5 leçons chinoises pour les Etats-Unis

Billet publié par Andy Yee · Traduit par Eirik Gismervik · Voir le billet en anglais

Note : le billet d'origine a été publié le 26 novembre, en rapport avec la visite du Président américain en Chine)

Est-ce que la seule, quoique fatiguée, puissance mondiale peut apprendre quelque chose de la Chine? Telle est la question que Time magazine a posé [anglais] quand le Président Barack Obama a effectué sa première visite officielle en Chine. L’article constate que nous vivons dans un temps où la Chine est «apparue comme une dynamo d’optimisme, d’expérimentation et de croissance», tandis que l’économie des Etats-Unis s’effondre. Un moment d’humilité pour les Etats-Unis.

L’article a identifié cinq leçons du succès chinois contemporain. Entre-temps, Xu Ben (徐贲) et Tan Mintao (谭敏涛), [chinois] respectivement un scientifique et un avocat, ont chacun commenté ces leçons dans leurs blogs.

leçon N°1 Soyez ambitieux

Le magazine Time souligne l'inefficacité des Etats-Unis dans l'élaboration et l'exécution des projets ambitieux. Citant un consultant en affaires :

Une des principales leçons qu'il est possible de tirer du cas chinois est l'importance de se fixer des objectifs, de planifier et de se focaliser sur l'avancée du pays en tant que nation. Ces gars ont pris les vieux plans quiquennaux et les ont tournés à l’envers. Au lieu de décider quelle usine aura quelles matières premières, quels produits fabriquer, quel prix mettre et puis comment les vendre, leur planification consiste maintenant en «Comment pouvons-nous mettre en place une industrie de puces électronique de classe mondiale ? Comment pouvons-nous devenir un acteur global dans la fabrication de voitures ?»

Xu Ben est de même avis:

在美国,所有公共开支和建设项目是不可能由中央(联邦)政府统一确定目标,制定计划的。一切拨款都必须通过国会或地方议会的批准,不是由某个领导或首长一拍板就能决定的。

Aux Etats-Unis, les dépenses pour les infrastructures publiques ne peuvent être coordonnées par le gouvernement fédéral. Elles doivent être adoptées par le Congrès et par les Assemblées locales, et ne peuvent être contrôlées par l'autorité locale.

Tan Mintao a fait ressortir quelques explications possibles de l’efficacité chinoise dans la réalisation des projets ambitieux:

中国强制拆迁的事件层出不穷,而且多是以行政权压制公民个人私权取胜,这种视公民权利于不顾的举动和做法,我想美国人恐怕想得到,但做不到,因为,你们有法律为公民撑腰。

Des démolitions forcées sont courantes en Chine. Les droits des citoyens sont sacrifiés face aux pressions administratives. J’ai peur qu’un tel traitement si indifférent à l’égard des droits du citoyen ne soit pas applicable aux Américains, car ils sont protégés par l'état de droit.

 

leçon N°2 L’importance de l’éducation

La deuxième leçon est l’importance accordée par le gouvernement et les familles chinoises à l’éducation de base, cruciale pour la santé économique du pays. Citant William McCahill, ancien Premier conseiller à l’ambassade des Etats-Unis à Pékin:

En vérite, ils ont de bonnes bases, particulièrement en mathématique et en science. Nous devons faire pareil. Leurs enfants sont souvent plus avancés que les nôtres.

L’article cite également Nick Reilly, un haut responsable de General Motors à Shanghai:

Tout commence avec l’insistance de la famille sur l’importance de l’éducation. Cela exerce une pression sur le gouvernement de fournir un bon système.

Xu Ben a mentionné quelques difficultés pratiques auxquelles se heurtent les Etats-Unis pour améliorer leur système d’éducation :

教师与学区是有工作合同的,其权利充分受到法律保护,谁也不能命令他们无报酬地加班加点。因此,延长学期就必须增加教师的报酬,而这又必须通过正规的预算和拨款程序,得到全体选民的正式认可才行。

La relation entre l’école et l’enseignant est guidée par des contrats. Sous la protection de la loi, personne ne peut ordonner aux enseignants de faire des heures supplémentaires non payées. Ainsi, prolonger l’année scolaire implique une hausse des salaires, ce qui nécessite tout un processus budgétaire et l’approbation de l’électorat.

Entre-temps, Tan Mintao a attiré l’attention sur le caractère incomplet du tableau :

中国对教育的投资,我想更多的集中在大城市,名牌大学,农村中小学的投入永远很少,少到农村学生处在教育的最底层关注中国发展的人多集中在大城市,但中国的大城市却不完全代表中国。

L'investissement de la Chine dans l’éducation est centré sur les grandes villes et les principales universités. L’enseignement primaire et secondaire dans les milieux ruraux ne reçoit jamais assez de moyens, ce qui les pousse vers le plus bas de la pyramide d’éducation… Ceux qui se préoccupent du développement chinois ont tendance à concentrer leur attention sur les grandes villes, ce qui ne donne pas une image complète de la Chine.

leçon N°3 Prendre soin des personnes âgées

Avec le vieillissement de la population, la tendance aux Etats-Unis sera à plus de soins à domicile et moins de maisons de retraite coûteuses. Ici, l’article affirme, les Etats-Unis peuvent apprendre de la Chine:

En Chine, le contrat social a été simple pendant des siècles: les parents élèvent les enfants; puis les enfants prennent en charge les parents au moment où ils atteignent la sénilité. Pour des millions de Chinois pauvres, cela est autant un fardeau qu’une responsabilité. Pourtant, il y a des avantages qui compensent l'épreuve financière : les grands-parents s'occupent des jeunes enfants pendant que les parents travaillent ; ils inculquent à la jeune génération les valeurs de la famille et de la nation ; ils apportent un sens de la continuité culturelle qui contribue à unir la société.

Xu Ben n’est pas accord :

一胎化政策都落实几十年了,哪里还有什么 大家庭’? 报道还说,中国人认为,将老人送入疗养院是一种耻辱如果真是如此,哪里还会有那么多啃老族和无助贫困老人?

La politique de l’enfant unique a été en vigueur pendant des décennies. Y a-t-il toujours des «grandes familles»? L’article dit que pour les Chinois, la pratique d’envoyer ses vieux parents en maison de retraite est honteuse… Si cela est la vérité, pourquoi peut-on toujours voir de nombreux personnes âgées impuissantes face à leurs «enfants parasites» qui dépendent des revenus de leurs parents?

Bien que Tan Mintao approuve cette tradition chinoise, il souligne que la faiblesse du système de soins aux personnes âgées en Chine est certainement un sujet d'inquiétude pour la plupart des Chinois:

当中国人认为把老人送入养老院是一种耻辱的时候,我想,更多折射的是我们的养老体系还很脆弱,经不起风吹雨打,真正需要建立的社会救助制度还没有建立,那谈何让年轻人放心把老人送入养老院呢?

Tandis que les Chinois considèrent le fait d’envoyer les personnes âgées en maison de retraite comme une honte, je pense que cela réflète plutôt la faiblesse du système. Tant qu'un système efficace de sécurité sociale restera à bâtir, la maison de retraite ne constituera tout simplement pas une option fiable pour les personnes âgées.

leçon N°4 Épargner plus

Suite à la crise financière, il y a un consensus que les Etats-Unis doivent épargner plus. Ici encore, la Chine, une société qui a pratiqué la prudence financière personnelle pendant des siècles, est un modèle pour les Etats-Unis.

Xu Ben souligne ce que les Américains négligent :

美国人似乎并不知道一般中国人为什么那么怕花钱。与其他消费相比,他们不能不面对更基本的生存需要:买房子、交学费、医疗费。美国人看来也不知道,也有不节俭的中国人,他们能花几十万,上百万买一条藏獒,并由奔驰、宝马、奥迪等几十辆名车组成的豪华车队接近家门。

Il paraît que les Américains ne comprennent pas pourquoi les Chinois craignent tant de dépenser de l’argent. Comparé aux autres consommations, ils ne peuvent que se soucier des besoins nécessaires : logement, éducation et santé. Les Américains ignorent aussi l’existence des Chinois qui mènent un style de vie ostentatoire, et qui dépensent des millions pour s’acheter des dogues du Tibet, une flotte de Mercedes, BMW ou Audi pour leurs propres voyages.

Ce constat réflète un point remarqué par Tan Mintao:

这些喜欢储蓄的群众多是对未来生活保障缺乏信心的广大群众。

Pour le grand public, épargner est dù au manque de confiance dans les moyens de subsistance de l’avenir.

leçon N°5 Regarder au-delà de l’horizon

L’énergie ressentie par les étrangers en Chine provient du sentiment qu’elle est destinée à quelque chose de plus grand, considère l’article. Cette confiance a été absente aux Etats-Unis suite à la profonde récession. Comme le dit un Américain qui a vécu en Chine:

La Chine s’efforce de devenir ce qu’elle n’est pas encore devenue. Elle est en pleine ascension, et cela consciemment, ouvertement et – comme sa feuille de route continue de se renforcer – fièrement.

Citant l’exemple de l’article du Times de l’enfant pauvre d’origine rurale qui devient ingénieur informaticien couronné de succès à Shenzhen, Xu Bin a dit:

希望千千万万其他贫困的中国农民家庭子弟也有同样的机会,到那时候,美国人向往的就真的不再是美国梦,而该是中国梦了。

J’espère que des millions d’enfants pauvres en milieu rural auront la même possibilité. Quand ce moment arrivera, les Américains n’admireront plus le «rêve américain», mais plutôt le «rêve chinois».

Source

Les TIC et la diffusion du savoir indigène

Billet publié par John Liebhardt · Traduit par Eirik Gismervik · Voir le billet en anglais

Au premier abord, la relation entre le savoir indigène et Internet paraît risquée. Le savoir indigène constitue  un ensemble distinct de croyances, de pratiques et de représentations étroitement limité à l’espace géographique ; l’internet se targue d’effacer les limites et les frontières.

D’une part, les traditions inclues dans le savoir indigène sont culturellement uniques et se servent de la connaissance locale pour résoudre des problèmes locaux. Ainsi, ce savoir constitue un atout important dans des domaines tels l’écologie, l’éducation, l’agriculture et la sécurité sanitaire. D’autre part, l’Internet est vanté pour la diffusion de l’information pour aider les gens mais il est aussi un bazar, qui a des affinités avec les grandes sociétés et les économies d’échelle : Amazon.com, Google, Microsoft, PayPal. Le savoir indigène est doté de certains éléments spirituels et cérémoniels ; l’Internet est largement agnostique et gagne beaucoup d’argent en colportant de la pornographie.

Malgré toutes leurs différences perçues, le savoir indigène et les systèmes de connaissance globale se sont beaucoup rapprochés dans la dernière décennie. Les praticiens des connaissances autochtones ont commencé à tirer parti des différents médias pour échanger des idées et faire connaître l’érudition traditionnelle au monde extérieur

Un scientifique en Éthiopie avance l’argument que Internet et les technologies de l’information et de la communication, appelées les TIC, peuvent servir comme des méthodes peu coûteuses afin de capturer, stocker et diffuser des diverses formes de savoirs autochtones pour les générations à venir [en anglais, comme tous les liens].

Les TIC favorisent également l’accès aux systèmes de connaissance autochtone, particulièrement dans les écoles, où cet apprentissage peut être intégré en classe.

Pénétrer les systèmes éducatifs

Comme établi ci-dessus, les TIC constituent un exemple parfait pour l’intégration du savoir indigène au sein des systèmes formels et informels d’éducation. Des technologies qui peuvent faciliter la diffusion des idées sur les cultures locales auprès des étudiants et offrir aux écoles la possibilité d’enseigner une partie du programme scolaire dans une langue locale.

Avant de donner des exemples spécifiques, suivons le débat de deux blogueurs sur l’importance de rendre les étudiants plus conscients des différents systèmes de savoir. Pour commencer, est-ce que l’accès croissant au savoir traditionnel le rend plus crédible aux yeux des étudiants?

Peut-être. George Sefa Dei sur le blog The Freire Project argumente que les scientifiques et les praticiens doivent trouver un équilibre entre tradition et modernité, dans le développement et les questions d’éducation.

Les étudiants ont souvent demandé pourquoi certains savoirs valent plus que d'autres. En ce moment, il existe une prise en compte de la part des étudiants que le savoir prend des formes différentes selon les contextes historiques et environnementales dont il est sorti. Malheureusement, les processus de validation des connaissances échouent dans la tentative d’intégrer cette multiplicité de savoirs qui pourront ensemble exprimer la diversité des trajectoires des idées et des événements qui forment, et qui formeront toujours, l’évolution et la croissance humaine. En interrogeant la hiérarchie de savoirs, les étudiants font aussi allusion à la position problématique du savoir neutre et apolitique. Alors, il est important dans notre enseignement sur l’Afrique que nous dépouillions et saisissions les processus à travers lesquels, par exemple, les savoirs en provenance des sciences occidentales se positionnent comme des références qui sont neutres, universelles et non-hégémoniques et qui cherchent de plus à rendre non valides et dévaluer d’autres manières de pensée.

Tout cela sonne bien en théorie. Mais comment marche-t-il en pratique?

Passionate Pedagogue, dans un commentaire sur le billet cité ci-dessus, mentionne un obstacle majeur.

Je passe des heures sur Internet pour trouver des sites sur les peuples mêmes dont j’enseigne l’histoire. Souvent, les sites que je trouve sont trop compliqués ou tacites pour que les étudiants les comprennent. Ou les sites (à juste titre) sont si spécifiques culturellement qu’un adolescent sans le capital culturel nécessaire sur le sujet n’est pas dans la mesure de comprendre. Ces facteurs rendent peu facile l’accès à l’information «indigène» aux étudiants.

Je suis certain que pendant ma carrière de professeur des pédagogues essentiels vont contribuer à créer un accès au savoir indigène qui corresponde avec les besoins des étudiants. Mon espoir est que l’information que nous glanons à travers les contributions sans prix des peuples indigènes ne se trouvera pas relégué aux manuels universitaires de sociologie ou aux débutants en pédagogie critique. Bien qu’il soit certainement formidable que des étudiants des cycles supérieurs et des universitaires apprennent les leçons que des peuples autochtones partout dans le monde ont à offrir à coeur, mieux vaut-il se lasser de devenir des Napoléons à nos propres yeux : en publiant des études d'histoire autochtone écrite par des autochtones, et qui ne servent qu’aux échelons les plus élevés du monde universitaire.

Quand il n'y a pas de sources

Quand la recherche des sources devient trop compliquée, certains enseignants ont décidé d’en produire eux-mêmes. Ici deux exemples de projets où la technologie s’est avérée précieuse pour les étudiants d’autres cultures. Le premier vient d’Australie, de Scot Aldred, qui tient le blog e-learning.

Je suis particulièrement passionné par la mise en place d’une section WIKI dédiée aux Australiens autochtones; leur diversité culturelle, leur histoire, leur langue et leur terre. De l’information existe en version papier sur le sujet mais elle n’est pas abondante et ne précise pas l’intégralité des nations et des peuples autochtone en Australie. En ligne la situation est encore bien pire avec très peu d’information exacte accessible. Imaginons que tous les élèves en Australie avaient la possibilité de contribuer à un WIKI public avec de l’information sur les peuples originaires de leur espace géographique. Une grande partie de l’histoire des peuples indigènes en Australie a été transmis grâce à une tradition orale de récits populaires. Les anciens, les vieux et quelques historiens ont un savoir qu’ils pourraient partager avec le reste des Australiens et du monde.

…Et si l’on avait un espace web accessible à toutes les écoles australiennes (publiques et privées) où les écoles mettraient en ligne une liste de personnes compétentes qui pourraient collaborer pour créer le contenu. Avec des rôles supplémentaires/autorisations pour des modérateurs qui seraient ensuite désignés par les écoles.

Un commentaire de Ginga, originaire de l’Etat américain d’Alaska.

Votre propos de recueillir du savoir indigène et le partager avec le monde dans un environnement collaboratif (wikis et autres) est parallèle à plusieurs projets déjà en route dans le district scolaire du détroit de Bering en Alaska du nord.

Notre personnel enseignant et nos étudiants sont en train de créer des dictionnaires wikis en inupiaq et en yupik de Sibérie afin de documenter les langues autochtones de notre région. Les étudiants publient des fichiers sons, des images locales et d’autres types d’information qu’ils ont recueillies. Nous essayons également de mettre en place d’autres projets aux formats flexibles pour l’échange et la collaboration estudiantines sur notre wiki.

La tour de Chinglish?

Au moins un expert pense qu’avec toutes les promesses des TIC, maintes organisations traditionnelles se sentent perdues dans la «surcharge» de l’Internet. Leurs sites web reste en à la traîne dans les résultats des moteurs de recherche et (parfois) il manque aux sites une touche de polissage.

Un problème est la langue. Il est difficile pour une page écrite, disons, en groenlandais (parlé au Groenland) ou cha'palaa, une langue d’Equateur, ou encore en binisaya, des Philippines, de rivaliser en pages vues avec les sites écrits en espagnol, hindi, chinois, japonais ou arabe. Traduire les pages est un travail long et dévorant.

Pourtant, les TIC ont du potentiel pour élargir la portée d’une langue. Que ce soit à travers des classes en ligne ou bien par des tutoriels ou des petites applications pour les téléphones et les ordinateurs. Cela est particulièrement important à cause de l’environnement fragile dans lequel existent les langues autochtones.

Voici une bonne discussion sur les problèmes concernant les langues et la technologie, émanant de Heather qui habite aux Etats-Unis et blogue sur flex your info. Elle invoque le fait que la technologie puisse fournir un bon moyen de communication pour les membres de sa tribu qui sont installés dans des endroits éloignés. Par contre, « la technologie peut servir à des causes encore plus nobles: la revitalisation et la préservation de la culture.» Ce qui mène, à son tour, à d’autres problèmes.

Les langues autochtones ont longtemps été menacées par une combinaison d’urbanisation et de modernisation ainsi que par des actions gouvernementales visant à faire disparaître, délocaliser et détruire les population indigènes.

La technologie actuelle est telle que l’information est facilement enregistrée et transmise à longue distance. Il paraît alors simple d’enregistrer, conserver et rendre accessible de l’information en langues indigènes. Cependant, il y a un grand nombre d’autres soucis qui doivent être mis en balance avec la forte envie de conserver une langue par des enregistrements, surtout les questions autour de à la propriété et l’accès. La langue est intimement liée à la culture ; même si les membres de la tribu ne s’en servent pas dans leur vie quotidienne, ils l’utilisent le plus probablement dans leurs cérémonies. La langue et les cérémonies peuvent n'être partagés qu'avec certaines personnes : parfois avec tous les membres de la tribu, parfois avec seulement un nombre restreint. Il peut y avoir des gens qui sont des défenseurs du savoir, de la langue ou autre chose. Il est important de s’assurer que les programmes qui sont créés pour enregistrer et conserver les langues sont sensibles à ces aspects.

Un autre aspect à prendre en considération est le détournement ou l’exploitation de cette information. En effet, certains aînés des tribus ont choisi de restreindre la transmission du savoir aux membres de leur tribu; l’enregistrer augmente le risque de diffusion aux étrangers. Ainsi, en interdisant l’enregistrement, les membres de la tribu gardent le contrôle de leur information culturelle. Une autre manière de maintenir le contrôle est d'impliquer étroitement des membres et des aînés de l a tribu dans la conception et la création des programmes de conservation. Comme les indigènes sont plus nombreux à s’engager dans la conservation de leurs langues, ils informent les protocoles et les pratiques utilisées pour recueillir et rendre disponibles les informations. Qu’une tribu décide d’enregistrer et préserver la langue ou qu’elle continue à la partager exclusivement avec les membres oralement, leur position doit être respectée.

Apprentissage des langues par téléphone

Ayant cela en tête, elle annonce une nouvelle application pour un système de téléphones portables qui pourra enseigner la langue de la Nation Cherokee, originaire de la partie sud-est des Etats-Unis mais expulsée par le gouvernement américain vers le centre du pays dans les années 1830.

…L’application comprend des cartes mémoires, des enregistrements, des jeux pour l’apprentissage des langues, et il y a aussi une version pour la Nintendo DS. L’idée d’utiliser de la technologie courante pour aider à préserver et revitaliser les langues est excitante, parce qu’elle rend l’information dans la langue accessible à tous les membres de la tribu et non seulement à ceux qui habitent près de terres tribales. Ainsi cette information peut facilement être intégrée dans leur vie.

…L’utilisation de la technologie, telle l’application d’iPhone pour la langue cherokee, peut aider des membres dispersés des tribus à apprendre leur langue. Les logiciels peuvent être utilisés pour créer du matériel pédagogique multimédia pour les cours, tandis que les technologies de web-conférence peuvent être utilisées pour l’enseignement et pour la pratique orale avec d’autres locuteurs. Pourtant, de tels programmes doivent être sensibles aux question de contrôle et d’accès en associant étroitement les membres de la tribu et les aînés, tout en respectant leurs souhaits.

Source

Equateur : Ouverture de deux nouvelles gares routières à Quito

Billet en anglais publié par Milton Ramirez · Traduit par Audrey Lambert · Voir le billet en anglais

En Equateur, la capitale Quito est un noeud du trafic routier d'où l’on peut se rendre quasiment partout dans le pays en sautant dans un bus. La deuxième semaine de juillet, le service municipal des transports et des travaux publics [en espagnol] (EMMOP sont ses initiales en espagnol) a décidé de fermer l’une des gares routières les plus fréquentées du pays, également connue sous le nom de gare routière de Cumandá. Les responsables des transports ont pris cette décision car le vieux terminal ne pouvait accueillir les nombreux passagers se déplaçant dans tout le pays, malgré la situation pratique et centrale de la gare dans la vieille ville. De plus, ils ont déclaré que le système était inefficace et démodé par rapport aux besoins des usagers. A sa place, deux nouvelles gares routières ont vu le jour : l’une située au sud de Quito à Quitumbe, pour tous les déplacements vers le sud, et l’autre au nord de Quito à Carcelén, pour les bus se dirigeant vers le nord.

Vue intérieure du terminal routier interprovincial de Quitumbe au sud de Quito. Photo publiée avec l’aimable autorisation de Nati Wolf.

Désormais, au lieu de se rendre à la gare de Cumandá d’où partaient auparavant tous les bus, les passagers doivent aller dans l’une de ces gares, selon leur destination. Ceci a généré de la confusion et forcé les usagers à passer davantage de temps à comprendre le nouveau système et d’où leur bus partait que ce qu’il leur faudrait réellement pour atteindre leur destination.

Carei es Carei [en espagnol] a mobilisé six journalistes pour enquêter sur les bénéfices, la circulation, les coûts, et les informations données pour traverser Quito afin de rejoindre l’un de ces terminaux. Ils se sont aperçus que les passagers mettront entre 90 et 107 minutes pour arriver à Quitumbe ou à Carcelén s’ils préfèrent venir en bus. Ceux qui ont recours à un taxi mettront entre 35 et 55 minutes. Mais pour ceux qui arrivent à la gare de Quitumbe depuis Valle de los Chillos :

A esa hora [7 am, los viernes] es imposible tomar una unidad vacía y los viajeros se acomodan apretadamente en el bus 3632 para llegar hasta La Marín, en Quito. Los empujones y pisotones son inevitables. Subir con maletas es casi imposible. El bus tarda 43 minutos hasta llegar al playón de La Marín.

Allí no hay información para los usuarios que deseen llegar a Quitumbe. Dos policías de tránsito no atinan a contestar ¿qué bus tomar para llegar a la nueva terminal?

A cette heure-là (7 heure du matin le vendredi), il est impossible de prendre un bus qui ne soit pas bondé et les passagers sont collés les uns aux autres dans le bus 3632 qui les amène à La Marin à Quito. Impossible de ne pas être poussé et piétiné. On ne peut quasiment pas monter avec des bagages. Le bus met 43 minutes pour atteindre La Marin.

Aucune information n’est donnée aux passagers qui souhaitent se rendre à Quitumbe. Deux agents de la circulation sont incapables de répondre à la question : « Quel bus doit-on prendre pour rejoindre le nouveau terminal ? »

L’EMMAP veut réduire les coûts, les temps de trajets, la pollution générale et le bruit en construisant deux nouveaux terminaux. Emprunter les nouvelles routes pour les rejoindre sera peut-être un casse-tête au début, même pour les locaux. Mais une fois que les passagers atteignent les nouvelles gares, certains estiment que cela vaut le temps qu’on y a consacré et les efforts fournis. Nati Wolf du  blog Chica de la Luna [en espagnol] habite près de la gare du sud et a décidé de se faire sa propre opinion en se rendant à la gare de Quitumbe où elle a été agréablement surprise [en espagnol]:

La curiosidad mató a la lobita y así fue que me aventuré a conocer la nueva terminal “Quitumbe” en el Sur de Quito. Desde mi casa hasta allí me demoré como 5 minutos y al llegar estaba tan perdida como el resto, pero al final estuve paseando por todos lugares posibles y hasta me convertí en guía, jeje. Me gustó mucho como está ordenado y hay bastantes personas en diferentes puntos dispuestos a ayudar a los viajeros que llegan a la terminal.

Las boleterías a los distintos destinos, están divididas por regiones. También podemos encontrar allí mismo lugares para comer, comprar regalos, ropa, etc. Es un gran cambio para los que estaban acostumbrados a ir a la terminal de la Cumandá, que a mi criterio, ya parecía cárcel, por lo oscuro y desordenado.

Je suis devenue très curieuse et je me suis donc risquée à aller voir le nouveau terminal de « Quitumbe » au sud de Quito. Il m’a fallu 5 minutes de chez moi au terminal et lorsque je suis arrivée, j’étais aussi perdue que les autres, mais finalement j’ai parcouru tous les coins et recoins du terminal et je suis même devenue guide, ah ah. J’ai aimé le calme qui y règne et il y a suffisamment de gens à différents points du terminal qui sont prêts à assister les voyageurs qui arrivent.

Les guichets qui vendent les billets pour diverses destinations sont organisés selon les régions. Il y a aussi des endroits où manger, acheter des cadeaux, des vêtements, etc. C’est un énorme changement pour ceux qui avaient l’habitude d’aller à la gare de Cumandá qui, selon moi, ressemblait à une prison, car elle était sombre et désorganisée.

Pour plus de photos de la nouvelle gare de Quitumbe, veuillez vous rendre sur la page Flickr qui lui est dédiée.

Source

Bob Marley > I shot the coiffeur

bob-marley-ncyh

Il avait un style inoubliable,  le coiffeurless … Les rastas sont aussi fâché avec les ciseaux … mais cela lui allait bien quand même. On aurrait du mal à imaginer un Bob Marley avec les cheveux court. Finalement on lui fait juste une petite dédicasse ;-)

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Jesus de nazareth > le 12éme commandement : tu ne te couperas point les cheveux

Bon fils de charpentier ça aide pas ...

Bon fils de charpentier ça aide pas ...

Une sacrée tignasse quand même mais tout ce que l’on as c’est des peinture ou des gravure donc pas de preuve immédiate, mais d’après nos sources, il avait les cheveux trop long. Bon à l’époque y déconné pas avec ça les gars.

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Desireless > Tu m’étonne ;-)

Voyage sur l'eau sacrée d'un fleuve indien et jamais ne reviens chez le coiffeur car la il t'a pas raté.

Voyage sur l'eau sacrée d'un fleuve indien et jamais ne reviens chez le coiffeur car la il t'a pas raté.

C’est tout de même pratique pour laver les plafonds. Par contre il doit falloir une sacrée dose de gel. Attention c’est peu être dangereux. En tout cas Desirless nous a écouté.

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Jean Schultheis > Confidence pour confidence « Je me suis fâcher avec mon coiffeur» 

A une belle touffe de cheveux comme ont les adore.

A une belle touffe de cheveux comme ont les adore.

A ce chère Jean Schultheis et son amie Desireless (oui elle aussi c’est un hit à suivre).

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Bernard Thibault > Le chevelu de la CGT

Le chevelu de la CGT

Le chevelu de la CGT. 40 ans de combat politique cela ne laisse pas vraiment de temps d'allez ce coiffer. Attention les coiffeurs peuvent faire grève aussi. Jolie combat en tout cas.

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