Maroc : Facebook ferme le compte d’un groupe militant pour la laïcité et celui de son fondateur

Billet publié par Jillian York · Traduit par Abdoulaye Bah · Voir le billet en anglais

Depuis quelques années, Facebook a essuyé plusieurs fois des critiques pour son hypocrisie apparente dans la manière dont il définit les groupes Facebook qu'il juge “inopportuns”. Bien que la Déclaration des droits et responsabilités officielle de Facebook interdise toute nudité, incitation à la haine, ou d’utiliser un pseudonyme pour ouvrir un compte, elle est appliquée de manière sélective. A la mi-2009, des dirigeants de Facebook avaient décidé qu'ils n'allaient pas exclure des groupes qui nient l’Holocauste, malgré les demandes des associations juives. Mais quelques mois plus tôt, ils avaient fermé des comptes d'utilisatrices qui avaient publié des photos d'elles mêmes prises pendant qu'elles allaitaient leur bébé.  Il y a plusieurs autres exemples.

La déclaration des droits et responsabilités semble s'appliquer seulement lorsqu'un nombre suffisant d'autres utilisateurs proteste contre l'existence d'un groupe, et lorsqu'il est supprimé, les fondateurs découvrent souvent qu'il leur est impossible de le ré ouvrir. Les utilisateurs dont les comptes personnels ont été supprimés en même temps quelque fois créent un nouveau compte, et s'aperçoivent qu'il a été supprimé quelques temps après.

Un militant marocain, Kacem El Ghazzali, a été récemment victime de ces conditions d'utilisation quand un groupe qu'il avait créé, appelé “Les jeunes pour la séparation entre religion et renseignement” a été supprimé. Kacem El Ghazzali a envoyé un courriel à Facebook mais n'a reçu aucune réponse. Deux jours après, son compte personnel a été aussi fermé (le mouvement a aussi  un blog, sur la plateforme de blogs Blogger). Il dit que lorsque le groupe était accessible sur Facebook, il avait reçu des emails venant de musulmans qui s'élevaient contre ce groupe, comme contre d'autres groupes qu'il avait créés avant.

La page d'accueil du groupe  “Jeunes pour la séparation entre religion et enseignement” sur Facebook

Kacem El Ghazzali n'explique pas pourquoi Facebook a fermé son groupe, mais cette mesure ne devrait pas surprendre. Il y a deux ans, lorsque Fouad Mourtada, un jeune ingénieur marocain,  a été arrêté pour avoir créé un faux profil sur Facebook du prince marocain Moulay Rachid, beaucoup ont suspecté Facebook d'avoir transmis l'information au gouvernement marocain (Facebook n'a jamais ni confirmé ni démenti cette accusation).

Le compte du groupe de Kacem El Ghazzali et le sien propre semblent avoir été en conformité avec les lois aux États-Unis [NdT : dont dépend Facebook] et ses conditions d'utilisation officielles. Pourquoi Facebook les a-t-il fermés ? Était-ce sous la pression du gouvernement d'un pays étranger ou bien tout simplement parce qu'un nombre suffisant d'utilisateurs avaient demandé la fermeture du groupe et que cela a donc été fait automatiquement ? Dans tous les cas, pourquoi Facebook n'offre-t-il pas une possibilité de recours à ses utilisateurs et aux groupes dont les comptes ont été fermés par erreur, comme d'autres plateformes telles que YouTube and Blogger le font ?

Comme son compte et ses groupes sur Facebook ne violent ni la loi ni la déclaration des droits et responsabilité de Facebook, il semble que Facebook ait adopté maintenant une politique de contrôle de l'expression en ligne, éventuellement à la demande d'un gouvernement étranger.

Source

Kenya : Nairobi devient le coeur technologique de l’Afrique de l’est

Billet publié par Njeri Wangari · Traduit par Claire Ulrich · Voir le billet en anglais

Le Kenya, et tout particulièrement Nairobi, est devenu en quelques mois le cœur de la technologie en Afrique de l'est, en accueillant une  succession de conférences, lancements de produits, rencontres, sommets et barcamps.

The iHub Logo

Au début de l'année, un communiqué a annoncé l'ouverture d'un nouveau lieu à Nairobi dédié aux nouvelles technologies, iHub, pour tous les technophiles, les développeurs, investisseurs et sociétés du secteur. Erik Hersman (Hash), du blog  Whiteafrican [en anglais, comme tous les liens] l'a annoncé le premier. Son blog couvre les nouvelles du secteur des nouvelles technologie en Afrique avec ce qu'il dit être “la perspective d'un Africain blanc sur le monde”.

Voici ce qui a fait naitre l'idée du iHub.
Beaucoup d'entre nous, dans la communauté des technophiles à Nairobi, parlait depuis deux ans du besoin d'un lieu physique pour la communauté des nouvelles technologies, c'est formidable d'être à la veille de déboucher les bouteilles et de célébrer un grand pas en avant pour nous tous.

L'annonce a été faite le 25 janvier dans ce billet : iHub: la plateforme d'innovation technologique de Nairobi est là !

Le 3 février était l'ouverture de la conférence Mobile East Africa Conference (MWEA10) qui s'est tenue au centre de congrès KICC à Nairobi. La rencontre de deux jours était destinée à promouvoir le potentiel des outils et applications web sur les terminaux mobiles. Y assistaient les développeurs spécialisés en téléphones mobiles et des dirigeants de compagnies ainsi que les acteurs du secteur de la téléphonie mobile.

Bankelele , un des blogueurs qui y participaient, a fait un compte-rendu détaillé des interventions de la seconde journée ici.

Kahenya Kamunyu a fait ce commentaire :

“La meilleure conférence à laquelle j'ai participé jusqu'ici. Très bien organisée ”
Kahenya Kamunyru, PDG, Société ViRN Instruments

Hash a blogué en temps réel la conférence. Wilfred Mworia du blog Afrinnovator était présent, et a aussi été invité en tant que conférencier. Kachwanya a également fait le compte-rendu dans le billet Dix conclusions.

Le nouveau lieu iHub de Nairobi a été inauguré le 3 mars et a permis de rassembler 200 amoureux des nouvelles technologies de la capitale.Voici un compte rendu de l'événement publié par Ndesanjo, avec des commentaires de différents blogueurs qui y ont participé.

Tandaa, une initiative lancé par l'Agence kenyane des technologie de l'information et de la communication et sponsorisée par Google-Kenya a organisé un symposium d'une journée le 8 mars, premier d'une série qui souhaite éveiller l'intérêt de la nouvelle génération pour des contenus numériques créés en Afrique.

ICANN ICANN, l'organisme qui préside à l'attribution des noms de domaine sur Internet vient de tenir à Nairobi sa rencontre annuelle, durant six jours : ICANN no.37. Cette rencontre s'est déroulée du 8 au 12 mars. Le choix de Nairobi parmi d'autres capitales africaines est du pour grande partie à la vitesse de connexion à Internet par fibre optique qui est désormais proposée au Kenyans. C'est un facteur décisif pour beaucoup d'autres organisateurs de  conférences sur les nouvelles technologies dans leur choix d'un lieu de conférence. La présence de trop nombreux chefs d'état a cependant créé des problèmes au comité organisateur, qui a craint que cela n'entraine des perturbations pour les membres de la communauté ICANN.

Rebecca Wanjiku, une journaliste et blogueuse kenyane spécialisée en technologie, a participé au rendez-vous annuel de l'ICANN. Son billet sur les deux journées est disponible ici et ici. White African et Mworia ont également publié sur cet événement.

Deux jours seulement après la rencontre ICANN 37 a eu lieu AfriCamp, un forum qui permet aux participants de présenter leur travail dans leur pays respectif. Ce forum propose de plus des sessions de formation qui permettent aux jeunes d'acquérir des compétences en matière d'utilisation créative des réseaux sociaux qu'ils peuvent intégrer dans leur travail.

AfriCamp rassemble de jeunes activistes pour qu'ils puissent apprendre les uns des autres et transmettre ensuite leur savoir.  Il leur permet d'acquérir une expérience pratique des nouveaux médias qu'ils pourront utiliser pour les causes sociales qu'ils défendent.  Les participants ont été recrutés dans toute l'Afrique subsaharienne et leur âge va de 18 à 29 ans. La rencontre a lieu à Lukenya, un camping situé dans la banlieue de Nairobi du 14 au  20 mars.

Il s'agit d'un barcamp, un type de rencontres aussi appelées “non-conférences”  où différents jeunes participants de toute l'Afrique offriront leurs contributions. Certains blogueurs kenyans connus comme Mental Acrobatics et Mark Kaigwa seront parmi les participants.

La Pan Africa Media Conference 2010 , une conférence organisé par l'un des plus importants groupes de médias du Kenya, le Nation Media Group, doit aussi avoir lieu à Nairobi le 18 et 19 mars. Le thème de leur conférence est de réfléchir aux perspectives futures des médias en Afrique, et les nouveaux médias seront l'un des thèmes abordés.

Ory Okolloh, blogueuse et par ailleurs l'une des créatrices de la plateforme de suivi de crise Ushahidi – en sera la modératrice. D'autres blogueurs kenyans, comme Rafiki Kenya , Rebecca Wanjiku, Intelligensia, Cold Tusker, Paula Kahumbu, Bankelele, Hash et moi-même (KenyanPoet) ont été invités à participer.Voici le billet que j'ai publié sur ce que représente les blogueurs dans le futur des médias africains.

Barcamp Nairobi 2008 ( photo courtesy of White African)Barcamp Nairobi 2008 ( photo reproduite avec l'autorisation de White African)

Le Barcamp Nairobi 2010 est aussi en préparation, les dates seront soit le 26 mars ou les 12 et 13 juin et un vote en décidera). Comme ce rendez-vous n'a pas eu lieu l'an dernier, on parle de faire de ce barcamp un véritable camp de deux jours pleins en dehors de Nairobi. Certaines des applications et thèmes de recherche dont les participants vont débattre :  utilisation d'un téléphone GPS pour éviter les embouteillages, applications de l'informatique dématérialisée [en français] au Kenya, hardware hacking (ajout de nouvelles fonctionnalités à des objets), entre autres sujets.

Enfin, Maker Faire Africa se déroulera au Kenya le 6 et 7 août cette année. Cet événement est une  célébration de l'ingénuité, de la créativité et de l'innovation africaine. Il a d'abord eu lieu Accra, au Ghana, sur une idée de Emeka Okafor du blog Timbuktu Chronicles.

Un tel nombre de rencontres liées à la technologie en seulement trois mois témoigne du bond en avant des nouvelles technologies non seulement au Kenya mais dans de nombreux autres pays en Afrique. Nous pouvons seulement conseiller de garder un œil sur ce cyber-espace.

Source

Amanda Seyfried upskirt

Amanda Seyfried est une jeune actrice qui monte à Hollywood, elle a été révélé dans Mamma Mia! en 2008 a joué le rôle de Needy Lesnicky dans le film Jennifer’s Body avec Megan Fox, et pour ceux qui ont suivi la série Véronica Mars, Amanda Seyfried jouait le rôle de lily Kane.En 2010 Amanda Seyfried sera à l’affiche dans le film Le Chaperon Rouge. Revenons à nos moutons, et plus précisement sur sa chute en rollers qui nous offrira une belle petite culotte jaune ;-)    
Source Da People

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[vidéo] Un clip très sexy pour la BMW M3

Un clip très sexy pour la BMW M3Voici un clip publicitaire pour la BMW M3 très évocateur qui nous montre une jeune et jolie jeune femme échanger [...]

 

 


Article original écrit par Brad et publié sur Buzz And People, le 2009-10-27 21:43:10 | Lien direct vers cet article | © BuzzAndPeople.com – 2008

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Des nouvelles photos de JoJo sur Twitter

La chanteuse JoJo ne vous dit surement rien, je vais vous rafraichir la mémoire en vous faisant écouter le morceau (Leave, Get Out) qui a fait connaitre cette jeune chanteuse Américaine.Revenons au sujet, JoJo doit être en manque de popularité en ce moment donc elle a décidé de faire comme toutes les stars, balancer quelques photos d’elle sur son compte Twitter.JoJo, tu devrais mettre des photos plus trashy ;-) c encore trop gentil là ! 
Source Da People

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5 leçons chinoises pour les Etats-Unis

Billet publié par Andy Yee · Traduit par Eirik Gismervik · Voir le billet en anglais

Note : le billet d'origine a été publié le 26 novembre, en rapport avec la visite du Président américain en Chine)

Est-ce que la seule, quoique fatiguée, puissance mondiale peut apprendre quelque chose de la Chine? Telle est la question que Time magazine a posé [anglais] quand le Président Barack Obama a effectué sa première visite officielle en Chine. L’article constate que nous vivons dans un temps où la Chine est «apparue comme une dynamo d’optimisme, d’expérimentation et de croissance», tandis que l’économie des Etats-Unis s’effondre. Un moment d’humilité pour les Etats-Unis.

L’article a identifié cinq leçons du succès chinois contemporain. Entre-temps, Xu Ben (徐贲) et Tan Mintao (谭敏涛), [chinois] respectivement un scientifique et un avocat, ont chacun commenté ces leçons dans leurs blogs.

leçon N°1 Soyez ambitieux

Le magazine Time souligne l'inefficacité des Etats-Unis dans l'élaboration et l'exécution des projets ambitieux. Citant un consultant en affaires :

Une des principales leçons qu'il est possible de tirer du cas chinois est l'importance de se fixer des objectifs, de planifier et de se focaliser sur l'avancée du pays en tant que nation. Ces gars ont pris les vieux plans quiquennaux et les ont tournés à l’envers. Au lieu de décider quelle usine aura quelles matières premières, quels produits fabriquer, quel prix mettre et puis comment les vendre, leur planification consiste maintenant en «Comment pouvons-nous mettre en place une industrie de puces électronique de classe mondiale ? Comment pouvons-nous devenir un acteur global dans la fabrication de voitures ?»

Xu Ben est de même avis:

在美国,所有公共开支和建设项目是不可能由中央(联邦)政府统一确定目标,制定计划的。一切拨款都必须通过国会或地方议会的批准,不是由某个领导或首长一拍板就能决定的。

Aux Etats-Unis, les dépenses pour les infrastructures publiques ne peuvent être coordonnées par le gouvernement fédéral. Elles doivent être adoptées par le Congrès et par les Assemblées locales, et ne peuvent être contrôlées par l'autorité locale.

Tan Mintao a fait ressortir quelques explications possibles de l’efficacité chinoise dans la réalisation des projets ambitieux:

中国强制拆迁的事件层出不穷,而且多是以行政权压制公民个人私权取胜,这种视公民权利于不顾的举动和做法,我想美国人恐怕想得到,但做不到,因为,你们有法律为公民撑腰。

Des démolitions forcées sont courantes en Chine. Les droits des citoyens sont sacrifiés face aux pressions administratives. J’ai peur qu’un tel traitement si indifférent à l’égard des droits du citoyen ne soit pas applicable aux Américains, car ils sont protégés par l'état de droit.

 

leçon N°2 L’importance de l’éducation

La deuxième leçon est l’importance accordée par le gouvernement et les familles chinoises à l’éducation de base, cruciale pour la santé économique du pays. Citant William McCahill, ancien Premier conseiller à l’ambassade des Etats-Unis à Pékin:

En vérite, ils ont de bonnes bases, particulièrement en mathématique et en science. Nous devons faire pareil. Leurs enfants sont souvent plus avancés que les nôtres.

L’article cite également Nick Reilly, un haut responsable de General Motors à Shanghai:

Tout commence avec l’insistance de la famille sur l’importance de l’éducation. Cela exerce une pression sur le gouvernement de fournir un bon système.

Xu Ben a mentionné quelques difficultés pratiques auxquelles se heurtent les Etats-Unis pour améliorer leur système d’éducation :

教师与学区是有工作合同的,其权利充分受到法律保护,谁也不能命令他们无报酬地加班加点。因此,延长学期就必须增加教师的报酬,而这又必须通过正规的预算和拨款程序,得到全体选民的正式认可才行。

La relation entre l’école et l’enseignant est guidée par des contrats. Sous la protection de la loi, personne ne peut ordonner aux enseignants de faire des heures supplémentaires non payées. Ainsi, prolonger l’année scolaire implique une hausse des salaires, ce qui nécessite tout un processus budgétaire et l’approbation de l’électorat.

Entre-temps, Tan Mintao a attiré l’attention sur le caractère incomplet du tableau :

中国对教育的投资,我想更多的集中在大城市,名牌大学,农村中小学的投入永远很少,少到农村学生处在教育的最底层关注中国发展的人多集中在大城市,但中国的大城市却不完全代表中国。

L'investissement de la Chine dans l’éducation est centré sur les grandes villes et les principales universités. L’enseignement primaire et secondaire dans les milieux ruraux ne reçoit jamais assez de moyens, ce qui les pousse vers le plus bas de la pyramide d’éducation… Ceux qui se préoccupent du développement chinois ont tendance à concentrer leur attention sur les grandes villes, ce qui ne donne pas une image complète de la Chine.

leçon N°3 Prendre soin des personnes âgées

Avec le vieillissement de la population, la tendance aux Etats-Unis sera à plus de soins à domicile et moins de maisons de retraite coûteuses. Ici, l’article affirme, les Etats-Unis peuvent apprendre de la Chine:

En Chine, le contrat social a été simple pendant des siècles: les parents élèvent les enfants; puis les enfants prennent en charge les parents au moment où ils atteignent la sénilité. Pour des millions de Chinois pauvres, cela est autant un fardeau qu’une responsabilité. Pourtant, il y a des avantages qui compensent l'épreuve financière : les grands-parents s'occupent des jeunes enfants pendant que les parents travaillent ; ils inculquent à la jeune génération les valeurs de la famille et de la nation ; ils apportent un sens de la continuité culturelle qui contribue à unir la société.

Xu Ben n’est pas accord :

一胎化政策都落实几十年了,哪里还有什么 大家庭’? 报道还说,中国人认为,将老人送入疗养院是一种耻辱如果真是如此,哪里还会有那么多啃老族和无助贫困老人?

La politique de l’enfant unique a été en vigueur pendant des décennies. Y a-t-il toujours des «grandes familles»? L’article dit que pour les Chinois, la pratique d’envoyer ses vieux parents en maison de retraite est honteuse… Si cela est la vérité, pourquoi peut-on toujours voir de nombreux personnes âgées impuissantes face à leurs «enfants parasites» qui dépendent des revenus de leurs parents?

Bien que Tan Mintao approuve cette tradition chinoise, il souligne que la faiblesse du système de soins aux personnes âgées en Chine est certainement un sujet d'inquiétude pour la plupart des Chinois:

当中国人认为把老人送入养老院是一种耻辱的时候,我想,更多折射的是我们的养老体系还很脆弱,经不起风吹雨打,真正需要建立的社会救助制度还没有建立,那谈何让年轻人放心把老人送入养老院呢?

Tandis que les Chinois considèrent le fait d’envoyer les personnes âgées en maison de retraite comme une honte, je pense que cela réflète plutôt la faiblesse du système. Tant qu'un système efficace de sécurité sociale restera à bâtir, la maison de retraite ne constituera tout simplement pas une option fiable pour les personnes âgées.

leçon N°4 Épargner plus

Suite à la crise financière, il y a un consensus que les Etats-Unis doivent épargner plus. Ici encore, la Chine, une société qui a pratiqué la prudence financière personnelle pendant des siècles, est un modèle pour les Etats-Unis.

Xu Ben souligne ce que les Américains négligent :

美国人似乎并不知道一般中国人为什么那么怕花钱。与其他消费相比,他们不能不面对更基本的生存需要:买房子、交学费、医疗费。美国人看来也不知道,也有不节俭的中国人,他们能花几十万,上百万买一条藏獒,并由奔驰、宝马、奥迪等几十辆名车组成的豪华车队接近家门。

Il paraît que les Américains ne comprennent pas pourquoi les Chinois craignent tant de dépenser de l’argent. Comparé aux autres consommations, ils ne peuvent que se soucier des besoins nécessaires : logement, éducation et santé. Les Américains ignorent aussi l’existence des Chinois qui mènent un style de vie ostentatoire, et qui dépensent des millions pour s’acheter des dogues du Tibet, une flotte de Mercedes, BMW ou Audi pour leurs propres voyages.

Ce constat réflète un point remarqué par Tan Mintao:

这些喜欢储蓄的群众多是对未来生活保障缺乏信心的广大群众。

Pour le grand public, épargner est dù au manque de confiance dans les moyens de subsistance de l’avenir.

leçon N°5 Regarder au-delà de l’horizon

L’énergie ressentie par les étrangers en Chine provient du sentiment qu’elle est destinée à quelque chose de plus grand, considère l’article. Cette confiance a été absente aux Etats-Unis suite à la profonde récession. Comme le dit un Américain qui a vécu en Chine:

La Chine s’efforce de devenir ce qu’elle n’est pas encore devenue. Elle est en pleine ascension, et cela consciemment, ouvertement et – comme sa feuille de route continue de se renforcer – fièrement.

Citant l’exemple de l’article du Times de l’enfant pauvre d’origine rurale qui devient ingénieur informaticien couronné de succès à Shenzhen, Xu Bin a dit:

希望千千万万其他贫困的中国农民家庭子弟也有同样的机会,到那时候,美国人向往的就真的不再是美国梦,而该是中国梦了。

J’espère que des millions d’enfants pauvres en milieu rural auront la même possibilité. Quand ce moment arrivera, les Américains n’admireront plus le «rêve américain», mais plutôt le «rêve chinois».

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En direct de Copenhague : Pour une justice climatique

Billet publié par Saffah Faroog · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

Une foule estimée à 100.000 personnes est descendue dans les rues de Copenhague samedi et a marché de Christiansborg Slotsplads jusqu'au Centre Bella – soit six kilomètres – pour réclamer la justice climatique. Délivrant l'un des messages les plus énergiques jamais adressé aux dirigeants mondiaux d'être sérieux et de conclure un ‘accord réel’ dans les négotiations en cours à la Conférence des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP15), des gens de tous les pays ont défilé dans le froid hivernal de Copenhague.

La journée avait commencé de bonne heure pour les militants, qui se sont rassemblés au DGI-Byen – le lieu où se déroule le sommet climatique alternatif Klimaforum09 – dans la matinée [en anglais] et se sont dirigés vers la place du Parlement, vêtus pour la plupart de bleu, pour l'événement symbolique Marée humaine pour une Justice Climatique, organisé par les Amis de la Terre International. Place du Parlement, ils ont été rejoints par des milliers de gens, qui ont démarré dans l'après-midi une marche vers le Centre Bella, siège de COP15.

Même si d'agréables rayons de soleil ont gratifié les manifestants d'un peu de chaleur au cours de l'après-midi, au crépuscule la température a chuté. Tandis que la manifestation se terminait devant le Centre Bella, on voyait les gens agglutinés autour de feux de camp allumés dans la rue. Les discours charismatiques de conclusion ont été délivrés par des personnalités de premier plan, dont l'ancienne commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Mary Robinson, et la militante indienne du changement climatique, Deepa Gupta, 21 ans, co-fondatrice du Indian Youth Climate Network (IYCN) [en anglais] (Réseau Climatique de la Jeunesse Indienne).

“Cette journée mondiale d'action rappelle aux pouvoirs publics que le changement climatique est nuisible pour les gens. Ceci est une question de droits humains – le changement climatique sape les moyens d'existence des gens et leur accès à la santé et l'éducation. Il affecte les efforts des pays pauvres pour atteindre les Objectifs de développement du Millénaire. Copenhague doit aboutir à de profondes réductions d'émissions, et à au moins 200 milliards de dollars annuels d'argent frais pour aider les pays les plus pauvres à affronter le changement climatique,” a déclaré Mme Robinson.

Saffah Faroog est à Copenhague, et assiste, pour Global Voices,au Klimaforum09, surnommé ‘le Sommet climatique des Peuples' [en anglais]. Il se déroule parallèlement au COP15 et a attiré quantité d'organisations de la société civile, des militants de la justice écologique et des populations autochtones. “Le Centre Bella est le plus grand exemple de capitalisme du désastre. L'accord dont nous avons réellement besoin n'est même pas sur la table,” a déclaré Naomi Klein lors de cérémonie d'ouverture du Klimaforum09.

D'autres invités de haut rang appelés à s'exprimer à Klimaforum09 sont Bill McKibben, le fondateur de 350.org, et Mohamed Nasheed, le Président des Maldives.

La dette écologique et la justice climatique sont les thèmes récurrents à Klimaforum09 tout comme dans la manifestation de samedi.

L'un des groupes les plus colorés à participer à la manifestation a été Les Agents de la Dette Climatique [en anglais] vêtus de costumes écarlates . Ils ont appelé les pays riches à rembourser leur dette climatique aux pays pauvres, comme le demande une initiative de MS ActionAid Denmark [en danois]. Il y a quelques mois, 31 blogueurs de Global Voices ont été tuteurs d'étudiants participant au programme Global Change de MS ActionAid. L'auteur de ce billet a été agréablement surprise de retrouver son “élève” parmi les costumes rouges appelant au règlement de la dette climatique.

Aux quatre coins de la planète, des citoyens du monde ont réclamé qu'un accord réel et juste sorte des discussions de la COP15, alors qu'ils organisaient des veillées et des marches pour marquer le week-end ‘Le monde a besoin d'un véritable accord’ à l'initiative de l'alliance TckTckTck.

Copenhague est submergée d'activistes, de journalistes, de photographes et de blogueurs couvrant les plus importantes négociations sur le changement climatique de ces dernières années. Au Fresh Air Center au centre de la ville, un environnement de travail créé par un collectif pour blogueurs de TckTckTck, Saffah a rencontré un autre auteur de Global Voices, Mac-Jordan Holdbrookes-Degadjor. Les auteurs de Global Voices présents à Copenhague pendant ces journées passionnantes vont s'efforcer de constituer une petite équipe pour couvrir les discussions animées se déroulant sur la blogosphère à propos de COP15.

Le blogueur Alex Engwete du Congo exprime un profond scepticisme de voir émerger un quelconque accord de COP15 [en anglais] :

A Copenhague, la délégation américaine ne semble pas saisir l'imminence de la catastrophe et se comporte comme une poignée de chamailleurs et d'obstructionnistes. Et chez eux à Washington, avec au Sénat les climato-sceptiques virulents et puissants de l'acabit du Sénateur républicain de l'Oklahoma James Inhofe (auteur du libelle confus de 2006  “Le Guide du Sceptique pour discréditer le réchauffement climatique” [en anglais]) qui crie sur les toits que le réchauffement climatique est un “canular,” je ne vois pas comment l'administration Obama pourrait faire une avancée quelconque vraiment significative à Copenhague.

Angel, aux Maldives, qui blogue sur FAMUSHU, exhorte les gens à penser et agir plus loin que COP15 [en anglais]:

Le  sommet COP15 a commencé à Copenhague au Danemark, et partout autour du monde c'est la même voix “sauvez notre planète – scellez l'accord” qui résonne. Ma patrie les Maldives est l'un de ces pays fragiles et sans défense qui sont en première ligne des effets du réchauffement climatique, en ce moment même nous ne pouvons qu'espérer que le sommet COP15 ait un résultat, car la responsabilité repose sur les épaules des pays mêmes qui émettent de grandes quantités de CO2. Cependant, c'est chacun de nous qui devrait prendre la responsabilité de soigner et entretenir notre terre-mère – éteindre les lumières, les chargeurs etc quand on ne s'en sert pas, planter plus d'arbres et marcher, aller à bicyclette ou utiliser les transports en commun : opter pour une ‘vie plus verte’, chacun.

A Copenhague, nombre d'artistes et d'associations présentent des expositions dans des endroits-clés de la ville pour insister sur l'importance d'atteindre un arrangement juste et contraignant à partir de COP15. Toutefois ce sont les négociateurs et les politiques qui prennent les vraies décisions au Centre Bella, et il reste à voir s'ils écouteront les voix des citoyens du monde réclamant un pacte équitable pour assurer l'avenir de la planète Terre.

Toutes les photos sont de Saffah Faroog

Source

Mozambique : campagne présidentielle en ligne

Billet publié par Janet Gunter · Traduit par Anna Gueye · Voir le billet en anglais

Le Mozambique votera pour élire son président dans quelques jours, le 28 octobre. Avant même le début officiel de cette campagne électorale, le nouveau parti d'opposition Movimento Democratico de Moçambique (Mouvement démocratique du Mozambique, ou MDM) a indiqué qu'il s’inspirerait du modèle « Obama » de mobilisation en ligne. Le parti qui a ouvert un site Wiki et un compte twitter, a commencé à poster des vidéos sur YouTube, et à utiliser le réseau social Hi-5. Nous avons signalé plus tôt cette année la manière dont MDM avait twitté une attaque contre Daviz Simango à Nacala.

Ensuite, le parti au pouvoir, le Frelimo, s’y est mis, créant un groupe sur Facebook, utilisant YouTube et créant un compte sur twitter. (Frelimo a également un groupe sur Hi-5) [pt].

Le blogueur Elísio Leonardo of InfoMoz résume [pt]

[No Hi-5] Daviz Simango – 1580 amigos e 250 comentários sobre o perfil […]

Frelimo – Tem um grupo no Hi5, com 440 membros […]

O Partido Frelimo possui vários grupos no Facebook, sendo que o primeiro retornado possui 134 membros. Além disso, o perfil do Partido Frelimo possui 142 amigos, e o evento campanha eleitoral da Frelimo possui 67 presenças confirmadas.

Não encontrei nenhum grupo reelevante referente ao Partido MDM, mas encontrei o perfil do MDMWIKI, que possui 19 amigos. Nenhum evento reelevante relacionado ao Partido MDM foi retornado.

[Hi-5] Sous le profil de Daviz Simango – 1580 amis et 250 commentaires […]

Le Frelimo – dispose d'un groupe sur Hi-5, qui compte 440 membres […]

Le parti Frelimo a plusieurs groupes sur Facebook, le plus important compte 134 membres. En plus, Frelimo compte 142 amis sous son profil, et l'événement de la campagne électorale à 67 participants confirmés.

Je n'ai trouvé aucun groupe lié au parti MDM, mais j'ai trouvé le profil du MDMWIKI, qui compte 19 amis. Aucun évènement lié au parti MDM n’est enregistré.

Le Frelimo a également créé un site professionnel « Frelimo ligne» [pt] qui contient des discours, des photos, et même une section de discussions. Fait intéressant, le blog du Frelimo « A Voz da Revolução» [pt] (« La voix de la Révolution ») contient des liens vers les blogs critiques et même les blogueurs de l'opposition.

Autre nouveauté dans le monde en ligne du Mozambique, le blog du président Armando Guebuza, qui brigue un second mandat. Son parti, le Frelimo dirige le Mozambique depuis l'indépendance en 1975. Hébergé sur blogspot, la photo de Guebuza apparaît en-tête du blog, il est vêtu de manière informelle, sans veste ni cravate.

Le blog a, à ce jour, deux entrées, la première intitulée « À la découverte d'autres formes de consolidation de la citoyenneté » et la seconde « Emploi : un problème transversal nécessitant des interventions multisectorielles ». Le blog comporte des commentaires ouverts, avec plus de 50 commentaires pour la première entrée et au moins 25 sur la seconde, y compris les commentaires signés par des intellectuels connus tel Edígio Vaz [pt].

Photo by Flickr user MaanskynCrédit photo sur Maanskyn Flickr   

Citation de la première entrée de Guebuza [pt]

No âmbito da Presidência Aberta e Inclusiva, visitei os Centros Multimédia Comunitários de Chitima, na Província, de Tete, de Chokwe, na Província de Gaza e da Catembe, na Cidade de Maputo. Os jovens gestores e beneficiários destes Centros, interpretando o sentimento de outros compatriotas nossos, pediram-me, na altura para fazer o uso das tecnologias de informação e comunicação para com eles e com outros compatriotas interagir.

[…] Na verdade, para além daqueles jovens, o nosso belo Moçambique orgulha-se hoje de possuir já uma massa crítica de internautas que, entre si, trocam informações e escalpelizam a Nação nas suas diferentes dimensões. Este é um grupo que dá conteúdo à grande capacidade crítica e analítica do heróico Povo Moçambicano.

Decidi pois avançar já em dar expressão ao conselho que me foi dado por aqueles jovens e juntar-me ao cada vez mais crescente círculo de debate virtual sobre esta Pérola do Índico. Sei que esta é uma forma de interagir também com internautas de todo o mundo que se interessam por Moçambique e pelo seu progresso e paz.

Dans le cadre d’une présidence ouverte et tolérante, j'ai visité les centres multimédia de Chitima, dans la province de Tete, de Chokwe dans la province de Gaza et de Catembe dans la ville de Maputo. Les jeunes qui gèrent et fréquentent ces centres, en exprimant les sentiments de nos compatriotes m'avaient demandé, à l'époque, de faire davantage usage des technologies de l'information et des communications et d’améliorer la communication entre eux et nos compatriotes.

[…] En réalité, au-delà de ces jeunes, notre belle Mozambique s'enorgueillit aujourd'hui d'avoir une masse importante d'internautes qui s’échangent des informations et qui réfléchissent vraiment sur aux différents aspects du pays. C’est un groupe qui ajoute du contenu à la grande capacité critique et analytique de l'héroïque peuple mozambicain.

Alors, j'ai décidé d'aller de l'avant et de concrétiser le conseil que ces jeunes m’ont donné en rejoignant le cercle sans cesse croissant du débat virtuel sur notre perle de l'océan indien. Je sais que c'est une forme d’échanges avec les internautes du monde entier qui s'intéressent à la paix et aux progrès du Mozambique.

Les commentaires sur le blog, très majoritairement enthousiastes, reflètent ce qui pour d'aucuns peut passer pour un certain formalisme, avec des commentateurs appelant le président « Votre Excellence », « M. Président de la République », « Illustre M. Guebuza ». D'autres optent pour « Camarade Président », faisant allusion aux origines socialistes du parti de Guebuza.

Le blogueur Nelson Livingstone de Meu Mundo écrit non sans ironie [pt]

Alguns dos comentários não tem nada a ver com nada. Uma auténtica “graxa”. Não se trata aqui de “proibir” que as pessoas opinem. Não se trata de concordar ou discordar com seja oque for ou seja lá quem for mas fazê-lo na “medida certa”. […]

Seria bom, muito bom que quem fosse lá(blog do Senhor Presidente) não o fizesse pura e simplesmente para “engraxar”, mas para estimular e amadurecer as ideias do Senhor Presidente que muitas vezes virão em forma de “raw material”.

Certains commentaires ne parlent de rien en particulier. Il s'agit d'un véritable « appel à la lèche ». Cela n'a rien à voir avec le fait d’« interdire » aux gens de partager leur opinion. Cela n’a également rien à avoir avec donner son accord ou son désaccord avec tout ou quiconque mais de seulement le faire « dans les clous ».

Ce serait bon, très bon, si les gens qui y sont allés (sur le blog de Monsieur le Président) l’avaient fait pas seulement pour « faire de la lèche » mais pour stimuler et faire mûrir les idées de M. le Président, que viendront souvent sous forme de « matière première ».

Il semble que les commentaires soient effectivement assez ouverts, car un commentateur anonyme a attaqué l'utilisation des fonds de la décentralisation, et le commentateur Artur Matavele défie la politique du Frelimo en matière d'assainissement et d'eau [pt]

O combate a pobreza pressupõe a satisfação das necessidades mais elementares das pessoas, em primeiro lugar, o acesso a água potável e saneamento adequado são parte desses serviços básicos. Sem água não há vida.

Todavia o manifesto do Partido não põe a devida ênfase neste elemento. Como combater a pobreza dos nossos compatriotas sem se satisfazer estas necessidades básicas? Como reter as raparigas na escola sem que elas tenham fácil acesso a água potável? Como dignificar as nossas mães, esposas, irmãs e filhas com o fecalismo a céu aberto-Saneamento inadequado?

Le combat contre la pauvreté suppose de subvenir aux besoins fondamentaux des peuples, pour commencer l'accès à l'eau potable et un assainissement adéquat font partie de ces services de base. Sans eau, il n'y a pas de vie.

Toutefois, le programme du parti ne met pas vraiment l'accent sur cet élément. Comment lutter contre la pauvreté de nos compatriotes sans satisfaire aux besoins de base? Comment pouvons-nous maintenir les filles à l'école si elles n'ont pas accès à l'eau potable? Comment pouvons-nous donner de la dignité à nos mères, épouses, sœurs et filles avec des excréments exposés dans égouts à ciel ouvert – un assainissement inadéquat ?

Guebuza semble avoir répondu à certains commentaires sur son blog, en disant qu'il attend plus « d’interventions, des enseignements et des conseils » de lecteurs.

Mis à part les débuts d'un débat en ligne, la campagne sur le terrain a connu plusieurs moments tendus et des conflits comme en atteste le Centro de Integridade Pública (Centre pour l’intégrité publique).

Un autre projet de surveillance en ligne a été mis en place par l’hebdomadaire gratuit A Verdade, utilisant Ushahidi, un logiciel externalisé [pt]. Le slogan du site dit “VOCE pode ajudar seja um Cidadão reporter!” « Vous pouvez aider,soyez journaliste citoyen ! » À quatre semaines du vote, le site avait déjà reçu près de 200 rapports d'intimidations venant de tout pays, dont la majorité était « confirmée ».

La véritable question à propos de cette activité en ligne est de savoir si elle aura une incidence sur les résultats de l'élection, dans un pays où, en 2007, seulement 9 à 10 personnes sur 1000 avaient accès à internet d'après la Banque mondiale [en anglais].

Une chose est certaine, l'appétit des habitants pour échanger avec les politiques est indéniable, et les blogueurs et les internautes continueront d'exiger que cela continue après l’élection présidentielle. Comme l'écrit Maguezzi dans un commentaire [pt]

Entrar na Internet é bom. Vai sempre encontrar gente aqui. Mas mais do que encontrar gente, é como responde a essas pessoas; é dar respostas aos anseios desses compatriotas.

Aller sur internet c’est bien. Vous y rencontrerez toujours du monde. Mais plus que des rencontres, c'est la façon dont vous répondez à ces gens, c’est la manière de répondre aux aspirations de ces compatriotes.

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Russie : Héritage soviétique et noms de rues

Billet publié par Veronica Khokhlova · Traduit par Suzanne Lehn · Voir le billet en anglais

C'est évidemment caricatural, mais, en septembre et au début d'octobre, on avait l'impression que les blogueurs russes jusqu'au dernier croyaient devoir écrire quelque chose sur le changement de nom du restaurant de shish kebab Anti-Soviet à Moscou, sur l'article de protestation du journaliste dissident Alexander Podrabinek (texte en russe, la traduction en anglais de Kerkko Paananen est en ligne sur A Step At A Time) et les actions de contre-manifestation du mouvement de jeunesse Nachi (en anglais).

Sur la blogosphère anglophone, Sean Guillory du Sean's Russia Blog a pris le temps de résumer cette pénible affaire :

[…] Une longue histoire en quelques mots : après des travaux de rénovation qui ont duré tout l'été, le propriétaire du restaurant de kebab sur Leningradskii prospekt a décidé d'appeler son local “Anti-Soviet” pour se moquer de l'Hôtel Soviet en face. Ce nom allait bien avec la décoration du restaurant sur le thème de la dissidence, avec des photos de personnages “anti-soviétiques” du passé. […] Les vétérans en revanche, n'ont pas trouvé cela drôle et se sont plaints à l'administration locale de district, exigeant que le nom du restaurant soit changé. Le mot “anti-” dans Anti-Soviet Kebab House, disaient-ils, les blessait et dénigrait leur sacrifice pour sauver la Russie du nazisme. Quelques jours après, l'“inspecteur militant de l'environnement” du district, Oleg Mitvol, s'est rendu au Anti-Soviet Kebab House pour ordonner que soit enlevé le mot “anti-”  Les gérants se sont exécutés à contre-coeur. […]

[…]

Entrée en scène d'Alexander Podrabinek, le célèbre dissident de l'époque soviétique, devenu ennemi de Poutine. Lassé de la “restauration du passé soviétique,” Podrabinek s'est fendu d'une diatribe, la “Lettre aux vétérans soviétiques,” dans laquelle il a traité le changement de nom de “véritable honte” et a fustigé les plaignants comme “idiots, vils et stupides.” Il a poursuivi en les accusant d'avoir été “ceux qui servaient de gardes-chiourme dans les camps de travail et les prisons, de commissaires politiques dans les unités anti-retraite, et de fusilleurs dans les pelotons d'exécution.” Pour Podrabinek, ce sont lui et les autres qui défiaient le régime soviétique les vrais héros du pays. La lettre a été publiée sur le blog de Podrabinek et sur le site web du canard libéral Ejednevnyi journal.

[…]

Entrée en scène des Nachi. Les Nachi sont réduits l'oisiveté depuis l'élection de Dmitri Medvedev. La “révolution de couleur” vaincue, bon nombre de ses groupuscules liquidés, et guère de motifs pour des manifestations de rue massives, alors les gamins de Nachi ne savent pas comment s'occuper. […]

[…] A peine la diatribe de Podrabinek avait-elle atteint runet que Nachi se mettait à mobiliser sa machinerie d'indignation. Des membres ont commencé à poster des factionnaires devant l'appartement de Podrabinek, rendaient public sur Internet son numéro de téléphone et son adresse, et juraient de lui faire quitter le pays. Selon le GenSek de Nachi, Nikita Borovikov, tous ces agissements sont “de nature des plus démocratiques.”

Craignant pour sa vie, Podrabinek est entré dans la clandestinité. Pas à cause de Nachi, dont il considère les actes comme une “campagne de propagande” et une “parodie d'indignation publique” (ce qui est exact), mais à cause d'une “information de sources sérieuses” que des “gens sérieux” veulent s'occuper de lui. “S'occuper de” au sens d'une balle dans la tête.

Le tollé s'est amplifié. Ejednevnyi journal a lancé une pétition en ligne de soutien à Podrabinek, forte à présent de 3000 signatures, un who’s who virtuel de l'intelligentsia libérale russe. Pour ne pas être en reste, Nashi revendique plus de 5000 signatures contre Podrabinek. […]

Le 8 octobre, l'utilisateur LJ mrfilin a écrit un billet (en russe) sur la manière dont le douteux héritage soviétique a survécu dans les noms des rues de sa ville natale de Toula, faisant allusion au scandale du restaurant de shish kebab qui a déclenché une telle avalanche de réactions sur la toile et en-dehors :

Pourquoi n'y a-t-il pas à Berlin d'artère centrale au nom d'Adolf Hitler in Berlin, ou de place des [SS], d'avenue [Paulus], ou, au moins, d'impasse [Goebbels] ? Peut-être, parce que ce n'est pas convenable pour un bürger de marcher dans une rue portant le nom d'assassins du peuple, de bandits sans pitié, qui ne s'intéressaient qu'au pouvoir et dont l'occupation favorite étaient la lutte sanguinaire pour s'en emparer. Un restaurant de shish kebab anti-fasciste ne subirait pas les persécutions des autorités.

En Russie, par ailleurs, les gens ont toujours eu de la tendresse pour les tyrans et les sadiques. Un sentiment d'identité personnel d'une pauvre femme torturée par son ivrogne despotique de mari s'est transformé en conscience de masse : s'il me bat, ça veut dire qu'il m'aime. Et lorsque cet alcoolique s'étouffe à mort dans ses immondices, sa veuve va conserver soigneusement tout les souvenirs qui lui restent de lui, en accrochant ses photos dans tout l'appartement. Celles où il porte son unique costume et où il est pour une fois lui-même.

De la même façon, dans chaque coin perdu il y aura toujours une rue Lénine, une avenue de l'Armée rouge ou une rue [Dzerjinski]. Et dans les villes plus grandes, il y en aura une poignée. Mais si à Moscou vous avez peut-être la chance de pouvoir vous installer dans une rue qui porte le nom d'une personne honnête, en province les noms des rues ne portent rien d'autre que l'héritage communiste. Voici, par exemple, les rues que je connais à Toula :

1. […] Ma grand'mère habite une rue qui porte le nom, inconnu pour moi, des Frères Jabrov. Je n'ai pas réussi à savoir qui ils étaient, mais la rue perpendiculaire à la leur est dénommée d'après un terroriste raté sans foi ni loi [Khaltourine], qui [est responsable de la mort] de 11 héros de la guerre russo-turque.

2. Ma grand'mère N°2, avec mon grand'père, habitent une avenue qui porte le nom de l'armée qui a tué le plus d'honnêtes citoyens russes au monde, hormis l'armée allemande nazie.

3. Non loin de là se trouve un hôpital appelé d'après l'indicateur [Semachko] et le général [Frounze], responsable de la mort de dizaines de milliers de soldats de l'Armée Rouge pendant les combats contre les restes des [Armées blanches]. Frounze utilisait ses hommes comme chair à canon, et était impitoyable pour les Blancs aussi, évidemment. Ses troupes se plaisaient à violer les femmes russes, tandis que le général quant à lui préférait assister à des premières théâtrales à Moscou. Mais seulement, allez savoir pourquoi, non pas pour des âneries pro-soviétiques, mais pour le demi-légal [Meyerhold].

4. Mes parents ont un peu plus de chance – ils habitent rue [Perekop]  - le coin de la [Crimée] où se sont battus ce même Frounze et [Dénikine].

5. Et caetera.

Et vous, de qui votre rue porte-t-elle le nom ?

Ci-dessous, quelques commentaires sur ce billet :

gogol1:

Ma rue porte le nom du peintre [Vasnetsov].

mrfilin:

vous avez de la chance

***

tanis_konig:

Il y a sans doute des rues [Gorki] dans chaque ville sauf à Default City [Moscou]. Et pareil pour notre ville – ‘[Kaliningrad]' – elle est un peu trop [appelée d'après Mikhail Kalinine]. Bien que le nom allemand ‘[Königsberg]' ne soit pas terrible non plus.

***

cakcon:

rue Syromolotov – d'après un bolchevik local :( ( [à Iekaterinbourg]

***

amidala_rainy:

J'ai de la chance de ce côté – je n'ai rien contre Tourgeniev, dont ma rue porte le nom :)

Mais il y a un quartier dans notre ville [Simferopol, Crimée, en Ukraine] où les rues suivantes se croisent : Communiste, Bolchevik, Prolétaire, Lénine, allée [Sovnarkom], [Rosa Luxemburg], Karl Marx, [Kirov] et [Karl Liebknecht]. Tout sur juste un kilomètre carré (

***

ka_lan:

Pour moi ça va. A [Krasnoïarsk], c'était rue [Tchaïkovski], ici [à Moscou] (temporairement) -avenue [Lomonossov].

De la famille qui habite des rues portant des noms d'activistes soviétiques, je ne me rappelle que mes grands-parents – rue Vodopïanov à Krasnoïarsk. Mais je ne sais pas quoi dire de mal de lui.

En général, ma ville natale a plutôt de la chance dans ce domaine – tout le sovok se limite au pack standard “Lénine-Paix-Marx” (trois grandes rues du centre). Les mauvais toponymes ne tiennent pas ici, voilà tout.

***

steelberry:

Coppistrasse. Hans et Hilde Coppi étaient des combattants contre la propagande anti-soviétique nazie, qui ont été assassinés par les fascistes. Un ami habite Karl-Marx-Allee )))

mrfilin:

A Berlin ?

steelberry:

jawohl !

***

josefreicher:

J'habite rue du Lac, à Otchakov. C'était le village d'Otchakov aux environs de Moscou, avec beaucoup de lacs et de marécages, sur lesquels on construisait des maisons pour ceux qui avaient été exilés de Moscou après avoir purgé leurs peines pour meurtre et viol. Maintenant c'est un quartier résidentiel de la capitale avec un pool génétique de fer très costaud =)

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Quel futur pour les TIC en matière de développement ?

Billet publié par John Liebhardt · Traduit par Abdoulaye Bah · Voir le billet en anglais

Une vieille histoire court sur un pêcheur et son téléphone portable. Quelques fois, ce pêcheur cabote au large du Sénégal, d’autres fois, en Inde. Mais l’histoire  – et sa leçon aussi – reste presque la même. Voici  l'histoire. Avant que le pêcheur n'arrive au port avec sa pirogue pleine de poissons, il utilise son portable pour contacter différents vendeurs au détail de poissons. Le vendeur offrant le meilleur prix, très probablement, devrait conclure l’affaire avec le pêcheur.

 Banglalink cell phone excitement in advertisement, Dhaka, Bangladesh, by Wonderlane (Creative Commons)

Une pub pour l'opérateur Banglalink, à Dhaka, Bangladesh, par Wonderlane sur Flickr (Creative Commons)

Cette leçon a fait le tour du monde comme exemple type de l’importance d’Internet et des technologies de la communication – spécialement des téléphones portables, efficaces et  relativement bon marché – dans l’amélioration des conditions de vie standard dans le monde en développement. Cette technologie simple permet même à ceux qui sont considérés au bas de la pyramide sociale d’améliorer leurs perspectives économiques, en améliorant la qualité de vie de toute leur famille. Si le téléphonie mobile peut aider le pêcheur à diversifier ses relations et à accroitre ses prix de vente, pensez à ce qu’elle pourrait apporter aux travailleurs pauvres du monde entier !

Cette année le nombre d’utilisateurs de téléphones mobiles à travers le monde atteint 4,6 milliards de personnes.La plus grande partie de cette croissance est due aux pays en développement. Et, avec l’expansion de la téléphonie mobile dans certains pays, il en va de même du développement économique (tout au moins, c’est ce que les opérateurs de téléphonie avancent).

Bien que ces chiffres soient élevés et que le fossé numérique pourrait bien être en train de se résorber, un problème demeure : l’histoire du pêcheur est un peu dépassée. Comme dans d'autres cas, la technologie est allée de l’avant. Pour que les TIC continuent à contribuer de façon positive au développement humain, elles doivent elles aussi se maintenir à niveau.

Dans les deux premiers articles de cette série, j’aimerais explorer comment les TIC pour le développement [ICTs for development ou ICT4D], pourraient changer dans un futur prochain. Ensuite, j'aimerais  identifier quelques projets d'avant-garde, en cours de réalisation dans le monde. Comme d’habitude, si vous avez quelques idées à partager, merci de nous le faire savoir.

Richard Heeks soutient que pour cette nouvelle phase, les TIC doivent adopter changer le regard qu'elles ont sur les pauvres.  Les habitants des pays en développement ne devraient plus être considérés comme des consommateurs passifs. Au contraire, ils devraient être considérés comme des producteurs et des innovateurs actifs.

Sur son blog ICTs for Development, Richard Heeks présente ses nouveaux travaux universitaires, qui résument où selon lui les technologies pour le développement devraient se diriger :

a) Nouveaux équipements prioritaires :  besoin d'innovations pour des terminaux bon marché et à large spectre, les  télécommunications et l'énergie. Nécessité de porter la réussite de la dernière décennie – le téléphone portable – encore plus loin. L'article traite aussi des implications du haut débit, de l'informatique dans le nuage et de l’individualisation des équipements matériels.

b) Nouvelles applications prioritaires : augmentation de la création de contenus en ligne participatifs, et utilisation des TIC pour générer de nouveaux revenus et emplois pour les pauvres dans le monde. L'article traite aussi des implications des FOSS (logiciels libres), et de la diversification des applications pour résoudre les problèmes de la pauvreté urbaine, de la sécurité, de la croissance économique et des changements climatiques.

c) Les nouveaux modèles d’innovation: l’augmentation des besoins pour – et le potentiel de – d'innovations qui aillent au-delà des modèles verticaux, comme les projets de laboratoires. Ce qui inclut aussi des modèles de collaboration (axés sur les pauvres) qui fonctionnent dans les communautés défavorisées. Cela implique qu'une attention plus grande soit portée aux innovations simples (par les pauvres)  générées au sein de ces communautés. L'article traite aussi des nouveaux intermédiaires qui émergent du secteur privé et des ONG.
d) Nouveaux modèles de mise en œuvre : à cause des limites des projets ICT4D 1.0 (de première génération), plus d’attention sera consacrée à la durabilité, à  la variabilité dimensionnelle et à l’évaluation des projets de TIC pour le développement.  Ceci exigera plus de travail que les approches toutes faites, prêtes à l’usage, et de meilleurs techniques pour réduire les délais entre conception et mise en œuvre. L'article traite aussi des nouveaux mécanismes de financement et des nouvelles formes d’organisation, de plus en plus répandus.

e) Nouvelles visions mondiales : des politiques, des stratégies et des projets efficaces des technologies pour le développement exigeront des leaders «tribrids» (par opposition à hybrides). Ils doivent connaître suffisamment trois domaines, informatique, systèmes d’information et études de développement pour en tirer les enseignements fondamentaux, pour échanger avec ou diriger des professionnels de ces domaines. Les programmes de formation et la constitution de groupes de travail doivent refléter cette nécessité.

Yochai Benkler est professeur de droit des entreprises à l’université d'Harvard et codirecteur du Berkman Center for Internet and society, qui a hébergé du 23 au 24 septembre le forum  Communication and Development: The Freedom Connection [Communication et développement : La connexion de la liberté]

Dans une étude rédigée pour le forum, le Professeur Benkler soutient que les prochaines générations des TIC doivent continuer à être flexibles et dynamiques, tout en devenant plus puissantes. Peut-être que les concepteurs s'appuiront sur les applications partagées en réseaux, les logiciels de réseaux sociaux et les outils en ligne d'organisation.

Mais les téléphones mobiles à eux seuls ne pourront pas résoudre le problème.

Les raisons qui ont fait des téléphones portables des embryons de plateformes technologiques  si populaires dans les pays les plus pauvres, étaient qu’ils étaient beaucoup moins chers [que les ordinateurs] et qu' ils étaient basés sur des réseaux qui contiennent tout le savoir dans le réseau, permettant l’accès à un équipement très bon marché. Or, c’est exactement la “stupidité”, ou la simplicité du réseau autour de «l’intelligence », ou la complexité informatique des appareils du début, qui était tellement essentielle pour le développement de l'économie et la société en réseau telles qu'elles sont aujourd'hui.   Les efforts pour rendre disponibles des appareils économiques dans les pays les plus pauvres, qui ne prennent pas en considération le fait que des prix abordables sont atteints au détriment d’un réseau ouvert, neutre, aboutira à un type très différent de plateforme de TIC que celui que nous pensons comme tellement créatif et productif, dans les économies plus riches…

Voici sa recette pour la génération future des TIC pour le développement.

Les équipements doivent avoir des prix suffisamment bas pour être largement répandus comme appareils de base, appartenir à des personnes reliées par un réseau non correlé à des relations pré-existantes de pouvoir.  Les appareils doivent être accompagnés de kits de formation à leur usage et au réseau ouvert, de manière à ce que les difficultés d’utilisation ne continuent pas à détourner les personnes vers des appareils plus simples qui offrent des applications plus prévisibles, plus familières et plus « sûres ». Dans un futur proche, cela pourrait signifier que les programmes soient destinés aux femmes, de la même manière que le furent les programmes de micro-crédits, ou aux jeunes et aux enfants. A plus long terme, cela voudra dire une plus grande attention sur les ordinateurs mobiles et non plus sur des téléphones portables améliorés. Ou bien, en alternative, cela voudra dire que nous aurons besoin de concentrer nos efforts sur des interventions au niveau des réglementations que ceux qu’exigent les téléphones portables, pour que les téléphones mobiles et les réseaux de téléphonie mobile plus ouverts et plus flexibles, bien que ceci soit une charrue plus difficile à manier. Dans tous les cas, cela signifiera des équipements complétés de formation.

Je me demande si quelqu’un imagine un monde où les TIC du monde industrialisé seraient les mêmes que ceux des millions d’utilisateurs dans les pays en développement. En dépit des avancées des TIC au cours des six dernières années, il semble que nous n’ayons pas encore atteint le point où les deux mondes convergent sur les questions technologiques

Li Rivercruise-2, by Akiwitz on Flickr (Creative Commons)

Li Rivercruise-2, par Akiwitz sur Flickr (Creative Commons)

Voici une recherche intéressante de Mme Mira Slavova sur le blog Mobile Market Design for Development. Elle examine un récent article “The Cloud, the Crowd, and Public Policy” [Le nuage, la foule et la politique publique] par M. Michael Nelson, dans lequel il « analyse l’évolution des TIC à partir de la phase 1 ( des appareils individuels ) à la phase 2 : la toile couvrant le monde entier. A la Phase 3 : les nuages [NdT : L'informatique du nuage].”

Alors, qu'en est-il pour le monde en développement ?

Je ne m’attends certainement pas à ce que l’évolution de l’innovation technologique dans les pays en développement suive nécessairement le même chemin que dans le monde industrialisé. Mais je trouve intéressant de prendre en considération les potentialités pour le développement social, économique et technologique…

En le considérant sous cette perspective, je trouve qu’il est correct de dire que les technologies mobiles dans les pays en développement sont probablement à la phase 1 de ces développements. D’autres événements, comme l’utilisation (bien que limitée) du GPRS et du 3G dans les pays en développement et la disponibilité (limitée aussi) de l’accès à l’Internet mobile pourraient porter à croire que les TIC pour le développement aient atteint la phase 2.

L’histoire parallèle de l’évolution technologique utilisée dans les pays en développement s’accélère clairement à une plus grande vitesse que l’évolution et l’adoption des technologies numériques dans les pays industrialisés avancés. Les TIC pour le développement ne sont pas non plus en train de se développer de façon isolée des solutions pour les modèles technologiques et les modèles économiques adoptés pour les pays industrialisés avancés, et vice-versa.

Qu’arrive-t-il si nous séparons les TIC pour le développement des discussions sur les TIC en général ? M. Chris Coward sur son blog Second recess, fait la bonne observation que toutes les technologies conçues pour le monde en développement n'ont pas un impact avec un D majuscule sur le développement .

Un des problèmes avec les “TIC pour le développement” est qu’elles ont une signification différente selon les personnes – la plupart des définitions  tournent autour de l’application des TIC (en premier lieu numérique) à des interventions qui ont un but de développement explicite comme la santé, l’éducation, la transparence dans les actions gouvernementales ou d’autres domaines, de même nature que celles que l’on trouve dans les OMD (Objectifs du millénaire pour le développement, ntd). Ainsi, il y a une tendance à ignorer les aspects qui ne correspondent pas aux objectifs de développement conventionnels (qualité de vie, jeux, mouvements sociaux, etc.), ou ce qui pourrait être simplement décrit comme n’importe quel usage des TIC dans un contexte du monde en développement…
Pour embrasser une vision plus large, de nombreuses personnes ont adopté le terme “ICTD,” pour  “TIC et développent”, pour mettre l’accent sur le fait qu’il s’agit de l’usage des TIC dans les pays en développement, indépendamment de leur caractère de « développement » . Malgré les bonnes intentions qui se trouvent derrière ça,  je crains que cette nuance ne se perde pour beaucoup de personnes. Je pense donc que cette précaution ne serve pas notre communauté sur le long terme. Et je déteste les acronymes.

Il y a aussi d’autres problèmes, comme la définition du “développement” et y-a-t-il un sens à continuer à catégoriser les pays en développement ou développés (je pense que non) – mais ce sont-là des sujets pour d’autres discussions.

Pour déterminer ce que les TIC pour le développement sont censées faire exactement, essayons de les voir à travers les yeux d’un spécialiste en informatique. Beki70 est l’auteur de Beki’s Blog (le blog de Beki), et a un bon argument pour essayer de démêler les TIC pour le développement et les TIC conçues pour un marché comme celui des États-Unis.
L’objectif des TIC pour le développement est de résoudre des problèmes difficiles de recherche qui, en même temps,  font une différence dans la vie des personnes sous-équipées en TIC. Nous ne mesurons pas le CS par les bienfaits créés pour la classe moyenne américaine, nous les mesurons par la complexité des solutions apportées.

Un grand débat a lieu, dit-elle, dans les sciences de l'informatique sur leurs relations avec les technologies pour le développement.

Quelques participants, c'est à dire ceux qui proviennent des sciences de l'informatique, se battent pour répondre à la question « Où se trouve l’informatique dans les TIC pour le développement ? » Et d’autres de donner une longue liste d’opportunités (pour démontrer de manière empirique  le potentiel dans des domaines d’extension de l’application de l’informatique, tels que une faible connectivité, l’accès aux contenus dans des régions en développement à travers la construction d'architecture de réseaux et des systèmes de mémoires caches, des applications mobiles et d'encombrement SE, la gestion de l'énergie, l'informatique appliquée à la détection de problèmes de santé)….
Les TIC pour le développement me poussent, au moins, à réfléchir à l’impact économique (qui favorise ceux qui créent des start-ups ayant beaucoup de succès, comme ils sont vraisemblablement les seuls qui peuvent tracer une ligne séparant ce qu'ils ont fait et combien de personnes l'ont acheté ou bien utilisé) comme unité de mesure pour les sciences informatiques. De plus, étant donné les difficultés à trouver des unités de mesures appropriées, je ne peux m'empêcher de me demander si l'on ne demande pas aux TIC pour le dévéloppement de placer la charrue avant les bœufs. Ou bien, si nous sommes en train d'apprendre la manière de mesurer les gains en productivité pour l'utilisation des ordinateurs dans les grandes entreprises américaines (qui disposent d'ordinateurs depuis des décennies) n'est-il pas peut-être irréaliste d'appliquer cette façon bien assimilée de mesurer dans des lieux où avoir un ordinateur est déjà un premier défi important ?

Pour essayer de rendre concrète cette discussion, voyons  le rôle que jouent les TIC dans au moins un pays. (Dans mon prochain billet, je prendrai en considération les projets de la prochaine génération des TIC destinés au monde en développement.) Au Sri Lanka, la blogueuse et cyber-activiste Sameera Wijerathna cherche à savoir ce qui se passe lorsque le gouvernement et les opérateurs de téléphonie mobile se trompent sur le rôle du téléphone portable. Au lieu de le considérer comme un outil de développement, ils le commercialisent comme une simple commodité.

Des extraits du blog Information and Communication Technology for Development (Technologie de l'information et de la communication pour le développement).

Une récente publicité à la télévision au Sri Lanka montre une fille qui reçoit un SMS sur son portable. Elle dit :
“Mon petit copain m'envoie des messages aussi, même après avoir passé des heures au téléphone avec lui”
Le message du boy-friend était: “Tu es belle”
Elle a répondu: “Tu es intelligent”
La plupart des opérateurs de téléphonie mobile au Sri Lanka essaient de commercialiser les portables uniquement comme moyens de se divertir et de garder le contact [Keep In Touch (KIT), gardez le contact]. Ils s'adressent surtout aux jeunes dans leurs campagnes publicitaires.
Ce qui a conduit à beaucoup de confusions et mésaventures, tant pour les abonnés que pour les opérateurs de téléphonie mobile. Un sentiment négatif s'est développé dans la population et la plupart des personnes, principalement dans la population au bas de l'échelle sociale, ne croient pas que les téléphones portables aient un impact positif sur leur vie quotidienne ou celle de leurs familles…
Le mauvais positionnement de la téléphonie mobile au Sri Lanka a conduit à des décisions politiques encore pires, comme celle de l'interdiction par le gouvernement des téléphones mobiles dans les écoles
Ainsi est-il urgent que l'on comprenne le potentiel de la téléphonie mobile pour le développement et qu'on la replace à sa vraie place. Il est aussi temps de proposer de plus en plus de services à valeur ajoutée, qui aillent au-delà du simple divertissement.

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