dernière décennie – le téléphone portable – encore plus loin. L'article traite aussi des implications du haut débit, de l'informatique dans le nuage et de l’individualisation des équipements matériels.

b) Nouvelles applications prioritaires : augmentation de la création de contenus en ligne participatifs, et utilisation des TIC pour générer de nouveaux revenus et emplois pour les pauvres dans le monde. L'article traite aussi des implications des FOSS (logiciels libres), et de la diversification des applications pour résoudre les problèmes de la pauvreté urbaine, de la sécurité, de la croissance économique et des changements climatiques.

c) Les nouveaux modèles d’innovation: l’augmentation des besoins pour – et le potentiel de – d'innovations qui aillent au-delà des modèles verticaux, comme les projets de laboratoires. Ce qui inclut aussi des modèles de collaboration (axés sur les pauvres) qui fonctionnent dans les communautés défavorisées. Cela implique qu'une attention plus grande soit portée aux innovations simples (par les pauvres)  générées au sein de ces communautés. L'article traite aussi des nouveaux intermédiaires qui émergent du secteur privé et des ONG.
d) Nouveaux modèles de mise en œuvre : à cause des limites des projets ICT4D 1.0 (de première génération), plus d’attention sera consacrée à la durabilité, à  la variabilité dimensionnelle et à l’évaluation des projets de TIC pour le développement.  Ceci exigera plus de travail que les approches toutes faites, prêtes à l’usage, et de meilleurs techniques pour réduire les délais entre conception et mise en œuvre. L'article traite aussi des nouveaux mécanismes de financement et des nouvelles formes d’organisation, de plus en plus répandus.

e) Nouvelles visions mondiales : des politiques, des stratégies et des projets efficaces des technologies pour le développement exigeront des leaders «tribrids» (par opposition à hybrides). Ils doivent connaître suffisamment trois domaines, informatique, systèmes d’information et études de développement pour en tirer les enseignements fondamentaux, pour échanger avec ou diriger des professionnels de ces domaines. Les programmes de formation et la constitution de groupes de travail doivent refléter cette nécessité.

Yochai Benkler est professeur de droit des entreprises à l’université d'Harvard et codirecteur du Berkman Center for Internet and society, qui a hébergé du 23 au 24 septembre le forum  Communication and Development: The Freedom Connection [Communication et développement : La connexion de la liberté]

Dans une étude rédigée pour le forum, le Professeur Benkler soutient que les prochaines générations des TIC doivent continuer à être flexibles et dynamiques, tout en devenant plus puissantes. Peut-être que les concepteurs s'appuiront sur les applications partagées en réseaux, les logiciels de réseaux sociaux et les outils en ligne d'organisation.

Mais les téléphones mobiles à eux seuls ne pourront pas résoudre le problème.

Les raisons qui ont fait des téléphones portables des embryons de plateformes technologiques  si populaires dans les pays les plus pauvres, étaient qu’ils étaient beaucoup moins chers [que les ordinateurs] et qu' ils étaient basés sur des réseaux qui contiennent tout le savoir dans le réseau, permettant l’accès à un équipement très bon marché. Or, c’est exactement la “stupidité”, ou la simplicité du réseau autour de «l’intelligence », ou la complexité informatique des appareils du début, qui était tellement essentielle pour le développement de l'économie et la société en réseau telles qu'elles sont aujourd'hui.   Les efforts pour rendre disponibles des appareils économiques dans les pays les plus pauvres, qui ne prennent pas en considération le fait que des prix abordables sont atteints au détriment d’un réseau ouvert, neutre, aboutira à un type très différent de plateforme de TIC que celui que nous pensons comme tellement créatif et productif, dans les économies plus riches…

Voici sa recette pour la génération future des TIC pour le développement.

Les équipements doivent avoir des prix suffisamment bas pour être largement répandus comme appareils de base, appartenir à des personnes reliées par un réseau non correlé à des relations pré-existantes de pouvoir.  Les appareils doivent être accompagnés de kits de formation à leur usage et au réseau ouvert, de manière à ce que les difficultés d’utilisation ne continuent pas à détourner les personnes vers des appareils plus simples qui offrent des applications plus prévisibles, plus familières et plus « sûres ». Dans un futur proche, cela pourrait signifier que les programmes soient destinés aux femmes, de la même manière que le furent les programmes de micro-crédits, ou aux jeunes et aux enfants. A plus long terme, cela voudra dire une plus grande attention sur les ordinateurs mobiles et non plus sur des téléphones portables améliorés. Ou bien, en alternative, cela voudra dire que nous aurons besoin de concentrer nos efforts sur des interventions au niveau des réglementations que ceux qu’exigent les téléphones portables, pour que les téléphones mobiles et les réseaux de téléphonie mobile plus ouverts et plus flexibles, bien que ceci soit une charrue plus difficile à manier. Dans tous les cas, cela signifiera des équipements complétés de formation.

Je me demande si quelqu’un imagine un monde où les TIC du monde industrialisé seraient les mêmes que ceux des millions d’utilisateurs dans les pays en développement. En dépit des avancées des TIC au cours des six dernières années, il semble que nous n’ayons pas encore atteint le point où les deux mondes convergent sur les questions technologiques

Li Rivercruise-2, by Akiwitz on Flickr (Creative Commons)

Li Rivercruise-2, par Akiwitz sur Flickr (Creative Commons)

Voici une recherche intéressante de Mme Mira Slavova sur le blog Mobile Market Design for Development. Elle examine un récent article “The Cloud, the Crowd, and Public Policy” [Le nuage, la foule et la politique publique] par M. Michael Nelson, dans lequel il « analyse l’évolution des TIC à partir de la phase 1 ( des appareils individuels ) à la phase 2 : la toile couvrant le monde entier. A la Phase 3 : les nuages [NdT : L'informatique du nuage].”

Alors, qu'en est-il pour le monde en développement ?

Je ne m’attends certainement pas à ce que l’évolution de l’innovation technologique dans les pays en développement suive nécessairement le même chemin que dans le monde industrialisé. Mais je trouve intéressant de prendre en considération les potentialités pour le développement social, économique et technologique…

En le considérant sous cette perspective, je trouve qu’il est correct de dire que les technologies mobiles dans les pays en développement sont probablement à la phase 1 de ces développements. D’autres événements, comme l’utilisation (bien que limitée) du GPRS et du 3G dans les pays en développement et la disponibilité (limitée aussi) de l’accès à l’Internet mobile pourraient porter à croire que les TIC pour le développement aient atteint la phase 2.

L’histoire parallèle de l’évolution technologique utilisée dans les pays en développement s’accélère clairement à une plus grande vitesse que l’évolution et l’adoption des technologies numériques dans les pays industrialisés avancés. Les TIC pour le développement ne sont pas non plus en train de se développer de façon isolée des solutions pour les modèles technologiques et les modèles économiques adoptés pour les pays industrialisés avancés, et vice-versa.

Qu’arrive-t-il si nous séparons les TIC pour le développement des discussions sur les TIC en général ? M. Chris Coward sur son blog Second recess, fait la bonne observation que toutes les technologies conçues pour le monde en développement n'ont pas un impact avec un D majuscule sur le développement .

Un des problèmes avec les “TIC pour le développement” est qu’elles ont une signification différente selon les personnes – la plupart des définitions  tournent autour de l’application des TIC (en premier lieu numérique) à des interventions qui ont un but de développement explicite comme la santé, l’éducation, la transparence dans les actions gouvernementales ou d’autres domaines, de même nature que celles que l’on trouve dans les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement, ntd). Ainsi, il y a une tendance à ignorer les aspects qui ne correspondent pas aux objectifs de développement conventionnels (qualité de vie, jeux, mouvements sociaux, etc.), ou ce qui pourrait être simplement décrit comme n’importe quel usage des TIC dans un contexte du monde en développement…
Pour embrasser une vision plus large, de nombreuses personnes ont adopté le terme “ICTD,” pour  “TIC et développent”, pour mettre l’accent sur le fait qu’il s’agit de l’usage des TIC dans les pays en développement, indépendamment de leur caractère de « développement » . Malgré les bonnes intentions qui se trouvent derrière ça,  je crains que cette nuance ne se perde pour beaucoup de personnes. Je pense donc que cette précaution ne serve pas notre communauté sur le long terme. Et je déteste les acronymes.

Il y a aussi d’autres problèmes, comme la définition du “développement” et y-a-t-il un sens à continuer à catégoriser les pays en développement ou développés (je pense que non) – mais ce sont-là des sujets pour d’autres discussions.

Pour déterminer ce que les TIC pour le développement sont censées faire exactement, essayons de les voir à travers les yeux d’un spécialiste en informatique. Beki70 est l’auteur de Beki’s Blog (le blog de Beki), et a un bon argument pour essayer de démêler les TIC pour le développement et les TIC conçues pour un marché comme celui des États-Unis.
L’objectif des TIC pour le développement est de résoudre des problèmes difficiles de recherche qui, en même temps,  font une différence dans la vie des personnes sous-équipées en TIC. Nous ne mesurons pas le CS par les bienfaits créés pour la classe moyenne américaine, nous les mesurons par la complexité des solutions apportées.

Un grand débat a lieu, dit-elle, dans les sciences de l'informatique sur leurs relations avec les technologies pour le développement.

Quelques participants, c'est à dire ceux qui proviennent des sciences de l'informatique, se battent pour répondre à la question « Où se trouve l’informatique dans les TIC pour le développement ? » Et d’autres de donner une longue liste d’opportunités (pour démontrer de manière empirique  le potentiel dans des domaines d’extension de l’application de l’informatique, tels que une faible connectivité, l’accès aux contenus dans des régions en développement à travers la construction d'architecture de réseaux et des systèmes de mémoires caches, des applications mobiles et d'encombrement SE, la gestion de l'énergie, l'informatique appliquée à la détection de problèmes de santé)….
Les TIC pour le développement me poussent, au moins, à réfléchir à l’impact économique (qui favorise ceux qui créent des start-ups ayant beaucoup de succès, comme ils sont vraisemblablement les seuls qui peuvent tracer une ligne séparant ce qu'ils ont fait et combien de personnes l'ont acheté ou bien utilisé) comme unité de mesure pour les sciences informatiques. De plus, étant donné les difficultés à trouver des unités de mesures appropriées, je ne peux m'empêcher de me demander si l'on ne demande pas aux TIC pour le dévéloppement de placer la charrue avant les bœufs. Ou bien, si nous sommes en train d'apprendre la manière de mesurer les gains en productivité pour l'utilisation des ordinateurs dans les grandes entreprises américaines (qui disposent d'ordinateurs depuis des décennies) n'est-il pas peut-être irréaliste d'appliquer cette façon bien assimilée de mesurer dans des lieux où avoir un ordinateur est déjà un premier défi important ?

Pour essayer de rendre concrète cette discussion, voyons  le rôle que jouent les TIC dans au moins un pays. (Dans mon prochain billet, je prendrai en considération les projets de la prochaine génération des TIC destinés au monde en développement.) Au Sri Lanka, la blogueuse et cyber-activiste Sameera Wijerathna cherche à savoir ce qui se passe lorsque le gouvernement et les opérateurs de téléphonie mobile se trompent sur le rôle du téléphone portable. Au lieu de le considérer comme un outil de développement, ils le commercialisent comme une simple commodité.

Des extraits du blog Information and Communication Technology for Development (Technologie de l'information et de la communication pour le développement).

Une récente publicité à la télévision au Sri Lanka montre une fille qui reçoit un SMS sur son portable. Elle dit :
“Mon petit copain m'envoie des messages aussi, même après avoir passé des heures au téléphone avec lui”
Le message du boy-friend était: “Tu es belle”
Elle a répondu: “Tu es intelligent”
La plupart des opérateurs de téléphonie mobile au Sri Lanka essaient de commercialiser les portables uniquement comme moyens de se divertir et de garder le contact [Keep In Touch (KIT), gardez le contact]. Ils s'adressent surtout aux jeunes dans leurs campagnes publicitaires.
Ce qui a conduit à beaucoup de confusions et mésaventures, tant pour les abonnés que pour les opérateurs de téléphonie mobile. Un sentiment négatif s'est développé dans la population et la plupart des personnes, principalement dans la population au bas de l'échelle sociale, ne croient pas que les téléphones portables aient un impact positif sur leur vie quotidienne ou celle de leurs familles…
Le mauvais positionnement de la téléphonie mobile au Sri Lanka a conduit à des décisions politiques encore pires, comme celle de l'interdiction par le gouvernement des téléphones mobiles dans les écoles
Ainsi est-il urgent que l'on comprenne le potentiel de la téléphonie mobile pour le développement et qu'on la replace à sa vraie place. Il est aussi temps de proposer de plus en plus de services à valeur ajoutée, qui aillent au-delà du simple divertissement.

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